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Simon Bolivar

dimanche 11 mai 2025


Port-au-Prince, 2 janvier 1816.

S. D. Luis Brión.

Mon cher ami :


Je suis enfin arrivé ici avant-hier soir ; hier était un jour férié et je n'ai pas pu voir Monsieur le Président. À l'instant, je viens de lui faire une visite qui m'a été aussi agréable que tu peux l'imaginer. Le président m'a paru, comme à tous, très bon. Sa physionomie annonce son caractère, et elle est aussi bienveillante que d'habitude. J'attends beaucoup de son amour de la liberté et de la justice. Je n'ai pu encore lui parler qu'en termes généraux. Dès qu'il me sera possible d'entrer en matière, je le ferai avec toute la réserve et la modération qu'exige notre malheureuse situation. Je vous rendrai compte de tout avec la franchise que je lui dois et que j'ai offerte.


J'écris en ce moment à mes amis pour leur dire à peu près la même chose qu'à vous sur notre affaire commune, et s'il arrive quelque chose d'important, je vous enverrai une lettre de ma part. En attendant, j'espère que vous ferez de même avec moi ; et je vous prie en passant d'essayer de réunir nos esprits pour que nous puissions mener à bien quelque entreprise utile sur la Terre Ferme.


J'ai déjà parlé pour que la goélette qui doit être la vôtre se rende au port où sont nos émigrants, d'après ce que vous m'avez dit.


Il règne ici une grande tranquillité ; tout montre un grand chagrin de la perte de Carthagène, bien qu'on espère toujours voir notre commerce rétabli. On parle beaucoup d'une guerre des États-Unis avec l'Espagne, et cela doit nous être extrêmement favorable à tous égards.


Je suppose que l'émigration y sera déjà apparue et sans doute dans un état bien pitoyable. Patience et essayons de remédier radicalement au mal. Formons à tout prix une patrie et tout le reste sera tolérable.


Adieu, mon cher ami. Je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments distingués et de mon amitié affectueuse.


SIMÓN BOLÍVAR.


jeudi 8 mai 2025


Aux Cayes Saint Louis, ce 29 janvier 1816.

[À Son Excellence Monsieur le Président d´Haïti]

Monsieur le President:

Ma reconnaissance est sans limite pour l'honneur que V. E. [Votre Excellence, ndlr] vient de me faire, par la lettre qu'elle a daigné m'écrire et par la bonté dont elle vient de m'accabler. Je le dis dans le fond de mon cœur ; vous êtes le premier des bienfaiteurs de la terre ! Un jour l'Amérique vous proclamera son libérateur, surtout ceux qui gémissent encore, même du joug républicain. Acceptez d'avance, Monsieur le Président, le vœu de ma patrie !

Notre botaniste, [
Francisco Antonio] Zea, prépare pour V. E. les semences des fleurs et des plantes, avec une description de leur culture ; comme cette description n'est pas encore au net, je me prive du plaisir de vous la faire parvenir par le dragon qui porte cette lettre à V. E. ; mais je m'empresse de vous envoyer les bouteilles de spécifiques contre le rhumatisme. Si elles étaient remplies des sentiments de mon cœur, elles ne vous donneraient pas la santé, mais l'immortalité qui vous attend.

J'ai l´honneur d'être avec la plus profonde vénération, Monsieur le Président, de V. E. le très humble et très obéissant serviteur,

Bolívar.

Certifié conforme à l'original.

Le Secrétaire Général. B. Inginac.

lundi 5 mai 2025


Port-au-Prince, le 9 octobre 1816.

À Son Excellence le Général Alexandre Pétion, Président d'Haïti.

Monsieur le Président :

La plume est un instrument fidèle pour transmettre librement les sentiments sincères que l'admiration m'inspire ! Si la flatterie est un poison mortel pour les âmes basses, l'éloge du mérite nourrit les âmes sublimes. Je me permets de vous écrire parce que je n'ose pas vous dire tout ce que j'éprouve pour vous. L'absence me pousse à exprimer le fond de mon cœur. Il est bien doux, sans doute, de remplir les devoirs de la reconnaissance ; mais ce n'est pas un devoir qui me dicte les hommages respectueux que je veux rendre.

Vingt-cinq ans de sacrifices, de gloire et de vertus vous ont valu le suffrage unanime de vos concitoyens, de tous les illustres étrangers et de ceux de la postérité qui vous attend. Ce n'est certes pas la puissance qui constitue l'attribut le plus glorieux de l'autorité qu'un peuple libre vous a confiée, ni celle qui constitue le véritable mérite de Votre Excellence. C'est une puissance supérieure à tous les empires : c'est celle de la charité. Votre Excellence est l'unique dépositaire de ce trésor sacré. Le Président d'Haïti est le seul à gouverner pour le peuple, il est le seul à commander à ses semblables. Les autres potentats, satisfaits d'être obéis, méprisent l'amour, qui fait la gloire de Votre Excellence.

