mercredi 29 décembre 2021
En mai 1795 dans l’ouest du Venezuela, un « zambo (métisse fils d’un noir et d’une indienne) libre » a pris la tête d’une insurrection d’esclaves considérée comme le premier mouvement indépendantiste du pays. À tel point que lors du bicentenaire de ce soulèvement, José Leonardo Chirino a réussi à « entrer » de façon symbolique dans le Panthéon National à Caracas, aux côtés de Simón Bolívar et des autres Pères de la Patrie.Aujourd’hui Chirino est l’objet d’un débat politique très actuel au sujet de la construction de ce qu’on appelle le « socialisme bolivarien » impulsé par le président Hugo Chávez, au point que certains le considèrent comme l’un des premiers « socialistes » vénézuéliens.José Leonardo Chirino était le fils d’un esclave et d’une indienne, raison pour laquelle il jouissait de sa liberté. Il travaillait au service de la famille Tellería de Coro, une ville de la côte ouest du Vénézuela. À cette époque, il voyagea dans le Saint Domingue français, futur Haïti et dans l’île voisine de Curaçao.Là-bas, il s’informa de la révolution française et des luttes de la population esclave qui allait plus tard obtenir établissement d’une « république noire », en faisant d'Haïti le premier pays indépendant de l’Amérique Latine en 1804.Jugé et démembréCe contexte semble avoir influencé la sphère personnelle de Chirino dont l’épouse et les enfants eux étaient esclaves, propriété de propriétaires d’haciendas de la région.En mai 1795, il lança l’insurrection qui obtint un succès initial en occupant plusieurs haciendas des montages du sud de Coro, mais qui ne put finalement pas s’emparer de la ville.La supériorité militaire des miliciens de la colonie fut fatale pour les insurgés dont une centaine allaient mourir. Chirino fut emmené à Caracas pour y être jugé. Il fut accusé de trahison au Roi et condamné à mort. Son corps démembré fut exhibé à divers endroits du pays« Le premier élément de base pour l’insurrection se trouve dans le désir de liberté. Ils voulaient éliminer l’esclavage », a indiqué à BBC Mundo la professeure Fulvia Polanco, présidente de l’Association Culturelle José Leonardo Chirino et membre de la Red Afrovenezolana (Réseau Afrovénézuélien).Source : Afrik.com
lundi 27 décembre 2021
LETTRE DU PAPE PIE XII
AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE D'HAÏTI,
S.E.M. PAUL MAGLOIRE, À L'OCCASION DU
150e ANNIVERSAIRE DE L'INDÉPENDANCE DU PAYS
À l’heure où la noble nation haïtienne s’apprête à fêter le cent-cinquantième anniversaire de la proclamation de son indépendance, Nous tenons à lui donner un nouveau témoignage de Nos sentiments paternels.
La bienveillance du Chef de l’Église, vous en avez éprouvé les effets dès l’origine – peut-on dire – de cette indépendance que vous fêtez aujourd’hui avec une légitime fierté. Et depuis ce temps, les Souverains Pontifes n’ont cessé de manifester leur sollicitude pour votre patrie, comme l’atteste, entre autres, le Concordat toujours en vigueur entre le Saint-Siège et la République d’Haïti et qui a été si riche en fruits de salut.
Nous avons tenu à poursuivre, pour Notre part, l’œuvre de Nos prédécesseurs et à montrer Notre particulier intérêt pour votre pays, notamment en assurant à de jeunes ecclésiastiques haïtiens le bienfait de la formation romaine et en élevant tout récemment à l’épiscopat un prêtre originaire de votre patrie.
