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Hugo Chavez

lundi 16 octobre 2023


L'histoire nous appelle à Haïti en ces heures difficiles et douloureuses. Haïti : la première République noire du monde et la première République de Notre Amérique dès le 1er janvier 1804, après avoir vaincu les troupes napoléoniennes au terme de 12 années de combat (1791-1803). Haïti : celle des Jacobins noirs, de Toussaint L'Ouverture et d'Alexandre Petión. Haïti : celle de Miranda ; il y arrive avec son rêve de libérer tout un continent et, comme Bolivar, dix ans plus tard, il reçoit toute la solidarité et le soutien des Jacobins noirs ; c'est là que le Précurseur hisse notre drapeau pour la première fois, sur le mât du navire Leander, le 12 mars 1806.

Haïti : celle de Bolivar, celle de l'Expédition des Cayes (1816), qui eut l'appui inconditionnel de l'illustre Pétion, qui ne lui demanda que la liberté des esclaves. Ce n'est pas en vain que notre Libérateur l'a appelé "l'auteur de notre liberté". C'est là, au contact de la réalité de la "République la plus démocratique du monde", selon ses propres termes, que Bolivar acheva de forger son esprit révolutionnaire.

Haïti est donc une terre sainte pour nous.

L'héroïsme et la souffrance du peuple haïtien, son amour infini et sa grande espérance sont inscrits dans mon âme. En mars 2007, la force de leur amour et de leur espoir m'a fait courir avec eux dans les rues de Port-au-Prince, avec le sentiment d'être parmi des frères et des sœurs.

Ce tremblement de terre dévastateur s'ajoute à la tragédie sans fin que subit le peuple haïtien depuis tant d'années.

Pour Petión et Bolívar, il nous appartient de régler une dette historique. C'est pourquoi le Venezuela s'est mis à la disposition d'Haïti. Deux brigades humanitaires sont déjà dans le pays de Pétion et d'autres partiront bientôt. Nous avons également lancé la campagne de solidarité avec Haïti et le peuple vénézuélien y répond comme il sait le faire.

Pour Petión et pour Bolívar : nous vaincrons !

II

Les mesures économiques que nous avons prises répondent à la nécessité de faire face à une situation qui s'inscrit dans un processus de transition dynamique et complexe.

En matière économique, il n'y a pas de baguette magique qui puisse tout résoudre. Surtout lorsqu'il s'agit de garantir la souveraineté économique du pays.

Depuis que nous avons pris le contrôle des changes, nous évaluons de près le comportement de l'économie nationale, ce qui nous a permis d'atténuer les effets internes de la crise mondiale du capitalisme, qui a fini par déstabiliser toutes les économies régionales.

Aujourd'hui, nous sommes confrontés à l'urgence inexorable d'appliquer des mesures correctives de nature économique. Il est vrai que les décisions prises peuvent susciter des inquiétudes et des préoccupations, comme tout changement en suscite.

Je fais pleinement confiance à la conscience des citoyens et je sais qu'ils ne se laisseront pas piéger par les fausses alertes lancées par les médias pitianquis, qui tentent de faire croire que les portes de l'enfer se sont ouvertes et que le gouvernement va maintenant brûler dans son propre feu. Comme cela a été le cas jusqu'à présent, ils attendront l'effondrement total qu'ils appellent de leurs vœux.

Il n'y a pas de décision plus sage que celle qui est prise à temps et en réponse aux particularités du moment historique : l'autre consiste à étirer la ride ou à cacher la tête, et nous ne sommes pas prêts à le permettre.

Chaque pas que nous faisons dans la révolution comporte non seulement des risques mais surtout de nouveaux défis : nous avons démontré notre volonté de les affronter, avec responsabilité et engagement, en ayant à cœur les besoins les plus profonds du peuple vénézuélien.

La modification de la valeur de notre monnaie par rapport au dollar n'est que l'exemple le plus superficiel de ce que nous proposons réellement. En réalité et en vérité, nous réévaluons le bolivar en nous fixant de nouveaux défis.

En premier lieu, nous aurons plus de force pour affronter les pratiques spéculatives flagrantes qui n'ont fait que déformer financièrement la valeur réelle des biens et des services.

L'État, en ce sens, ne pouvait continuer à céder des avantages de change à ceux qui décidaient à leur guise de ce qu'ils importaient comme des biens nécessaires, qui étaient en fait des articles de luxe qu'ils vendaient à des prix incontrôlables.

C'est pourquoi le Plan national contre la spéculation a été créé cette semaine. Nous créons les conditions pour générer un véritable renforcement de l'industrie nationale qui satisfasse les intérêts nationaux les plus authentiques.