Vous venez d'être élevé à la dignité perpétuelle de chef de la république par la libre acclamation de vos concitoyens, seule source légitime de tout pouvoir humain. Vous êtes donc destiné à faire oublier la mémoire du grand Washington [Père de l'Indépendance des États-Unis, ndlr], et à vous frayer une carrière des plus illustres, dont les obstacles sont plus grands que tous les moyens. Le héros du Nord n'a trouvé que des soldats ennemis à vaincre, et son plus grand triomphe a été celui de son ambition. Il faut tout vaincre, les ennemis et les amis, les étrangers et les nationaux, les pères de la patrie et même les vertus de vos frères. L'accomplissement de ce devoir ne vous sera pas très difficile, car vous êtes supérieur à votre pays et à votre époque.

Je prie Votre Excellence d'agréer, avec l'indulgence dont vous avez toujours fait preuve à mon égard, l'expression sincère d'une admiration sans bornes pour vos vertus, d'un respect pour vos talents et d'une gratitude pour vos faveurs.

Je suis votre très humble et très obéissant serviteur.

BOLIVAR

jeudi 23 janvier 2025


Visite du président Gustavo Petro en Haïti, un hommage à l'héritage de Bolivar et un engagement à renforcer les liens bilatéraux

lundi 16 octobre 2023


L'histoire nous appelle à Haïti en ces heures difficiles et douloureuses. Haïti : la première République noire du monde et la première République de Notre Amérique dès le 1er janvier 1804, après avoir vaincu les troupes napoléoniennes au terme de 12 années de combat (1791-1803). Haïti : celle des Jacobins noirs, de Toussaint L'Ouverture et d'Alexandre Petión. Haïti : celle de Miranda ; il y arrive avec son rêve de libérer tout un continent et, comme Bolivar, dix ans plus tard, il reçoit toute la solidarité et le soutien des Jacobins noirs ; c'est là que le Précurseur hisse notre drapeau pour la première fois, sur le mât du navire Leander, le 12 mars 1806.

Haïti : celle de Bolivar, celle de l'Expédition des Cayes (1816), qui eut l'appui inconditionnel de l'illustre Pétion, qui ne lui demanda que la liberté des esclaves. Ce n'est pas en vain que notre Libérateur l'a appelé "l'auteur de notre liberté". C'est là, au contact de la réalité de la "République la plus démocratique du monde", selon ses propres termes, que Bolivar acheva de forger son esprit révolutionnaire.

Haïti est donc une terre sainte pour nous.

L'héroïsme et la souffrance du peuple haïtien, son amour infini et sa grande espérance sont inscrits dans mon âme. En mars 2007, la force de leur amour et de leur espoir m'a fait courir avec eux dans les rues de Port-au-Prince, avec le sentiment d'être parmi des frères et des sœurs.

Ce tremblement de terre dévastateur s'ajoute à la tragédie sans fin que subit le peuple haïtien depuis tant d'années.

Pour Petión et Bolívar, il nous appartient de régler une dette historique. C'est pourquoi le Venezuela s'est mis à la disposition d'Haïti. Deux brigades humanitaires sont déjà dans le pays de Pétion et d'autres partiront bientôt. Nous avons également lancé la campagne de solidarité avec Haïti et le peuple vénézuélien y répond comme il sait le faire.

Pour Petión et pour Bolívar : nous vaincrons !

II

Les mesures économiques que nous avons prises répondent à la nécessité de faire face à une situation qui s'inscrit dans un processus de transition dynamique et complexe.

En matière économique, il n'y a pas de baguette magique qui puisse tout résoudre. Surtout lorsqu'il s'agit de garantir la souveraineté économique du pays.

Depuis que nous avons pris le contrôle des changes, nous évaluons de près le comportement de l'économie nationale, ce qui nous a permis d'atténuer les effets internes de la crise mondiale du capitalisme, qui a fini par déstabiliser toutes les économies régionales.

Aujourd'hui, nous sommes confrontés à l'urgence inexorable d'appliquer des mesures correctives de nature économique. Il est vrai que les décisions prises peuvent susciter des inquiétudes et des préoccupations, comme tout changement en suscite.