Nous ne saurions donc rester insensible aux glorieux souvenirs que vous vous apprêtez à évoquer solennellement. Nous souhaitons que Nos chers fils d’Haïti se souviennent à cette occasion de toutes les faveurs dont le Seigneur les a comblés au cours de ce siècle et demi de leur existence nationale. Qu’ils élèvent vers lui un hymne de joyeuse reconnaissance et – comme Nous les y exhortions dans Notre Radiomessage pour le bicentenaire de Port-au-Prince – qu’ils aient à cœur de se montrer, en toutes circonstances, fidèles à professer dans toute sa pureté la foi de leurs pères et à se distinguer toujours par le plus filial dévouement à l’Église et au Vicaire de Jésus-Christ.
Dans ces sentiments, et en invoquant sur eux les plus abondantes grâces d’En-Haut, Nous leur accordons de grand cœur, ainsi qu’à Votre Excellence, Notre Bénédiction Apostolique.
Du Vatican, le 16 novembre 1953.
Source : Les archives du Saint-Siège
mardi 21 décembre 2021
APPEL AUX FRANÇAIS
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SOLDATS FRANÇAIS !
Pour qui combattez-vous ?
Vous avez durement combattu pour la libération de la France.
Vous avez vu de vos propres yeux vos foyers dévastés, vos parents massacrés, vos femmes, vos sœurs, vos fiancées odieusement traitées.
Pourquoi vouloir à autrui ce que vous ne voulez pas qu'on vous fit.
Pourquoi vouloir encore entraver votre marche vers la liberté ?
La haine engendre la haine !
La même sacrée qui vous a soutenus vaillamment dans la résistance, cette même haine nous soutiendra dans notre lutte.
SOLDATS FRANÇAIS !
Jetez bas vos armes !
Refusez de devenir des "bouchers" et de vous faire massacrer sans le moindre profit pour le peuple de France, mais uniquement pour le profit des capitalistes sans scrupules et aux dépens des larmes de ceux et de celles qui vous sont chers.
Venez à nous pacifiquement, nous ne combattons pas contre le peuple de France, mais contre les colonialistes réactionnaires qui détruisent l'amitié franco-vietnamienne.
Nous sommes prêts à vous réserver le plus chaleureux accueil et vous mériteriez le grand estime de notre peuple.
VIVE L'AMITIÉ FRANCO-VIETNAMIENNE !
VIVE LE VIET NAM LIVRE ET UNI !
À BAS LES COLONIALISTES !
À BAS LA GUERRE IMPÉRIALISTE AGRESSIVE !
Le 20 Décembre 1946
LE COMITÉ DE RÉSISTANCE DE II ZONE DE HANOÏ
dimanche 19 décembre 2021
vendredi 17 décembre 2021
Témoignage d'Olaudah Equiano, nommé également Gustavus Vassa l'Africain, esclave né au Nigéria vers 1745, vendu comme esclave à la Barbade avant d'être emmené en Angleterre puis affranchi.On ne me laissa pas longtemps m'apitoyer sur mon chagrin ; très vite, on me plaça sous les ponts où mes narines reçurent un tel salut que, de toute ma vie, je n'avais jamais connu, de telle sorte qu'entre la particularité répugnante des odeurs nauséabondes mêlées à des pleurs, je me rendis si malade et si faible que je n'avais ni la force de manger, ni le moindre désir de goûter à quoique ce fût. Je souhaitai maintenant que mon dernier compagnon, la mort, vînt pour me délivrer ; mais très vite, pour mon malheur, deux hommes blancs m'offrirent des aliments comestibles ; et parce que je refusai de manger, l'un deux empoigna fermement mes bras et m'allongea à travers le guindeau, je crois, où il lia mes jambes tandis que l'autre me flagellait sévèrement (...)L'étroitesse de l'endroit ainsi que la chaleur du climat, ajoutées aux passagers du bateau, qui était tant encombré de monde que chacun avait à peine l'espace pour se retourner, nous étouffaient presque. Cela générera d'abondantes transpirations, de sorte que l'air devint bientôt irrespirable, à cause d'une variété d'odeurs répugnantes, et provoqua une maladie parmi les esclaves dont plusieurs moururent, devenant ainsi les victimes d'une avarice involontaires de leurs acquéreurs, si je peux m'exprimer ainsi. Cette situation misérable était encore aggravée par le bruit irritant des chaines, maintenant devenues insupportables ; et la crasse des latrines, dans lesquelles les enfants tombaient souvent et s'étouffaient presque. Les cris des femmes et les gémissements des personnes mourantes rendaient toute la scène atroce quasiment inimaginable.
samedi 27 novembre 2021
FÊTE DU BAPTÊME DU SEIGNEUR
PAPE FRANÇOIS
ANGÉLUS
Place Saint-Pierre
Dimanche 12 janvier 2014
Chers frères et sœurs, bonjour!