Nous ne pouvons pas continuer à importer sans mesure ce que nous sommes déjà en mesure de commencer à produire sur place. D'où l'appel à la bonne volonté des petits et moyens entrepreneurs et investisseurs qui souhaitent se joindre à nous dans cet effort pour forger un nouveau modèle économique.

Dans ce sens, nous avons créé mercredi dernier le Fonds du bicentenaire pour la production socialiste, qui constitue un premier pas dans la consolidation d'une politique de soutien à la souveraineté productive nationale.

Cela nous permettra non seulement de diversifier et d'augmenter la production de biens et de services pour répondre à nos besoins intérieurs les plus pressants, mais aussi d'acquérir une nouvelle force grâce à l'exportation de nos produits.

Que cette situation soit donc l'occasion, avec honnêteté et responsabilité, d'entreprendre fermement la construction d'un pays qui cesse d'être rentier et qui tranche le nœud gordien de la dépendance pétrolière.

Un problème central et transcendant de la voie vénézuélienne vers le socialisme réside dans la métamorphose globale du modèle rentier : dans le changement structurel du modèle d'accumulation capitaliste que nous avons ; un changement qui dépend de la diversification productive vers laquelle nous nous orientons pour surmonter définitivement le rentiérisme.

III

Je tiens à réitérer une orientation stratégique que j'ai énoncée vendredi dernier dans mon discours à l'Assemblée nationale à l'occasion de la présentation du rapport annuel et des comptes 2009 : nous devons continuer à démanteler le vieil État bourgeois et accélérer le processus de construction du nouvel État social et démocratique, fondé sur le droit et la justice, comme le prévoit notre Constitution. Il s'agit d'une nécessité historique et d'un impératif catégorique pour la continuité et l'approfondissement de la révolution bolivarienne, sur la voie du socialisme.

Nous ne devons pas donner de l'oxygène à l'État bourgeois. Au contraire, c'est un impératif de l'éloigner pour qu'il s'éteigne définitivement.

L'État bourgeois dispose encore d'espaces au sein de l'État qui émerge : à partir de ces espaces, il obstrue, sabote et entrave le processus de création de la nouvelle institutionnalité.

Nous avons un long chemin à parcourir avant que le nouvel État ne se consolide : nous sommes en transition vers lui. Sa consolidation dépend et dépendra de notre capacité à matérialiser le protagonisme du pouvoir communal, du pouvoir populaire dans toutes ses expressions.

Le pouvoir populaire est l'âme et la flamme d'une autre façon d'être l'État et le gouvernement. Nous devons réaliser ce que Kleber Ramirez a lucidement envisagé il y a de nombreuses années : "... le moment est venu pour les communautés d'assumer les pouvoirs de l'État, ce qui conduira administrativement à la transformation globale de l'État vénézuélien et socialement à l'exercice réel de la souveraineté par la société à travers les pouvoirs communaux".

La patrie, le socialisme ou la mort !

Nous vaincrons !

Publié originellement sur Cubadebate le 17 juin 2010 après le tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010 en Haiti.


EL ARTICULO EN ESPANOL


La historia nos está llamando a Haití en esta hora tan difícil y dolorosa. Haití: la primera República negra del mundo y la primera República de Nuestra América en fecha tan temprana como el 1° de enero de 1804, tras vencer a las tropas napoleónicas luego de 12 años de lucha (1791-1803). Haití: la de los jacobinos negros, la de Toussaint L'Ouverture y Alejandro Petión. Haití: la de Miranda; allá llegó con su sueño de liberar a todo un continente y como ocurriría con Bolívar, diez años más tarde, recibiría toda la solidaridad y el apoyo de los jacobinos negros; allá izó el Precursor por primera vez nuestra bandera, en el mástil del buque Leander el 12 de marzo de 1806.

Haití: la de Bolívar, la de la Expedición de los Cayos (1816) que contó con el respaldo sin condiciones del ilustre Petión, quien sólo le pidió la libertad de los esclavos. No en vano nuestro Libertador lo llamó "el autor de nuestra libertad". Allí, en contacto con la realidad de la "República más democrática del mundo" -son sus palabras-, Bolívar terminó de forjar el temple de su espíritu revolucionario.

Haití es, entonces, tierra santa para nosotros y nosotras.

Llevo inscrito en mi alma al heroico y sufrido pueblo haitiano con su infinito amor y su grandísima esperanza. En marzo de 2007 la fuerza de su amor y su esperanza me hizo correr, junto a él, por las calles de Puerto Príncipe, sintiéndome entre hermanos y hermanas.

Este devastador sismo se agrega a la tragedia infinita que padece el pueblo haitiano desde hace tantos años.