Je fais pleinement confiance à la conscience des citoyens et je sais qu'ils ne se laisseront pas piéger par les fausses alertes lancées par les médias pitianquis, qui tentent de faire croire que les portes de l'enfer se sont ouvertes et que le gouvernement va maintenant brûler dans son propre feu. Comme cela a été le cas jusqu'à présent, ils attendront l'effondrement total qu'ils appellent de leurs vœux.

Il n'y a pas de décision plus sage que celle qui est prise à temps et en réponse aux particularités du moment historique : l'autre consiste à étirer la ride ou à cacher la tête, et nous ne sommes pas prêts à le permettre.

Chaque pas que nous faisons dans la révolution comporte non seulement des risques mais surtout de nouveaux défis : nous avons démontré notre volonté de les affronter, avec responsabilité et engagement, en ayant à cœur les besoins les plus profonds du peuple vénézuélien.

La modification de la valeur de notre monnaie par rapport au dollar n'est que l'exemple le plus superficiel de ce que nous proposons réellement. En réalité et en vérité, nous réévaluons le bolivar en nous fixant de nouveaux défis.

En premier lieu, nous aurons plus de force pour affronter les pratiques spéculatives flagrantes qui n'ont fait que déformer financièrement la valeur réelle des biens et des services.

L'État, en ce sens, ne pouvait continuer à céder des avantages de change à ceux qui décidaient à leur guise de ce qu'ils importaient comme des biens nécessaires, qui étaient en fait des articles de luxe qu'ils vendaient à des prix incontrôlables.

C'est pourquoi le Plan national contre la spéculation a été créé cette semaine. Nous créons les conditions pour générer un véritable renforcement de l'industrie nationale qui satisfasse les intérêts nationaux les plus authentiques.

Nous ne pouvons pas continuer à importer sans mesure ce que nous sommes déjà en mesure de commencer à produire sur place. D'où l'appel à la bonne volonté des petits et moyens entrepreneurs et investisseurs qui souhaitent se joindre à nous dans cet effort pour forger un nouveau modèle économique.

Dans ce sens, nous avons créé mercredi dernier le Fonds du bicentenaire pour la production socialiste, qui constitue un premier pas dans la consolidation d'une politique de soutien à la souveraineté productive nationale.

Cela nous permettra non seulement de diversifier et d'augmenter la production de biens et de services pour répondre à nos besoins intérieurs les plus pressants, mais aussi d'acquérir une nouvelle force grâce à l'exportation de nos produits.

Que cette situation soit donc l'occasion, avec honnêteté et responsabilité, d'entreprendre fermement la construction d'un pays qui cesse d'être rentier et qui tranche le nœud gordien de la dépendance pétrolière.

Un problème central et transcendant de la voie vénézuélienne vers le socialisme réside dans la métamorphose globale du modèle rentier : dans le changement structurel du modèle d'accumulation capitaliste que nous avons ; un changement qui dépend de la diversification productive vers laquelle nous nous orientons pour surmonter définitivement le rentiérisme.

III

Je tiens à réitérer une orientation stratégique que j'ai énoncée vendredi dernier dans mon discours à l'Assemblée nationale à l'occasion de la présentation du rapport annuel et des comptes 2009 : nous devons continuer à démanteler le vieil État bourgeois et accélérer le processus de construction du nouvel État social et démocratique, fondé sur le droit et la justice, comme le prévoit notre Constitution. Il s'agit d'une nécessité historique et d'un impératif catégorique pour la continuité et l'approfondissement de la révolution bolivarienne, sur la voie du socialisme.

Nous ne devons pas donner de l'oxygène à l'État bourgeois. Au contraire, c'est un impératif de l'éloigner pour qu'il s'éteigne définitivement.

L'État bourgeois dispose encore d'espaces au sein de l'État qui émerge : à partir de ces espaces, il obstrue, sabote et entrave le processus de création de la nouvelle institutionnalité.

Nous avons un long chemin à parcourir avant que le nouvel État ne se consolide : nous sommes en transition vers lui. Sa consolidation dépend et dépendra de notre capacité à matérialiser le protagonisme du pouvoir communal, du pouvoir populaire dans toutes ses expressions.

Le pouvoir populaire est l'âme et la flamme d'une autre façon d'être l'État et le gouvernement. Nous devons réaliser ce que Kleber Ramirez a lucidement envisagé il y a de nombreuses années : "... le moment est venu pour les communautés d'assumer les pouvoirs de l'État, ce qui conduira administrativement à la transformation globale de l'État vénézuélien et socialement à l'exercice réel de la souveraineté par la société à travers les pouvoirs communaux".

La patrie, le socialisme ou la mort !

Nous vaincrons !

Publié originellement sur Cubadebate le 17 juin 2010 après le tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010 en Haiti.