Aujourd’hui c’est la fête du Baptême du Seigneur. Ce matin, j’ai baptisé trente-deux nouveau-nés. Je rends grâce avec vous au Seigneur pour ces créatures et pour chaque nouvelle vie. J’aime baptiser les enfants. Cela me plaît beaucoup ! Chaque enfant qui naît est un don de joie et d’espérance, et chaque enfant baptisé est un prodige de la foi et une fête pour la famille de Dieu.
L’Évangile d’aujourd’hui souligne que dès que Jésus eut reçu le baptême de Jean dans les eaux du Jourdain, « les cieux s’ouvrirent » (Mt 3, 16). Ceci réalise les prophéties. En effet, il y a une invocation que la liturgie nous fait répéter pendant la période de l’Avent : « Si tu déchirais les cieux et descendais ! » (Is 63, 19). Si les cieux restent fermés, notre horizon dans cette vie éternelle est sombre, sans espérance. Par contre, en célébrant Noël, la foi nous a donné encore une fois la certitude que les cieux se sont déchirés avec la venue de Jésus. Et le jour du baptême du Christ nous contemplons encore les cieux ouverts. La manifestation du Fils de Dieu sur terre marque le début du grand temps de miséricorde, après que le péché avait fermé les cieux, élevant comme une barrière entre l’être humain et son Créateur. Avec la naissance de Jésus les cieux s’ouvrent! Dieu nous donne dans le Christ la garantie d’un amour indestructible. Depuis que le Verbe s’est fait chair il est donc possible de voir les cieux ouverts. Ce fut possible pour les bergers de Bethléem, pour les mages d’Orient, pour Jean-Baptiste, pour les apôtres de Jésus, pour saint Étienne, le premier martyr, qui s’exclama : « Je contemple les cieux ouverts ! » (Ac 7, 56). Et c’est possible aussi pour chacun de nous, si nous laissons l’amour de Dieu nous envahir, amour qui nous est donné la première fois dans le baptême par le Saint-Esprit. Laissons-nous envahir par l’amour de Dieu ! C’est le grand temps de la miséricorde ! Ne l’oubliez pas : c’est le grand temps de la miséricorde !
Quand Jésus reçut le baptême de pénitence des mains de Jean-Baptiste, se rendant solidaire du peuple pénitent — Lui, sans péché, et sans besoin de conversion —, Dieu le Père fit entendre sa voix du ciel : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour » (v. 17). Jésus reçut l’approbation du Père céleste, qui l’a envoyé précisément pour qu’il accepte de partager notre condition, notre pauvreté. Partager est la vraie manière d’aimer. Jésus ne se dissocie pas de nous, il nous considère comme ses frères et partage avec nous. Il fait ainsi de nous des fils, avec Lui, de Dieu le Père. Telle est la révélation et la source du vrai amour. Et ceci est le grand temps de la miséricorde !
Ne vous semble-t-il pas qu’à notre époque il y ait besoin d’un supplément de partage fraternel et d’amour ? Ne vous semble-t-il pas que nous ayons tous besoin d’un supplément de charité ? Pas de celle qui se contente d’une aide improvisée, dépourvue de toute implication, qui n’engage pas, mais d’une charité de partage, qui prend sur elle le malaise et la souffrance de notre frère. Quelle saveur prend la vie quand on se laisse inonder par l’amour de Dieu !
