mercredi 29 décembre 2021
En mai 1795 dans l’ouest du Venezuela, un « zambo (métisse fils d’un noir et d’une indienne) libre » a pris la tête d’une insurrection d’esclaves considérée comme le premier mouvement indépendantiste du pays. À tel point que lors du bicentenaire de ce soulèvement, José Leonardo Chirino a réussi à « entrer » de façon symbolique dans le Panthéon National à Caracas, aux côtés de Simón Bolívar et des autres Pères de la Patrie.Aujourd’hui Chirino est l’objet d’un débat politique très actuel au sujet de la construction de ce qu’on appelle le « socialisme bolivarien » impulsé par le président Hugo Chávez, au point que certains le considèrent comme l’un des premiers « socialistes » vénézuéliens.José Leonardo Chirino était le fils d’un esclave et d’une indienne, raison pour laquelle il jouissait de sa liberté. Il travaillait au service de la famille Tellería de Coro, une ville de la côte ouest du Vénézuela. À cette époque, il voyagea dans le Saint Domingue français, futur Haïti et dans l’île voisine de Curaçao.Là-bas, il s’informa de la révolution française et des luttes de la population esclave qui allait plus tard obtenir établissement d’une « république noire », en faisant d'Haïti le premier pays indépendant de l’Amérique Latine en 1804.Jugé et démembréCe contexte semble avoir influencé la sphère personnelle de Chirino dont l’épouse et les enfants eux étaient esclaves, propriété de propriétaires d’haciendas de la région.En mai 1795, il lança l’insurrection qui obtint un succès initial en occupant plusieurs haciendas des montages du sud de Coro, mais qui ne put finalement pas s’emparer de la ville.La supériorité militaire des miliciens de la colonie fut fatale pour les insurgés dont une centaine allaient mourir. Chirino fut emmené à Caracas pour y être jugé. Il fut accusé de trahison au Roi et condamné à mort. Son corps démembré fut exhibé à divers endroits du pays« Le premier élément de base pour l’insurrection se trouve dans le désir de liberté. Ils voulaient éliminer l’esclavage », a indiqué à BBC Mundo la professeure Fulvia Polanco, présidente de l’Association Culturelle José Leonardo Chirino et membre de la Red Afrovenezolana (Réseau Afrovénézuélien).Source : Afrik.com
lundi 27 décembre 2021
LETTRE DU PAPE PIE XII
AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE D'HAÏTI,
S.E.M. PAUL MAGLOIRE, À L'OCCASION DU
150e ANNIVERSAIRE DE L'INDÉPENDANCE DU PAYS
À l’heure où la noble nation haïtienne s’apprête à fêter le cent-cinquantième anniversaire de la proclamation de son indépendance, Nous tenons à lui donner un nouveau témoignage de Nos sentiments paternels.
La bienveillance du Chef de l’Église, vous en avez éprouvé les effets dès l’origine – peut-on dire – de cette indépendance que vous fêtez aujourd’hui avec une légitime fierté. Et depuis ce temps, les Souverains Pontifes n’ont cessé de manifester leur sollicitude pour votre patrie, comme l’atteste, entre autres, le Concordat toujours en vigueur entre le Saint-Siège et la République d’Haïti et qui a été si riche en fruits de salut.
Nous avons tenu à poursuivre, pour Notre part, l’œuvre de Nos prédécesseurs et à montrer Notre particulier intérêt pour votre pays, notamment en assurant à de jeunes ecclésiastiques haïtiens le bienfait de la formation romaine et en élevant tout récemment à l’épiscopat un prêtre originaire de votre patrie.
Nous ne saurions donc rester insensible aux glorieux souvenirs que vous vous apprêtez à évoquer solennellement. Nous souhaitons que Nos chers fils d’Haïti se souviennent à cette occasion de toutes les faveurs dont le Seigneur les a comblés au cours de ce siècle et demi de leur existence nationale. Qu’ils élèvent vers lui un hymne de joyeuse reconnaissance et – comme Nous les y exhortions dans Notre Radiomessage pour le bicentenaire de Port-au-Prince – qu’ils aient à cœur de se montrer, en toutes circonstances, fidèles à professer dans toute sa pureté la foi de leurs pères et à se distinguer toujours par le plus filial dévouement à l’Église et au Vicaire de Jésus-Christ.