EL ARTICULO EN ESPANOL


La historia nos está llamando a Haití en esta hora tan difícil y dolorosa. Haití: la primera República negra del mundo y la primera República de Nuestra América en fecha tan temprana como el 1° de enero de 1804, tras vencer a las tropas napoleónicas luego de 12 años de lucha (1791-1803). Haití: la de los jacobinos negros, la de Toussaint L'Ouverture y Alejandro Petión. Haití: la de Miranda; allá llegó con su sueño de liberar a todo un continente y como ocurriría con Bolívar, diez años más tarde, recibiría toda la solidaridad y el apoyo de los jacobinos negros; allá izó el Precursor por primera vez nuestra bandera, en el mástil del buque Leander el 12 de marzo de 1806.

Haití: la de Bolívar, la de la Expedición de los Cayos (1816) que contó con el respaldo sin condiciones del ilustre Petión, quien sólo le pidió la libertad de los esclavos. No en vano nuestro Libertador lo llamó "el autor de nuestra libertad". Allí, en contacto con la realidad de la "República más democrática del mundo" -son sus palabras-, Bolívar terminó de forjar el temple de su espíritu revolucionario.

Haití es, entonces, tierra santa para nosotros y nosotras.

Llevo inscrito en mi alma al heroico y sufrido pueblo haitiano con su infinito amor y su grandísima esperanza. En marzo de 2007 la fuerza de su amor y su esperanza me hizo correr, junto a él, por las calles de Puerto Príncipe, sintiéndome entre hermanos y hermanas.

Este devastador sismo se agrega a la tragedia infinita que padece el pueblo haitiano desde hace tantos años.

Por Petión y por Bolívar, nos toca saldar una deuda histórica. Por eso mismo, Venezuela se ha puesto a la orden de Haití. Ya están dos brigadas humanitarias en la Patria de Petión y pronto partirán otras. Igualmente, lanzamos la Campaña de Solidaridad con Haití y el pueblo venezolano está respondiendo como sabe hacerlo.

Por Petión y por Bolívar: ¡Venceremos!

II

Las medidas económicas que hemos tomado responden a la necesidad de salirle al paso a una situación que se enmarca en un proceso de transición dinámico y complejo.

No hay varitas mágicas que todo lo resuelvan en materia económica. Sobre todo cuando se trata de garantizar la soberanía económica del país.

Desde que asumimos el control de cambio a esta parte, hemos ido evaluando de cerca el comportamiento coyuntural de la economía nacional y esto nos ha permitido paliar los efectos internos de la crisis mundial del capitalismo, que terminó desestabilizando a todas las economías regionales.

Hoy nos vemos en la urgencia inexorable de aplicar correctivos de naturaleza económica. Cierto que las decisiones tomadas puedan causar zozobras e inquietudes, ya que todo cambio las propicia.

Tengo plena confianza en la conciencia del pueblo y sé que no va a caer en las falsas alarmas que los medios de comunicación pitiyanquis adelantan: pretenden hacer creer que se abrieron las puertas del infierno y que el Gobierno desde ahora arderá en su propio fuego. Como ha sido hasta ahora, se quedarán esperando el descalabro total que tanto ansían.

No hay más atinada decisión que la que se toma a tiempo y respondiendo a las particularidades del momento histórico: lo otro es estirar la arruga o esconder la cabeza y eso no estamos dispuestos a permitírnoslo.

Cada paso que damos en Revolución implica no sólo riesgos sino sobre todo nuevos retos: hemos demostrado nuestra disposición a enfrentarlos, con responsabilidad y compromiso, teniendo en el centro del corazón las más sentidas necesidades del pueblo venezolano.

Modificar el valor de nuestra moneda en relación al dólar es tan solo la instancia más superficial de lo que nos proponemos en el fondo. En realidad y en verdad, estamos revaluando el bolívar al proponernos nuevos retos.

En primera instancia, tendremos más fortaleza para enfrentar las groseras prácticas especulativas que no hacían otra cosa que distorsionar financieramente el valor real de los bienes y los servicios.

El Estado, en este sentido, no podía seguir cediendo beneficios cambiarios a quienes decidían a su antojo lo que importaban como bienes necesarios, siendo en realidad artículos suntuarios que vendían a precios incontrolables.

Por eso se creó esta semana el Plan Nacional Contra la Especulación. Estamos creando condiciones para generar un verdadero fortalecimiento de la industria interna que satisfaga los más genuinos intereses nacionales.

No podemos seguir importando sin medida aquello que ya estamos en la posibilidad de comenzar a producir en el país. De allí el llamado a la buena voluntad de los pequeños y medianos empresarios e inversionistas que deseen acompañarnos en este empeño de forjar un nuevo modelo económico.