Demandons à la Très Sainte Vierge de nous soutenir par son intercession dans notre engagement de suivre le Christ sur la voie de la foi et de la charité, la voie tracée par notre baptême.
À l'issue de l'Angélus :
Chers frères et sœurs,
Je vous adresse à tous mes plus cordiales salutations, en particulier aux familles et aux fidèles venus de différentes paroisses d’Italie et d’autres pays, ainsi qu’aux associations et divers groupes.
Aujourd’hui, je voudrais adresser une pensée spéciale aux parents qui ont amené leurs enfants au baptême et à ceux qui préparent en ce moment le baptême d’un de leurs enfants. Je m’unis à la joie de ces familles, je remercie avec eux le Seigneur, et prie pour que le baptême des enfants aide les parents eux-mêmes à redécouvrir la beauté de la foi et à revenir, changés, aux sacrements et à la communauté.
Comme cela a déjà été annoncé, le 22 février prochain, fête de la Chaire de saint Pierre, j’aurai la joie de tenir un consistoire, durant lequel je nommerai 16 nouveaux cardinaux, qui — appartenant à 12 nations de chaque région du monde — représentent le profond rapport ecclésial entre l’Église de Rome et les autres Églises présentes dans le monde.
Le lendemain, je présiderai une concélébration solennelle avec les nouveaux cardinaux, alors que les 20 et 21 février, je tiendrai un consistoire avec tous les cardinaux pour réfléchir sur le thème de la famille.
Voici les noms des nouveaux cardinaux :
1. Mgr Pietro Parolin, archevêque titulaire d’Acquapendente, secrétaire d’Etat;
2. Mgr Lorenzo Baldisseri, archevêque titulaire de Diocleziana, secrétaire général du synode des évêques;
3. Mgr Gerhard Ludwig Müller, archevêque-évêque émérite de Ratisbonne, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi;
4. Mgr Beniamino Stella, archevêque titulaire de Midila, préfet de la Congrégation pour le clergé;
5. Mgr Vincent Gerard Nichols, archevêque de Westminster (Grande-Bretagne);
6. Mgr Leopoldo José Brenes Solórzano, archevêque de Managua (Nicaragua);
7. Mgr Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec (Canada);
8. Mgr Jean-Pierre Kutwa, archevêque d’Abidjan (Côte d’Ivoire);
9. Mgr Orani João Tempesta, o.cist., archevêque de Rio de Janeiro (Brésil);
10. Mgr Gualtiero Bassetti, archevêque de Pérouse-Città della Pieve (Italie);
11. Mgr Mario Aurelio Poli, archevêque de Buenos Aires (Argentine);
12. Mgr Andrew Yeom Soo jung, archevêque de Séoul (Corée);
13. Mgr Ricardo Ezzati Andrello, s.d.b., archevêque de Santiago du Chili (Chili);
14. Mgr Philippe Nakellentuba Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou (Burkina Faso);
15. Mgr Orlando B. Quevedo, o.m.i., archevêque de Cotabato (Philippines);
16. Mgr Chibly Langlois, évêque des Cayes (Haïti).
Avec eux, j’unirai au collège des cardinaux trois archevêques émérites qui se sont distingués pour leur service rendu au Saint-Siège et à l’Église:
Mgr Loris Francesco Capovilla, archevêque titulaire de Mesembria (Italie);
Mgr Fernando Sebastián Aguilar, archevêque émérite de Pampelune (Espagne);
Mgr Kelvin Edward Felix, archevêque émérite de Castries, aux Antilles (Caraïbes).
Prions pour ces nouveaux cardinaux, afin que, revêtus des vertus et des sentiments du Seigneur Jésus Bon Pasteur, ils puissent aider plus efficacement l’Évêque de Rome dans son service à l’Église universelle.
À tous je souhaite un bon dimanche et un bon déjeuner. Au revoir !