Por Petión y por Bolívar, nos toca saldar una deuda histórica. Por eso mismo, Venezuela se ha puesto a la orden de Haití. Ya están dos brigadas humanitarias en la Patria de Petión y pronto partirán otras. Igualmente, lanzamos la Campaña de Solidaridad con Haití y el pueblo venezolano está respondiendo como sabe hacerlo.

Por Petión y por Bolívar: ¡Venceremos!

II

Las medidas económicas que hemos tomado responden a la necesidad de salirle al paso a una situación que se enmarca en un proceso de transición dinámico y complejo.

No hay varitas mágicas que todo lo resuelvan en materia económica. Sobre todo cuando se trata de garantizar la soberanía económica del país.

Desde que asumimos el control de cambio a esta parte, hemos ido evaluando de cerca el comportamiento coyuntural de la economía nacional y esto nos ha permitido paliar los efectos internos de la crisis mundial del capitalismo, que terminó desestabilizando a todas las economías regionales.

Hoy nos vemos en la urgencia inexorable de aplicar correctivos de naturaleza económica. Cierto que las decisiones tomadas puedan causar zozobras e inquietudes, ya que todo cambio las propicia.

Tengo plena confianza en la conciencia del pueblo y sé que no va a caer en las falsas alarmas que los medios de comunicación pitiyanquis adelantan: pretenden hacer creer que se abrieron las puertas del infierno y que el Gobierno desde ahora arderá en su propio fuego. Como ha sido hasta ahora, se quedarán esperando el descalabro total que tanto ansían.

No hay más atinada decisión que la que se toma a tiempo y respondiendo a las particularidades del momento histórico: lo otro es estirar la arruga o esconder la cabeza y eso no estamos dispuestos a permitírnoslo.

Cada paso que damos en Revolución implica no sólo riesgos sino sobre todo nuevos retos: hemos demostrado nuestra disposición a enfrentarlos, con responsabilidad y compromiso, teniendo en el centro del corazón las más sentidas necesidades del pueblo venezolano.

Modificar el valor de nuestra moneda en relación al dólar es tan solo la instancia más superficial de lo que nos proponemos en el fondo. En realidad y en verdad, estamos revaluando el bolívar al proponernos nuevos retos.

En primera instancia, tendremos más fortaleza para enfrentar las groseras prácticas especulativas que no hacían otra cosa que distorsionar financieramente el valor real de los bienes y los servicios.

El Estado, en este sentido, no podía seguir cediendo beneficios cambiarios a quienes decidían a su antojo lo que importaban como bienes necesarios, siendo en realidad artículos suntuarios que vendían a precios incontrolables.

Por eso se creó esta semana el Plan Nacional Contra la Especulación. Estamos creando condiciones para generar un verdadero fortalecimiento de la industria interna que satisfaga los más genuinos intereses nacionales.

No podemos seguir importando sin medida aquello que ya estamos en la posibilidad de comenzar a producir en el país. De allí el llamado a la buena voluntad de los pequeños y medianos empresarios e inversionistas que deseen acompañarnos en este empeño de forjar un nuevo modelo económico.

En este sentido, el miércoles pasado creamos el Fondo Bicentenario de Producción Socialista, que viene a constituirse en un primer paso en la consolidación de una política de apoyo hacia la soberanía productiva nacional.

Esto nos permitirá no sólo diversificar y aumentar la producción de bienes y servicios para responder a nuestras más sentidas necesidades internas sino, además, adquirir una nueva fortaleza con la exportación de nuestros productos.

Sirva, pues, esta coyuntura para, con honestidad y responsabilidad, emprender con firmeza la construcción de un país que deje de ser rentista y corte el nudo gordiano de la dependencia petrolera.

Un problema central y trascendente de la vía venezolana al socialismo reside en la metamorfosis global del modelo rentista: en el cambio estructural del modelo de acumulación capitalista que tenemos; cambio que depende de la diversificación productiva hacia la que nos orientamos para superar definitivamente al rentismo.

III

Quiero reiterar un lineamiento estratégico que enuncié el pasado viernes en mi intervención en la Asamblea Nacional con motivo de la presentación de la Memoria y Cuenta del año 2009: debemos seguir desmontando el viejo Estado burgués y acelerar el proceso de construcción del nuevo Estado social y democrático, de derecho y de justicia, que manda nuestra Constitución. Es una necesidad histórica y un imperativo categórico para la continuidad y profundización de la Revolución Bolivariana, rumbo al socialismo.

No debemos darle oxígeno al Estado burgués. Por el contrario, quitárselo es un imperativo para que se extinga definitivamente.

El Estado burgués todavía tiene espacios dentro del Estado que está surgiendo: desde esos espacios entrampa, sabotea, obstaculiza el proceso de creación de la nueva institucionalidad.