En este sentido, el miércoles pasado creamos el Fondo Bicentenario de Producción Socialista, que viene a constituirse en un primer paso en la consolidación de una política de apoyo hacia la soberanía productiva nacional.

Esto nos permitirá no sólo diversificar y aumentar la producción de bienes y servicios para responder a nuestras más sentidas necesidades internas sino, además, adquirir una nueva fortaleza con la exportación de nuestros productos.

Sirva, pues, esta coyuntura para, con honestidad y responsabilidad, emprender con firmeza la construcción de un país que deje de ser rentista y corte el nudo gordiano de la dependencia petrolera.

Un problema central y trascendente de la vía venezolana al socialismo reside en la metamorfosis global del modelo rentista: en el cambio estructural del modelo de acumulación capitalista que tenemos; cambio que depende de la diversificación productiva hacia la que nos orientamos para superar definitivamente al rentismo.

III

Quiero reiterar un lineamiento estratégico que enuncié el pasado viernes en mi intervención en la Asamblea Nacional con motivo de la presentación de la Memoria y Cuenta del año 2009: debemos seguir desmontando el viejo Estado burgués y acelerar el proceso de construcción del nuevo Estado social y democrático, de derecho y de justicia, que manda nuestra Constitución. Es una necesidad histórica y un imperativo categórico para la continuidad y profundización de la Revolución Bolivariana, rumbo al socialismo.

No debemos darle oxígeno al Estado burgués. Por el contrario, quitárselo es un imperativo para que se extinga definitivamente.

El Estado burgués todavía tiene espacios dentro del Estado que está surgiendo: desde esos espacios entrampa, sabotea, obstaculiza el proceso de creación de la nueva institucionalidad.

Nos falta un trecho largo para que el nuevo Estado se consolide: estamos en transición hacia él. Su consolidación depende y dependerá de cuán capaces seamos de materializar el protagonismo del poder comunal: del poder popular en todas sus expresiones.

El poder popular es el alma y la llama de otra manera de ser Estado y Gobierno. Debemos hacer realidad lo que lúcidamente visualizara Kléber Ramírez hace muchos años: "... llegó la hora para que las comunidades asuman poderes de Estado, lo que conllevará administrativamente la transformación global del Estado venezolano y socialmente el ejercicio real de la soberanía por parte de la sociedad a través de los poderes comunales".

¡Patria, socialismo o muerte!

¡Venceremos!




samedi 24 avril 2021


 

jeudi 22 avril 2021

Quartier-général de Angostura, le 14 de Aout de 1818, 8°

A Monsieur le Président de la République d’Haïti. (Jean Pierre Boyer)

Monsieur le Président:

J’ai appris avec la plus grande sensibilité la mort du Mon­sieur le Président Pétion; son patriotisme, sa générosité, et toutes les autres qualités qui le caractérisaient, ont excité ma vénération, et celle de tous mes compatriotes, et elle sera aussi immortelle que son nom!

L’amitié et le désintéressement avec lesquels le peuple et les autorités de la République d’Haïti donnèrent l’hospitalité aux émigrés de la Cote Ferme, nous pénétrèrent de la plus vive reconnaissance, et en mon particulier, je formai des vœux pour sa prospérité, et pour la conservation des jours du digne chef qui le commandait.

Cette catastrophe, en trompant mes vœux, enlevé à Haïti l’un de ses plus braves défenseurs, et le prive de l’un de ses plus dignes citoyens.

Cependant, un milieu de tant de malheurs, les haïtiens doivent s’estimer heureux du nouveau choix qu’ils viennent de faire en vous nommant á la première magistrature de la République, et je vous prie de me permettre, Monsieur le Président, de vous présenter mes félicitations les plus sincères.

J’ai l'honneur de vous donner quelques détails sur l’état des affaires de Venezuela.

La campagne dernière aurait été, sans contredit, le terme du règne des espagnols, si quelques circonstances malheureuses, comme le manque de munitions, ne m’eussent pas obligé de retourner sur mes pas, jusqu’á ce que je sois à meme de frapper à coup sûr. Le moment n’est pas éloigné.

Nous avons reçu d’Angleterre, une grande quantité d’armes de toutes espèces, et nous en attendons encore, suivant les nouvelles que j’ai reçues de Londres. Le général Mac Gregor, doit arriver avant peu avec 2.000 hommes de troupes, et quelques bâtiments de guerre de première forcé, qui ont été achetés en Angleterre pour le compte de Petat.