Drapeau de la République d'Abkhasie Le 18 novembre 2021, les autorités haïtiennes ont commémoré le 218ième anniversaire de la bataille de Vertières, rappelant ainsi une date clef de notre histoire de peuple. Hors de nos frontières, à Caracas, capitale du Venezuela, les autorités vénézuéliennes et l'ambassade d'Haïti dans le pays sud-américain ont également commémoré la bataille de Vertières. Une cérémonie d'offrande florale a été organisée au Panthéon national qui héberge notamment le Musée du Libérateur Simon Bolivar.
A pris part à cette activité, entre autres personnalités, l'ambassadeur plénipotentiaire de la République d'Abkhasie au Venezuela et au Nicaragua, M. Zaur Gvadzhava. L'Abkhasie est un pays du Caucase, grande comme Porto-Rico, indépendant depuis 1992, après avoir fait sécession de la Géorgie. La population est d'environ 250 000 habitants. Elle n'est pas reconnue par les Nations-Unies. Seuls des pays comme la Russie, le Venezuela, le Nicaragua, Nauru, la Syrie et des pays non-reconnus par la communauté internationale comme l'Ossétie du Sud qui a également fait sécession de la Géorgie, la reconnaissent. L'économie et la sécurité de l'Abkhasie dépendent en grande partie Moscou.
Le site de l'ambassade abkhase a publié un article sur la participation de M. Gvadzhava à commémoration de la bataille de Vertières. Faut-il y voir un rapprochement entre la République haïtienne et la petite République du Caucase ?
vendredi 26 novembre 2021
A promu au grade de général en chef de l’Armée d’Haïti, le général de division Henry Christophe.
Au Ministère des Finances et de l’Intérieur, le général de division André Vernet.
Au grade de général de division, Ministre de la Guerre et de la marine, le général de brigade Etienne-Élie Gérin.
Au grade de général de division, commandant la première division du Nord, le général de brigade Paul Romain.
Au grade de général de division, commandant la seconde division du Nord, le général de brigade François Capoix.
Au grade de commandant en en chef de la première division de l’Ouest, Chef-lieu de l’Empire, le général de division Louis Gabart.
Au grade de commandant en chef de la deuxième division de l’Ouest, le général de division Alexandre Pétion.
Au grade de commandant en chef de la première division du Sud, le général de division Nicolas Geffrard.
Au grade de général de division et de commandant en chef de la deuxième division du Sud, le général de brigade Jean-Louis François.
Au Palais impérial du Cap, le 28 juillet 1805, l’an deux de l’indépendance d’Haïti, et de notre règne le premier.
En l’absence du ministre de la Guerre, le général chef de l’état-major général,
Source : Gazette politique et commerciale d'Haïti
vendredi 19 novembre 2021
| Les drapeaux d'Haïti et de la Dominicanie |
Six millions de Juifs européens ont été tués par Hitler et ses hommes de main à cause d'une fausse diffamation antisémite. Publiés pour la première fois en 1902 pour justifier idéologiquement les programmes antijuifs de la Russie tsariste, “Les protocoles des sages de Sion" ont été démasqués comme étant mensonger en 1920, grâce à un journaliste du journal anglais ”The Times“, mais ils ont été essentiels pour attiser les préjugés séculaires contre les Juifs parmi les fanatiques du Nazisme et sont toujours très populaires aujourd'hui parmi les groupes de droite, les suprémacistes blancs et les déments qui insistent dans la négation de l'Holocauste juif.
Les Dominicains subissent également les ravages d'une diffamation similaire inspirée d'une œuvre clé : “La isla al revés” (1983), de Joaquín Balaguer. La thèse complotiste et diffamante, reproduite à l'infini dans les médias et les réseaux, se compose essentiellement des éléments suivants : les grandes puissances étrangères (États-Unis, France, etc.) et des ONG mondiales, financées par George Soros et d'autres grands entrepreneurs maléfiques et des dirigeants mondiaux (les Clinton, Biden, etc.), qui ont pour alliés dominicains des dirigeants pour la plupart de la gauche progressiste, des " traîtres à la patrie " qui promeuvent l'avortement, les droits de la communauté LGBT et l'” invasion pacifique " des immigrés haïtiens qui vont supplanter la population dominicaine, sous l'impulsion de la bourgeoisie dominicaine qui profite de la main-d'œuvre haïtienne illégale, ils favorisent la fusion d'Haïti et de la République dominicaine.