Dans ces sentiments, et en invoquant sur eux les plus abondantes grâces d’En-Haut, Nous leur accordons de grand cœur, ainsi qu’à Votre Excellence, Notre Bénédiction Apostolique.
Du Vatican, le 16 novembre 1953.
Source : Les archives du Saint-Siège
mardi 21 décembre 2021
APPEL AUX FRANÇAIS
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SOLDATS FRANÇAIS !
Pour qui combattez-vous ?
Vous avez durement combattu pour la libération de la France.
Vous avez vu de vos propres yeux vos foyers dévastés, vos parents massacrés, vos femmes, vos sœurs, vos fiancées odieusement traitées.
Pourquoi vouloir à autrui ce que vous ne voulez pas qu'on vous fit.
Pourquoi vouloir encore entraver votre marche vers la liberté ?
La haine engendre la haine !
La même sacrée qui vous a soutenus vaillamment dans la résistance, cette même haine nous soutiendra dans notre lutte.
SOLDATS FRANÇAIS !
Jetez bas vos armes !
Refusez de devenir des "bouchers" et de vous faire massacrer sans le moindre profit pour le peuple de France, mais uniquement pour le profit des capitalistes sans scrupules et aux dépens des larmes de ceux et de celles qui vous sont chers.
Venez à nous pacifiquement, nous ne combattons pas contre le peuple de France, mais contre les colonialistes réactionnaires qui détruisent l'amitié franco-vietnamienne.
Nous sommes prêts à vous réserver le plus chaleureux accueil et vous mériteriez le grand estime de notre peuple.
VIVE L'AMITIÉ FRANCO-VIETNAMIENNE !
VIVE LE VIET NAM LIVRE ET UNI !
À BAS LES COLONIALISTES !
À BAS LA GUERRE IMPÉRIALISTE AGRESSIVE !
Le 20 Décembre 1946
LE COMITÉ DE RÉSISTANCE DE II ZONE DE HANOÏ
dimanche 19 décembre 2021
vendredi 17 décembre 2021
Témoignage d'Olaudah Equiano, nommé également Gustavus Vassa l'Africain, esclave né au Nigéria vers 1745, vendu comme esclave à la Barbade avant d'être emmené en Angleterre puis affranchi.On ne me laissa pas longtemps m'apitoyer sur mon chagrin ; très vite, on me plaça sous les ponts où mes narines reçurent un tel salut que, de toute ma vie, je n'avais jamais connu, de telle sorte qu'entre la particularité répugnante des odeurs nauséabondes mêlées à des pleurs, je me rendis si malade et si faible que je n'avais ni la force de manger, ni le moindre désir de goûter à quoique ce fût. Je souhaitai maintenant que mon dernier compagnon, la mort, vînt pour me délivrer ; mais très vite, pour mon malheur, deux hommes blancs m'offrirent des aliments comestibles ; et parce que je refusai de manger, l'un deux empoigna fermement mes bras et m'allongea à travers le guindeau, je crois, où il lia mes jambes tandis que l'autre me flagellait sévèrement (...)L'étroitesse de l'endroit ainsi que la chaleur du climat, ajoutées aux passagers du bateau, qui était tant encombré de monde que chacun avait à peine l'espace pour se retourner, nous étouffaient presque. Cela générera d'abondantes transpirations, de sorte que l'air devint bientôt irrespirable, à cause d'une variété d'odeurs répugnantes, et provoqua une maladie parmi les esclaves dont plusieurs moururent, devenant ainsi les victimes d'une avarice involontaires de leurs acquéreurs, si je peux m'exprimer ainsi. Cette situation misérable était encore aggravée par le bruit irritant des chaines, maintenant devenues insupportables ; et la crasse des latrines, dans lesquelles les enfants tombaient souvent et s'étouffaient presque. Les cris des femmes et les gémissements des personnes mourantes rendaient toute la scène atroce quasiment inimaginable.
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