L’Espagne se trouve dans un état très critique et la guerre entre elle et les Etats-Unis d’Amérique est inévitable; le gouvernement américain sera le premier, je crois, qui reconnaitra l’indépendance de Venezuela. J’espère même, que nous en recevrons quelques secours, car nous venons de recevoir Monsieur Irvine, député de ce Gouvernement, qui habite en cette capitale. Je serais très charmé de cette alliance, attendu qu’elle serait avantageuse a tous deux, et qu’il est indispensable que les gouvernements américains libres, se réunissent, afin de consolider leur indépendance et être à même de repousser les efforts de la tyrannie!

Nous avons la nouvelle positive de la prise de Quito et de Lima par les armées de Buenos Aires, et je viens d’envoyer des armes et des munitions aux patriotes de la Nouvelle Grenade pour terminer la pacification de ces provinces. Toutes les plaines de Caracas sont en notre pouvoir; nous avons des divisions sur tous les points essentiels, et la principale armée sera en état de lutter et détruire les derniers efforts du despotisme espagnol. Ce qui prouve la débilité de nos ennemis, c’est qu’ils abandonnent tout l’intérieur pour se concentrer sur Puerto Cabello et être à portée d’évacuer en cas de revers.

Enfin, Monsieur le Président, considérant l’état des choses sous le point de vue le plus impartial, la République ne s’est jamais trouvée dans une position aussi avantageuse, et je crois pouvoir assurer, que la fin de cette année verra le terme de la guerre dans Venezuela.

Je désire ardemment que Venezuela soit libre, afin de pouvoir ouvrir des rapports plus fréquents avec les braves haïtiens, et pouvoir leur témoigner les sentiments fraternels et amicaux, que les vénézuéliens leur portent, et mon particulier; je vous prie, Monsieur le Président, de recevoir les assurances de ma considération la plus distinguée, avec laquelle j’ai l'honneur d’être votre humble et obéissant serviteur.

BOLÍVAR

Certifié conforme a l’original.

Le Secrétaire General. B. Inginac.

TRADUCCIÓN

Cuartel general de Angostura, a 14 de agosto de 1818, 8°

Al señor Presidente de la República de Haití. (Juan Pedro Boyer).

Señor Presidente:

He sabido con el mayor sentimiento la muerte del Presidente Petión: su patriotismo, su generosidad y las demás virtudes que lo caracterizaban, han excitado mi veneración y la de todos mis compatriotas; esa veneración será tan inmortal co­mo el nombre de Petión.

La amistad y el desinterés con que el pueblo y las autorida­des de la República de Haití le dieron hospitalidad a los emi­grados de Tierra Firme, nos llenaron del más vivo reconoci­miento; y yo particularmente hice votos por su prosperidad y por la conservación de la vida del digno jefe que lo go­bernaba.

Esta catástrofe, burlando mis fervientes deseos, arrebata a Haití uno de sus más bravos defensores y le priva de uno de sus más dignos ciudadanos.

Sin embargo, en medio de tantas desgracias, los haitianos deben sentirse felices de la nueva elección que acaban de ha­cer llamando a V.E. a la primera magistratura de la República, y le ruego que me permita, señor Presidente, presentar a V.E. mis más sinceras felicitaciones.

Tengo el honor de dar a V.E. algunos datos acerca de los asuntos de Venezuela. Sin duda alguna la última campaña hubiera puesto fin al dominio de los españoles, si algTinas circunstancias desgracia­das, como la falta de municiones, no me hubiesen obligado a retirarme hasta que esté en aptitud de dar un golpe seguro. Este momento no está lejos.

Hemos recibido de Inglaterra gran cantidad de armas de todas clases, y esperamos aún más, según las noticias que he recibido de Londres. El general Mac Gregor, debe llegar en breve con 2.000 hombres de tropa y algunos buques de gue­rra de primer orden que han sido comprados en Inglaterra por cuenta del Estado.

Y La España se encuentra en un estado muy crítico, y la gue­rra entre ella y los Estados Unidos de América es inevitable; creo que el gobierno americano será el primero en reconocer la independencia de Venezuela. Espero, incluso, que nos pro­porcione algunos recursos, pues acabamos de recibir al señor Irvine agente de aquel gobierno, quien reside en esta capital. Me complacería mucho esta alianza, puesto que sería ventajosa para los dos países, y porque es indispensable que los gobiernos americanos libres se reúnan con el fin de consoli­dar su independencia y estar así en aptitud de rechazar los esfuerzos de la tiranía.