L'idée de fusionner l'île a été portée par Balaguer pour fonder l'attaque raciste contre la candidature présidentielle de José Francisco Peña Gómez en 1994. En effet, dans l'ouvrage susmentionné, où il reproduit littéralement les idées énoncées dans son livre “La realidad dominicana” (1947), Balaguer propose une confédération dominicano-haïtienne, idée qui avait été suggérée par Américo Lugo en 1913, inspirée de la confédération antillaise proposée par Eugenio María de Hostos et développée plus tard en 1949 dans une thèse de Ramón Rafael Casado Soler.
Ce que fait Balaguer, c'est simplement prétendre qu'il propose l'unification des deux nations de l'île, pour rejeter plus tard une telle unification, afin de réduire le flux de voix de Peña Gómez, à travers l'exploitation machiavélique de la peur dans la population qu'un candidat à la présidence d'origine haïtienne arrive au pouvoir.
Ce qui est curieux dans cette théorie excentrique du national-populisme de droite et de gauche, c'est que l'anti-haïtianisme, qui sert de base a été importé par les élites de la République dominicaine, comme nous l'a informé Silvio Torres-Saillant, aux puissances occidentales, bénéficiaires de siècles d'esclavage et “engagées dans un credo racial négrophobe”, une condition fondamentale pour l'inclusion dans l'ordre mondial de la République dominicaine comme contrepoids d'Haïti, et qu'elle est nourrie par une idéologie raciste, importée également de l'Occident, qui postulait la supériorité évolutive de “l'homme blanc”, concevait les indigènes et les noirs comme un parent moderne du "lien perdu”, justifiait la domination des blancs sur les races "dégradées, primitives et sauvages", légitimait l'extermination raciale et se mêlait à l'élitisme aryen des intellectuels dominicains à partir de 1900, incarné dans le programme du Parti nationaliste et totalement assumé par la dictature de Trujillo. En bref, les vrais impérialistes et anti-dominicains sont les anti-Haïtiens.
"Les protocoles des sages de Sion" étaient essentiels pour attiser les préjugés. L'idée de fusion de l'île a été apportée par Joaquín Balaguer, assez tirée par les cheveux, pour étayer l'attaque raciste contre la candidature de Peña Gómez.
Article écrit par l'intellectuel dominicain Eduardo Prats et publié initialement en espagnol au journal HOY le 19 novembre 2021
Mausolée de Simon Bolivar à Caracas - Crédit : Ministère des Affaires étrangères du Vénézuela Dans le cadre des activités menées par l'Ambassade d'Haïti, accréditée au Venezuela, pour commémorer les 218 ans de la Bataille de Vertières a eu lieu une offrande florale au Mausolée du Libérateur et Père de la Patrie Simon Bolivar.
La cérémonie officielle a été présidée par l'Ambassadeur Plénipotentiaire de la République d'Haïti, accrédité auprès du Gouvernement Bolivarien du Venezuela, Lesly David, qui était accompagné de Raúl Li Causi, vice-ministre pour les Caraïbes du Ministère du Pouvoir Populaire pour les Relations Extérieures et de Maries Yves Sougrain, première secrétaire de l'Ambassade haïtienne.
Au cours de l'acte solennel, les notes glorieuses des hymnes nationaux des deux nations ont été interprétées comme un symbole de respect, de fraternité et de solidarité.
La bataille de Vertières fut le geste révolutionnaire mené par l'indépendantiste Jean Jacques Dessalines qui consolida la victoire d'un groupe asservi contre les colonialistes français et qui marqua l'indépendance de la République d'Haïti.