Nos falta un trecho largo para que el nuevo Estado se consolide: estamos en transición hacia él. Su consolidación depende y dependerá de cuán capaces seamos de materializar el protagonismo del poder comunal: del poder popular en todas sus expresiones.

El poder popular es el alma y la llama de otra manera de ser Estado y Gobierno. Debemos hacer realidad lo que lúcidamente visualizara Kléber Ramírez hace muchos años: "... llegó la hora para que las comunidades asuman poderes de Estado, lo que conllevará administrativamente la transformación global del Estado venezolano y socialmente el ejercicio real de la soberanía por parte de la sociedad a través de los poderes comunales".

¡Patria, socialismo o muerte!

¡Venceremos!




mercredi 29 décembre 2021

José Leonardo Chirino

En mai 1795 dans l’ouest du Venezuela, un « zambo (métisse fils d’un noir et d’une indienne) libre » a pris la tête d’une insurrection d’esclaves considérée comme le premier mouvement indépendantiste du pays. À tel point que lors du bicentenaire de ce soulèvement, José Leonardo Chirino a réussi à « entrer » de façon symbolique dans le Panthéon National à Caracas, aux côtés de Simón Bolívar et des autres Pères de la Patrie.

Aujourd’hui Chirino est l’objet d’un débat politique très actuel au sujet de la construction de ce qu’on appelle le « socialisme bolivarien » impulsé par le président Hugo Chávez, au point que certains le considèrent comme l’un des premiers « socialistes » vénézuéliens.

José Leonardo Chirino était le fils d’un esclave et d’une indienne, raison pour laquelle il jouissait de sa liberté. Il travaillait au service de la famille Tellería de Coro, une ville de la côte ouest du Vénézuela. À cette époque, il voyagea dans le Saint Domingue français, futur Haïti et dans l’île voisine de Curaçao.

Là-bas, il s’informa de la révolution française et des luttes de la population esclave qui allait plus tard obtenir établissement d’une « république noire », en faisant d'Haïti le premier pays indépendant de l’Amérique Latine en 1804.

Jugé et démembré

Ce contexte semble avoir influencé la sphère personnelle de Chirino dont l’épouse et les enfants eux étaient esclaves, propriété de propriétaires d’haciendas de la région.

En mai 1795, il lança l’insurrection qui obtint un succès initial en occupant plusieurs haciendas des montages du sud de Coro, mais qui ne put finalement pas s’emparer de la ville.

La supériorité militaire des miliciens de la colonie fut fatale pour les insurgés dont une centaine allaient mourir. Chirino fut emmené à Caracas pour y être jugé. Il fut accusé de trahison au Roi et condamné à mort. Son corps démembré fut exhibé à divers endroits du pays

« Le premier élément de base pour l’insurrection se trouve dans le désir de liberté. Ils voulaient éliminer l’esclavage », a indiqué à BBC Mundo la professeure Fulvia Polanco, présidente de l’Association Culturelle José Leonardo Chirino et membre de la Red Afrovenezolana (Réseau Afrovénézuélien).