Tenemos noticias positivas de haber sido tomadas Quito y Lima por los ejércitos de Btienos Aires, y acabo de enviar ar­mas y municiones a los patriotas de la Nueva Granada para terminar la pacificación de esas provincias. Todos los llanos de Caracas están en nuestro poder; tenemos divisiones en to­dos los puntos esenciales y el ejército principal se hallará en condiciones de luchar, y destruir los últimos esfuerzos del des­potismo español. Lo que prueba la debilidad de nuestros ene­migos, es que abandonan todo el interior para concentrarse en Puerto Cabello y estar en posición de evacuar el país en caso de derrota.

En fin, señor Presidente, considerando el estado de las co­sas desde el punto de vista más imparcial, la República jamás se ha encontrado en posición tan ventajosa, y creo poder ase­gurar que el fin de este año verá el término de la guerra en Venezuela. Deseo ardientemente que Venezuela sea libre, con el fin de poder establecer relaciones más frecuentes con los valientes haitianos, y poder manifestarles los sentimientos fraternales y amistosos de los venezolanos hacia ellos, y los míos en par­ticular; le ruego, señor Presidente, reciba la seguridad de mi -más distinguida consideración, con que tengo el honor de ser de V.E. humilde y obediente servidor.

BOLÍVAR

Certificado conforme al original.

El Secretario General, B. Inginac.

Source : Les archives du Venezuela




Il y a deux cents ans, les deux chefs insurgés visualisaient l'avenir d'une grande partie de l'Amérique, sachant que l'effondrement du despotisme monarchique espagnol serait possible si le bastion le plus puissant de la couronne tombait: la Nouvelle-Espagne.

Après un long et rude voyage, Xavier Mina (1789-1817) débarque à Norfolk, en Virginie (États-Unis) le 1er juillet 1816. Il avait vingt - sept ans cette chaude journée. Sa prochaine étape était de former et de soutenir une expédition pour libérer la Nouvelle-Espagne du joug de la Péninsule ibérique et ainsi soutenir la République mexicaine projetée. Cependant, la situation difficile qu'il connaît dans le nord du pays l'amènera à naviguer dans les Caraïbes pour rencontrer dans le Saint-Domingue français (Haïti) avec le Caracas Simón Bolívar (1783-1830), qu'il tentera de convaincre de rejoindre la direction dans ses rangs. Un événement significatif que cette 2016 marque deux cents ans.

Le jeune Mina venait d'organiser une guérilla pour contrer Napoléon et ses troupes d'invasion en Espagne, en 1808. Des années plus tard, en 1814, il fait la première déclaration armée contre le régime absolutiste du roi Ferdinand VII, il doit donc se réfugier en Angleterre vers avril 1815. Cependant, à Londres, il rencontra le nouveau prêtre espagnol Servando Teresa de Mier, qui-on suppose-le convainquit de continuer sa lutte contre le monarque bourbon, mais cette fois des dominions américains en cherchant l'indépendance de la Vice-Royauté de Nouvelle-Espagne, d'où il obtint la plupart des ressources pour se maintenir au pouvoir, tout en donnant la liberté à un peuple qui saignait en cherchant son émancipation.

Atterrissage stratégique

Déjà aux États-Unis, Mina cherchait un soutien militaire et financier auprès d'hommes d'affaires et de particuliers américains, ainsi que de patriotes sud-américains stationnés là-bas et de certains membres des loges opérant en secret.

Cependant, il a fallu peu de temps pour confirmer le pire scénario pour ses plans: la fusillade de José María Morelos et la dissolution du Congrès d'Anahuac, formé en décembre de l'année précédente. Avec de telles nouvelles, il laissa son expédition dans les airs, sans gouvernement ni leader accrédité pour la soutenir, car son financement reposait sur la reconnaissance et le respect par le gouvernement patriotique des engagements qu'il avait acquis.

Simon Bolivar en Haïti

Mina avait également appris que Simón Bolívar faisait partie des insurgés asiles et ne manquerait pas l'occasion de l'interviewer pour essayer de l'ajouter à son expédition. Et c'est que, avec le docteur Mier, il avait rencontré à Norfolk le Caracas Felipe Estévez, qui leur a parlé de l'emplacement et des plans émancipateurs de Bolivar sur cette île.

Dans une lettre du 21 juillet 1816, Xavier commenta à Bolivar la cause de son expédition et les progrès dans lesquels il était, en plus de l'inviter à la rejoindre et de promettre que, après avoir obtenu le triomphe, il correspondrait à faire de même au Venezuela. Il lui a également indiqué qu'il avait intérêt à le rencontrer et que, s'il acceptait, il irait lui rendre visite en Haïti pour discuter des projets libertaires des deux et essayer de les intégrer dans un plan global.