Publié par la Chancellerie vénézuelienne à l'occasion du 218ème anniversaire de la bataille de Vertières et traduit par Haïtianaute
mardi 9 novembre 2021
Très Excellent Monsieur,Les patriotes soussignés, au nom de la junte centrale provisoire de Saint-Yague (Santiago de los Caballeros), mus par des sentimens non équivoques, à la vue de l’acte de constitutif du 1er décembre relatif à l’indépendance dominicaine unie à la République de Colombie, ont l’honneur de dénoncer à Votre Excellence cette œuvre informe et anti-sociale qui a excité le mécontentement universel lors de sa publication à Santo-Domingo. Cette constitution imprudente établit des distinctions entre le paysan (paysano ou habitant) et le militaire, entre le pauvre et le riche, entre les différens districts de cette partie, et maintient l’esclavage au mépris des bases fondamentales de toute société politique. Elle n’assure, en outre, aucun dédommagement au pauvre soldat qui essuie de longues fatigues sans paye, et ruine le commerce des malheureux cultivateurs.Enfin, pour ne pas distraire trop longtemps Votre Excellence, nous lui disons qu’un tel acte, conçu dans la vue de faire prospérer quelques particuliers, en sacrifiant des milliers de pères de famille respectables, offre des taches si monstrueuses, que tous les citoyens dévoués à leur pays ont déterminé de recourir à Votre Excellence, pour qu’elle daigne prêter l’oreille à leurs réclamations et se souvenir qu’Elle a promis d’être le pacificateur et l’ami des habitans de cette partie. Qu’Elle nous accorde les secours nécessaires pour parvenir à l’indépendance, et que la constitution de là République d’Haïti nous régisse désormais ! Nous la désirons avec la liberté générale des esclaves : nous demandons à vivre tous dans l’union et la fraternité. Tel est le but de la députation que nous envoyons à Votre Excellence. Nous espérons qu’Elle aura confiance en nous, et qu’Elle nous secondera dans notre glorieuse entreprise.Les députés que nous envoyons à Votre Excellence sont les sieurs Juan-Nunez Blanco, Fernando Morel de Santa Cruz, José Peralto et José Maria Salcedo. Nous ne manquerons pas de tenir Votre Excellence sur les avis, espérant qu’Elle nous accordera tous les secours dont nous aurons besoin, avec la célérité qu’exige une entreprise de si haute importance.
Muy Excelente Señor,Los abajo firmantes Patriotas, en nombre de la Junta Central Provisional de Santiago, movidos por sentimientos inequívocos, a la vista del Acta Constitutiva de 1 de diciembre relativa a la independencia dominicana Unida con la República de Colombia, tienen el honor de denunciar a Vuestra Excelencia este trabajo informe y antisocial que despertó el descontento universal cuando fue esta imprudente constitución hace distinciones entre el campesino (campesino o habitante) y el militar, entre los pobres y los ricos, entre los diferentes distritos de este partido, y mantiene la esclavitud haciendo caso omiso de las bases fundamentales de cualquier Sociedad política. Además, no proporciona ninguna compensación al pobre soldado que sufre una larga fatiga sin sueldo, y arruina el comercio de los desafortunados agricultores.Finalmente, para no distraer a Vuestra Excelencia por demasiado tiempo, le decimos que tal acto, diseñado para hacer prosperar a unos pocos individuos sacrificando a miles de padres respetables de familias, ofrece manchas tan monstruosas, que todos los ciudadanos dedicados a su país han decidido recurrir a Vuestra Excelencia, para que se dedique a escuchar sus afirmaciones y recordar que ha prometido ser Que nos conceda la ayuda necesaria para alcanzar la independencia, y que la Constitución de esa República de Haití nos gobierne a partir de ahora ! Lo deseamos con la libertad general de los esclavos : pedimos vivir todos en unión y fraternidad. Ese es el propósito de la delegación que enviamos a Su Excelencia. Esperamos que ella tenga confianza en los Estados Unidos y que nos ayude en nuestro glorioso esfuerzo.Los miembros que enviamos a Su Excelencia son los Sres Juan-Núñez Blanco, Fernando Morel de Santa Cruz, José Peralto y José-María Salicedo. No dejaremos de mantener a su Excelencia en el asesoramiento, esperando que ella nos brinde toda la ayuda que necesitamos, con la velocidad requerida por una empresa tan importante.
Source : Le Télégraphe
mardi 2 novembre 2021
samedi 30 octobre 2021
| Jean-Luc Virchaux, ancien ambassadeur de Suisse en Haïti - Crédit: jetdencre.ch |
Par Jean-Luc Virchaux, ancien ambassadeur de Suisse en République d’Haïti entre 2014-2018
La République d’Haïti n’est ni un pays maudit, ni le pays le plus pauvre du continent américain, comme j’ai pu le lire dans beaucoup d’articles de presse suite à l’assassinat de son président, Jovenel Moïse. Le destin d’Haïti est simplement tragique et trouve ses racines dans son histoire unique et incroyablement contemporaine.
Perle des Antilles, cette ancienne possession française était la plus importante productrice de sucre du monde à la fin du XVIIIe siècle. Le système d’exploitation économique était redoutablement efficace, s’appuyant sur 35 000 colons et dix à vingt fois plus d’esclaves – leur espérance de vie, une fois arrivés sur place, ne dépassait pas quatre à cinq ans.
À la fin de ce même XVIIIe siècle, les révoltes d’esclaves, de plus en plus organisées, se sont multipliées jusqu’en 1803, année de la victoire de la bataille de Vertières contre les 80 000 soldats de l’armée napoléonienne. Pour la première fois, des esclaves conquéraient leur indépendance face à un système d’exploitation colonial. Et là commence la tragédie haïtienne, par le déclenchement d’une des plus grandes révolutions des droits humains de ce monde: changer des bêtes de somme en individus libres et autonomes. Nous leur devons respect, estime et un minimum de devoir de mémoire. Tout cela pour que ce pays ne soit pas seulement – comme l’a écrit, dans son récent éditorial du Temps, Richard Werly – «martyr de notre indifférence».
Haïti a chèrement payé son indépendance: le pays s’est rapidement retrouvé sous un blocus maritime mis en place par l’alliance des puissances de l’époque (Espagne, France, Grande-Bretagne). Pire, vingt ans plus tard, la France arrive à imposer à la jeune République une dette de 150 millions de francs or pour dédommagement des pertes économiques subies. Haïti a fini d’acquitter sa dette en 1942, en puisant dans son capital forestier par le biais de la vente de ses bois précieux – acajou ou bois de campêche.
Cette indépendance a ouvert la voie aux autodéterminations sud-américaines; Haïti a, entre autres, accueilli Simon Bolivar, le père de la libération de la Colombie. Elle a aussi contribué et permis à la Grèce d’accéder en 1820 à son autonomie. Haïti a ouvert, en 1939, ses frontières pour accueillir les juifs d’Europe tout en déclarant la guerre à l’Allemagne nazie.
Haïti peine à trouver le chemin de la gouvernance, et la mort du président Moïse en est la dernière expression. Le pays n’a plus de pouvoir institutionnel légitime. Le Sénat et la Chambre des députés ne sont plus fonctionnels, le pouvoir judiciaire a perdu son président. Le premier ministre a démissionné quelques jours avant l’assassinat du président, et revendique depuis le pouvoir face à un nouveau premier ministre qui, lui, n’est pas encore entré en fonction.
Pourtant, Haïti regorge de têtes bien faites, et plusieurs mouvements citoyens occupent le terrain des propositions pour sortir de cette crise. Espérons qu’ils soient entendus et soutenus par une communauté internationale jusqu’à présent bien timorée.
Nota : Cet article a été publié initialement par l'auteur le 9 juillet 2021 dans le journal helvétique Le Temps.
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