SourceAfrik.com

mardi 3 juillet 2018


Permettez-moi un commentaire initial qu’il faut prendre comme faisant parti des points préalablement soulevés par les délégations du Brésil, de la Chine, de l’Inde, et de la Bolivie — nous demandions la parole mais il n’a pas été possible de la prendre.
La représentante de la Bolivie — j’en profite pour saluer le président Evo Morales, qui est là-bas(Applaudissements), président de la République de la Bolivie — a dit parmi d’autres choses — j’ai pris note — : « Le texte présenté n’est pas démocratique, il n’est pas inclusif ».
J’arrivais à peine et nous nous asseyions quand nous entendons la Présidente de la séance précédente, la Ministre, dire qu’il y avait un document là, mais que personne ne connaît. J’ai demandé ce document, nous ne l’avons pas encore ; je crois que personne ne sait rien de ce document, top secret. Maintenant, certainement la camarade bolivienne l’a dit : « Il n’est pas démocratique, il n’est pas inclusif ».
Maintenant, mesdames, messieurs : est-ce que n’est pas précisément la réalité de ce monde ? Est-ce que nous sommes dans un monde démocratique ? Est-ce que le système mondial est inclusif ? Pouvons-nous attendre quelque chose de démocratique, inclusif du système mondial actuel ? Ce que nous vivons sur cette planète est une dictature impériale et depuis ici nous continuons de la dénoncer : A bas la dictature impériale et que vivent les peuples, la démocratie et l’égalité sur cette planète ! (Applaudissements).
Ce que nous voyons ici est reflet de cela : une exclusion. Il y a un groupe de pays qui se croient supérieurs à nous ceux du Sud, à nous le Tiers Monde, à nous les sous-développés, ou comme dit mon grand ami Eduardo Galeano, nous les pays écrasés comme écrasés par un train qui nous a roulé dessus durant l’histoire.
Ne nous étonnons donc pas de cela, ne nous étonnons pas : Il n’y a pas de démocratie dans le monde, et ici nous sommes, une fois encore, devant une preuve de la puissante dictature impériale mondiale.
Ici deux jeunes hommes sont montés [NDT : il parle de deux militants de Greenpeace], heureusement, les agents de l’ordre ont été décents, quelques poussées par là, et ils ont collaboré : non ?
Là-dehors il y a beaucoup de gens : vous le savez ? Clairement ils ne tiennent pas dans ce salon. J’ai lu dans la presse qu’il y a eu de multiples détentions, de multiples protestations intenses là dans les rues de Copenhague, et je veux saluer tous ces gens qui sont là-dehors, la plupart d’entre eux sont des jeunes(Applaudissements). Certes, ce sont des jeunes gens préoccupés beaucoup plus que nous je crois, et avec juste raison par l’avenir du monde. La majorité de ceux qui sont ici ont le soleil dans le dos ; ceux qui sont dehors ont le soleil devant eux et ils s’inquiètent beaucoup.
On pouvait me dire, monsieur le président, un fantôme parcourt le Copenhague, en paraphrasant Karl Marx, le grand Karl Marx. Un fantôme parcourt les rues de Copenhague, et je crois que ce fantôme marche en silence dans cette salle, il passe entre nous, il passe par les couloirs, sort par dessous, monte. Ce fantôme est un fantôme épouvantable, presque personne ne veut le nommer. Le capitalisme est le fantôme ! (Applaudissements) Presque personne ne veut le nommer, c’est le capitalisme. Là les peuples rugissent, là dehors ils sont entendus.
J’ai lu plusieurs slogans qui sont peints dans les rues, et je crois que les slogans de ces jeunes gens j’en ai entendu certains quand son venu le jeune homme et la jeune fille là-bas. Il y en a deux que j’ai noté, deux slogans puissants entendus parmi d’autres :
L’un est : « Ne changez pas le climat, changez le système » (Applaudissements), et je prends cette phrase pour nous : Ne changeons pas le climat, changeons le système et, par conséquent, nous commencerons à sauver la planète. Le capitalisme, le modèle de développement destructif est entrain d’en finir avec la vie, et menace certainement d’en finir avec l’espèce humaine.
L’autre phrase pousse à la réflexion, très en phase avec la crise bancaire qui a parcourue le monde et qui le frappe encore, et la manière dont les pays riches du Nord ont aidé les banquiers et les grandes banques ; les seuls États-Unis pour sauver des banques…, bon, j’ai perdu le chiffre, mais c’est astronomique. Ils disent dans les rues : « Si le climat était une banque, ils l’auraient déjà sauvé », et je crois que c’est vrai(Applaudissements). Si le climat était une banque capitaliste, les plus grands, les gouvernements riches l’auraient déjà sauvé.
Je crois qu’Obama n’est pas arrivé, il a reçu le Prix Nobel de la Paix presque le même jour où il envoyait encore 30 000 soldats pour tuer des innocents en Afghanistan, et il vient se présenter maintenant ici avec le Prix Nobel de la Paix le Président des États-Unis.
Les États-Unis ont la petite machine pour faire des billets, pour faire des dollars et ils ont sauvé…, bon, ils croient avoir sauvé les banques et le système capitaliste.
Bien, je ferme la parenthèse, c’est cela que je voulais faire là-bas, parce que nous levions la main pour accompagner le Brésil, l’Inde, la Bolivie, et la Chine, dans leur position intéressante que le Venezuela et les pays de l’Alliance Bolivarienne [NDT : l’Alba] partagent avec fermeté ; mais, bon, ils ne nous ont pas donné la parole, ne me comptez pas ces minutes, s’il vous plaît, Président, c’était pour dire cela(Applaudissements).
Eh bien, soyez fixés, en venant là j’ai eu le goût de connaître cet écrivain français, Hervé Kempf. Je recommande ce livre, je le recommande, il est traduit en espagnol — il est là Hervé — aussi en français, et en anglais sûrement, Comment les riches détruisent la planète, de Hervé Kempf. En cela il dit ce que le Christ a dit : « Il sera plus facile de faire passer un chameau dans le chas d’une aiguille, que de faire entrer un riche dans le royaume des cieux ». Le Christ Notre Seigneur a dit cela (Applaudissements).
Les riches détruisent la planète. Est-ce que cela veut dire qu’ils pensent partir ailleurs quand ils auront détruit ici, ils ont des plans pour partir pour une autre planète ? Jusqu’à présent onr n’a rien vu sur l’ensemble de la galaxie.
À peine j’ai reçu ce livre — Ignacio Ramonet me l’a offert, il est aussi ici dans la salle — et en terminant le prologue ou le préambule il y a cette phrase très importante. Kempf dit ceci : « Nous ne pourrons pas réduire la consommation matérielle au niveau mondial si nous ne faisons pas en sorte que les puissants descendent de quelques marches, et si nous ne combattons pas l’inégalité ; il est nécessaire d’avoir en tête le principe de base écologiste, si utile à l’heure de prendre conscience : penser globalement et agir localement, additionnons-y le principe qu’impose la situation : moins consommer et mieux distribuer ». Je crois que c’est un bon conseil que nous donne cet écrivain français Hervé Kempf.
Et bien, monsieur le président, le changement climatique est, sans doute, le problème environnemental le plus dévastateur de ce siècle : des inondations, des sécheresses, des orages violents, des ouragans, le dégel, la montée du niveau moyen de la mer, l’acidificacion des océans et des vagues de chaleur, tout cela accentue l’impact des crises globales qui nous frappent.
L’actuelle activité humaine surpasse les seuils de soutenabilité en mettant en danger la vie sur la planète ; mais face à cela aussi nous sommes profondément inégaux, je veux le rappeler. Les 500 millions de personnes les plus riches : cinq cents millions !, c’est 7% : sept pour cent !, seven percent de la population mondiale. Ceux là, les 7% sont responsables, ces 500 millions de personnes les plus riches sont responsables de 50% des émissions polluantes, tandis que les 50% plus pauvres sont responsable de seulement 7% des émissions polluantes.
C’est pourquoi j’attire l’attention, il est un peu bizarre de placer ici les États-Unis et la Chine au même niveau. Les États-Unis ont environ 300 millions d’habitants ; la Chine a presque cinq fois plus population que les États-Unis. Les États-Unis consomment plus de 20 millions de barils de pétrole quotidiens, la Chine arrive à peine à 5 ou 6 millions de barils quotidiens. On ne peut pas demander la même chose aux États-Unis et à la Chine. Je crains que là il faille discuter.
Que nous pouvions les chefs de l’état et de gouvernement nous asseoir et discuter vraiment, vraiment, de ces sujets.
Ensuite, monsieur le président, 60% des écosystèmes de la planète sont abîmés, 20% de l’écorce terrestre est dégradé. Nous avons été les témoins impassibles de la déforestation, de la transformation des terres, de la désertification, des altérations des cours d’eau douce, la surexploitation des ressources de la mer, de la contamination et de la perte de la diversité biologique. L’utilisation exacerbée de la terre dépasse de 30% sa capacité de régénération. La planète perd sa capacité de s’autoréguler, cela la planète le perd ; chaque jour plus d’ordures qui ne peut en être absorbé sont produites. La survie de notre espèce martèle la conscience de l’humanité.
Malgré l’urgence, deux ans de négociations se sont écoulés pour conclure une deuxième période de compromis sous le Protocole de Kyoto et nous assistons à ce rendez-vous qui se terminera sans accord réel et significatif.
Et, certes, sur le texte qui ne vient d’on ne sait où — comme l’a qualifié le représentant chinois — le Venezuela dit et les pays de l’Alba nous disons, que nous n’acceptons pas, comme nous l’avons déjà dit, aucun autre texte qui n’est pas celui qui provient des groupes de travail, du Protocole de Kyoto et de la Convention, ce sont les textes légitimes qui étaient discutés avec tant d’intensité durant ces dernières années et depuis des heures ici. Je crois que vous n’avez pas dormi ; en plus de cela vous n’avez pas déjeuné, vous n’avez pas dormi : hein ? Il ne me semble pas logique que sorte un document « qui vient de nulle part », comme on dit.
L’objectif scientifiquement soutenable pour la réduction des émissions de gaz polluants est d’obtenir un accord de coopération a long terme, et on dirait bien, aujourd’hui, à cette heure, que cela semble avoir échoué, pour l’instant. Quelle est la raison ? Sans aucun doute la raison est l’attitude irresponsable et le manque de volonté politique des nations les plus puissantes de la planète.

Personne ne doit se sentir offensé, je recours au grand José Gervasio Artigas qui a dit : « Avec la vérité pas d’offense pas de peur » ; mais, en vérité c’est une attitude irresponsable, d’avancées, de reculs, d’exclusion, d’une manière élitiste d’un problème qui se posent à tous et que nous pourrons seulement résoudre tous ensemble.

Le conservatisme politique et l’égoïsme des grands consommateurs, des pays les plus riches dénotent une haute insensibilité et un manque de solidarité envers les plus pauvres, les affamés, les plus vulnérables aux maladies, aux catastrophes naturelles.
Monsieur le président, un nouvel accord unique applicable est indispensable. Un accord unique appliqué à des parties absolument inégales, de part l’ampleur de leurs contributions et de leurs capacités économiques, financières et technologiques et qui est basée sur le respect stricte des principes contenus dans la Convention.
Les pays développés devraient établir des compromis inaliénables, clairs et concrets dans la diminution substantielle de leurs émissions et assumer les obligations d’assistance financière et technologique aux pauvres pays, pour faire face aux dangers destructeurs du changement climatique. En ce sens, la singularité des états insulaires et des pays les moins développés devrait être pleinement reconnue.
Monsieur le président, le changement climatique n’est pas le seul problème qui affecte aujourd’hui l’humanité ; d’autres fouets et injustices nous guettent, le fossé qui sépare les pays riches et pauvres n’a pas arrêté de s’agrandir, malgré tous les Objectifs du Millénaire, le Sommet de Monterrey sur le financement, tous ces sommets — comme le disait ici le Président du Sénégal, en dénonçant une grande vérité, des promesses et des promesses et des promesses inaccomplies, et le monde continue sa marche destructive.
Le total des revenus des 500 individus les plus riches du monde est supérieur aux total des revenus des 416 millions des personnes les plus pauvres. 2 800 millions de personnes vivent dans la pauvreté, avec moins de deux dollars par jour, cela représente 40% de la population globale : 40% de la population globale ! Qui obtiennent seulement 5% des revenus mondiaux.
Aujourd’hui environ 9,2 millions d’enfants par an meurent avant d’atteindre la cinquième année de vie, et 99,9% de ces morts arrivent dans les pays pauvres. Dans ces pays le taux de mortalité infantile est de 47 morts pour 1 000 naissances ; mais il est de seulement 5 pour 1 000 dans les pays riches. L’espérance de vie de la planète est de 67 ans, dans les pays riches elle est de 79, tandis que dans plusieurs nations pauvres cet âge est de seulement 40 ans.
S’ajoutent les 1 100 millions d’habitants qui n’ont pas accès à l’eau potable ; 2 600 millions sans service d’assainissement ; plus de 800 millions d’analphabètes et 1 020 millions de personnes affamées. C’est là la scène du monde.
Maintenant, la cause : quelle est la cause ? Parlons de la cause, ne fuyons pas les responsabilités, ne fuyons pas la profondeur de ce problème. La cause, sans doute — je reviens au sujet — de tout ce panorama désastreux est le système métabolique, destructif du capital et de son modèle incarné : le capitalisme.
Ici il y a une citation que je veux vous lire, brièvement, de ce grand théologien de la Libération, Leonardo Boff, comme nous savons, un brésilien, nuestroamericano.
Leonardo Boff dit, sur ce sujet, ce qui suit : « Quelle est la cause ? Ah !, la cause est le rêve de chercher le bonheur à travers de l’accumulation matérielle et le progrès sans fin, en utilisant pour cela la science et la technique, avec lesquelles toutes les ressources de la Terre peuvent être exploités sans bornes », et il cite ici Charles Darwin et sa sélection naturelle, la survie des plus forts ; mais nous savons que les plus forts survivent sur les cendres des plus faibles.
Jean Jacques Rousseau — faut-il toujours le rappeler — disait cela : « Entre le fort et le faible la liberté opresse ». C’est pourquoi l’empire parle de liberté, c’est la liberté pour opresser, pour envahir, pour assassiner, pour anéantir, pour exploser, c’est sa liberté. Et Rousseau ajoute la phrase salvatrice : « Seule la loi libère ».
Il y a plusieurs pays qui jouent à « ici il n’y a pas de document [secret] », parce que précisément ils ne veulent pas de loi, ils ne veulent pas de norme, parce que l’inexistence de cette norme leur permet de jouer leur liberté exploitante, leur liberté irrésistible. [immuable ?]
Faisons un effort et pressons-nous, ici et dans les rues, pour que sorte d’ici un compromis, que l’on sorte un document qui engage les pays les plus puissants de la Terre ! (Applaudissements).
Je vous demande, Président, Leonardo Boff : l’avez-vous connu, Boff ? Je ne sais pas s’il a pu venir Leonardo, je l’ai connu il y a peu au Paraguay ; je l’ai toujours lu — : « Une Terre finie peut-elle supporter un projet infini ? » La thèse du capitalisme : le développementisme infini, c’est un modèle destructif, acceptons-le.