Bolivar a dû répondre par l'affirmative, car fin septembre, il l'attendait déjà à Port-au-Prince. "Nous attendons à chaque instant le général Mina - commenta-t-il avec enthousiasme à son ami Maxwell Hyslop le 26 septembre -, qui à la tête d'une expédition doit se diriger vers le Mexique”.

Une rencontre pleine d'attentes

Francisco Javier Mina

Les bateaux qui ont avancé vers Mina se sont séparés au cours des deux jours. Caledonia est arrivé à Port-au-Prince après dix-sept jours, et à ce moment-là, le Brigantin Calypso était là. Le lendemain, un ouragan s'est déclaré, provoquant l'échouage de ce dernier sur la côte et de nombreux dégâts.

De son côté, Bolivar attendait avec impatience Mina, et c'est ce qu'il mentionne dans une nouvelle lettre en français, datée du 4 octobre, à M. Hyslop: “[l'expédition] est destinée au Mexique et déjà une partie est arrivée à Port-au-Prince où le général est attendu tous les jours. Sa lettre est pleine d'éloges qu'il me fait qu'il serait trop long de le détailler ici.”

Après avoir fondé la deuxième république vénézuélienne et après avoir subi une grave défaite à Ocumare contre les royalistes, Bolivar était réfugié sur l'île et a tenté de se regrouper avec le soutien du dirigeant d'Haïti, à qui il a exposé les avantages de l'indépendance du Venezuela et offert en compensation la liberté des esclaves dans la nouvelle nation. Cependant, la proposition de collaborer avec Mina l'a immédiatement attiré. Pour le chercheur Francisco Cuevas Cancino, Bolivar attendait le Navarrais avec enthousiasme, car " c'était un guerrier venu d'outre-mer le chercher, qui lui apportait de nouveaux plans, et surtout dans ces mauvais moments, il lui apportait de l'espoir”.

En ce mois d'octobre 1816, Port-au-Prince offrait une situation particulière: y étaient ancrés, la Calypso et la Mine Caledonia, ainsi que la cible des insurgés vénézuéliens, sans la Flore et le Railleur, drapeau français, sous le commandement du vicomte de Fontanges, qui avait pour mission de persuader Pétion de revenir au domaine de la gaule, et d'ouvrir davantage le commerce entre la France et son ancienne possession.

De son côté, la Couronne espagnole pressait constamment le gouvernement haïtien de changer d'attitude, mais Pétion, avec une habile diplomatie, réfutait les accusations hispaniques sous prétexte qu'elle n'obéissait qu'aux normes humanitaires de sa nation et aux principes du droit des personnes, en vertu desquels elle ne pouvait nier l'hospitalité aux Exilés. Cependant, il a soutenu en même temps qu'il s'est abstenu de les aider dans des intentions allant au-delà de ces principes. Xavier est arrivé en Haïti jusqu'au 12 octobre et a retrouvé ses bateaux en réparation grâce à l'aide qu'ils ont reçue de Pétion lui-même. Mais les problèmes ne se sont pas terminés. Après son arrivée sur l'île, il déserta un grand nombre d'Anglo-Américains-probablement faute d'incitations économiques-et d'autres l'abandonnèrent pour cause de maladie. Il avait alors dépensé plus de six mille dollars.

Grâce à l'intervention du marchand et agent britannique en Haïti, Robert Sutherland, cette perte a été compensée par l'intégration de certains officiers qui avaient fait défection d'une frégate française en raison des intrigues des Anglais lui-même. Et c'est que, à cette époque, il était l'étranger le plus influent et a participé, à travers Robert Sutherland & Cie, dans toutes les activités officielles et privées du gouvernement de l'île.

Le lendemain de son arrivée, le 13 octobre, Xavier se rendit à sa rencontre tant attendue avec Simón Bolívar chez Sutherland, dans une atmosphère pleine d'attentes pour les deux insurgés. Il semble qu'ils aient ouvert la conversation avec leurs expériences sur les fronts de bataille. Mina lui racontera comment il a décidé de lancer une guérilla dans sa Navarre natale et la réponse donnée par son oncle Francisco Espoz –plus tard célèbre en Espagne– quand il a expliqué ses intentions. Il disait à l'homme de Caracas que son oncle ne l'écoutait que dans le silence et, quand il a conclu “ "il lui a répondu froidement, montrant une potence qui était près de l'endroit où ils ont donné des conférences:" Gardez à l'esprit que ce sera votre destin si votre plan échoue.’”

Tous deux étaient de jeunes hommes instruits et appartenaient à la même génération d'Hispaniques; Bolívar n'avait que six ans de plus. