Loi portant reconnaissance des services rendus à la Patrie par Alexandre Pétion




La Chambre des Représentant des communes

Considérant que la conscience nationale ne serait point satisfaite, si, au milieu des regrets qui affligent tous les cœurs, le corps législatif ne s’empressait de consacrer de la manière la plus solennelle, la reconnaissance du Peuple Haïtien, pour les services signalés que le feu Président d’Haïti, Alexandre Pétion, a constamment rendus à la patrie pendant sa glorieuse vie ;
 
Considérant que ce vertueux Magistrat de la République, en travaillant à l’œuvre de la régénération d’Haïti, avait fait le sacrifice de tout intérêt personnel pour ne s’occuper uniquement que du bonheur public, sa seule ambition, et qu’en conséquence de ce désintéressement, sa fortune particulière ne peut offrir à sa famille un sort heureux, qu’il est de la grandeur haïtienne de fixer ;
 
Après les trois lectures, la Chambre, usant des droits que lui donne la constitution, a arrêté ce qui suit :
 
1. Il sera érigé au pied de l’arbre de la Liberté, où le corps d’Alexandre Pétion est déposé, un mausolée pour éterniser la mémoire du Fondateur de la République d’Haïti, où seront tracées les principales actions qui ont honoré sa vie. Le pouvoir exécutif est chargé de l’adoption du plan qu’il jugera conforme au vœu de la Nation.
 
2. La forteresse, dans la capitale de la République, connue sous le nom de Fort National, portera désormais celui de Fort Alexandre ; et la place d’armes ou champ de Mars, s’appellera Place Pétion.
 
3. Pendant trois années, le 29 mars, il sera célébré dans toutes les églises de la République, un service funèbre en commémoration du défunt, auquel toutes les autorités assisteront en corps. Ce jour de deuil sera marqué par la fermeture des magasins ou boutiques, et par la suspension des travaux dans les campagnes.
 
4. La Nation décerne, par l’organe de ses Représentans, une pension viagère et annuelle à la citoyenne Célie Pétion (sous la tutelle de sa mère), d’une somme de quatre mille gourdes ; et à ses deux neveux, les citoyens Méroné et Antoine Pierroux, une semblable pension de quinze cents gourdes à chacun, payable par trimestre.
 
5. La présente loi sera envoyée au Sénat de la République pour son acceptation.
 
Signé : Baronnet, président, Pierre André et Lefranc, secrétaires de la Chambre ;
 
Décrétée le 4 juin par le Sénat

Signé : Larose, président, et N. Viallet, secrétaire ;
 
Promulguée le 6 juin par Boyer, avec le contre-seing de B. Inginac, secrétaire général.

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