Ensuite Boff nous demande : « Qu’est-ce que nous pourrions attendre de Copenhague ? ». À peine cette confession simple : ainsi que nous sommes nous ne pouvons pas continuer, et une intention simple : Allons-nous changer d’une direction ? Faisons-le, mais sans cynisme, sans mensonges, sans doubles calendriers, sans documents « venus de nulle part », avec la vérité en avant.
Jusqu’à quand, nous demandons-nous depuis le Venezuela, monsieur le président, mesdames, messieurs, jusqu’à quand allons-nous permettre de telles injustices et inégalité ? Jusqu’à quand allons-nous tolérer l’actuel ordre économique international et les mécanismes de marché en vigueur ? Jusqu’à quand allons-nous permettre que de grandes épidémies comme le Sida frappe des populations entières ?
Jusqu’à quand allons-nous permettre que les affamés ne puissent pas se nourrir ni nourrir leurs propres enfants ? Jusqu’à quand allons-nous permettre que des millions d’enfants continuent de mourir de maladies guérissables ? Jusqu’à quand allons-nous permettre des conflits armés qui massacrent des millions d’êtres humains innocents, pour s’approprier le pouvoir sur les ressources d’autres peuples ?
Arrêtez les agressions et les guerres, nous demandons nous les villages du monde aux empires, à ceux qui cherchent à continuer de dominer le monde et nous exploitent ! Plus de bases militaires impériales ni de coups d’État !
Construisons un ordre économique et social plus juste et équitable. Éradiquons la pauvreté. Arrêtons tout de suite les hauts niveaux d’émission, freinons la dégradation de l’environnement et évitons la grande catastrophe du changement climatique. Intégrons-nous dans le noble objectif d’être tous plus libres et solidaires !
Monsieur le président, il y a deux siècles presque un vénézuélien universel, un libérateur de nations et un précurseur de consciences, a laissé pour la postérité un apophtegme empli de volonté : « Si la nature s’oppose, nous lutterons contre elle et nous ferons qu’elle nous obéit ». C’était Simón Bolívar, Le Libérateur.
Depuis le Venezuela bolivarien, où un jour comme aujourd’hui, certes, depuis 10 ans exactement nous vivons la plus grande tragédie climatique de notre histoire, la tragédie de Vargas, comme on l’appelle ; depuis ce Venezuela dont la révolution essaie de conquérir une justice pour tout son peuple, ce qui est seulement possible par le chemin du socialisme…
Le socialisme, l’autre fantôme dont parlait Karl Marx, celui-là marche aussi par là ; ou plutôt c’est comme un contre-fantôme. Le socialisme, c’est la direction, c’est la direction pour le salut de la planète, je n’ai pas de moindre doute. Et le capitalisme est le chemin vers l’enfer, vers la destruction du monde.
Le socialisme, depuis ce Venezuela qui affronte les menaces de l’empire nord-américain, depuis ces pays nous façonnons l’ALBA, l’Alliance Bolivarienne, nous exhortons, avec respect, mais de tout mon âme j’exhorte, au nom de nombreux sur cette planète, les gouvernements et les peuples de la Terre, en paraphrasant Simón Bolívar,
Le Libérateur : si la nature destructive du capitalisme s’oppose, nous lutterons contre lui et nous feront qu’il nous obéisse, nous n’attendront pas des bras croisés la mort de l’humanité.
L’histoire nous appelle à l’union et à la lutte. Si le capitalisme résiste, nous sommes obligés d’engager la bataille contre le capitalisme et à ouvrir les chemins du salut de l’espèce humaine. Cela nous échoit, en levant les drapeaux du Christ, de Mahomet, de l’égalité, de l’amour, de la justice, de l’humanisme, du vrai humanisme le plus profond. Si nous ne le faisions pas, la création la plus merveilleuse de l’univers, l’être humain, disparaîtra : il disparaîtra !
Cette planète a des milliers de millions d’années, et cette planète a vécu milliers de millions d’années sans nous, l’espèce humaine ; c’est-à-dire qu’elle n’a pas besoin de nous pour exister. Maintenant, nous sans la Terre nous ne pouvons pas vivre, et nous cassons la Pachamama, comme dit Evo, comme disent nos frères aborigènes d’Amérique du Sud.
Finalement, monsieur le président, déjà pour finir, écoutons Fidel Castro quand il dit : « Une espèce est en danger d’extinction : l’homme ». Ecoutons Rosa Luxemburg quand elle dit : « Le socialisme ou la barbarie ». Ecoutons le Christ Rédempteur, quand il dit : « Bienheureux les pauvres, parce que le royaume des cieux sera pour ceux-ci ».
Monsieur le président, des mesdames et messieurs, soyons capables de faire de cette Terre ne soit pas la tombe de l’humanité, faisons de cette Terre un ciel, un ciel de vie, de paix et de fraternité pour toute l’humanité, pour l’espèce humaine.
Monsieur le président, des mesdames et messieurs, très grandes merci et bon appétit(Applaudissements)

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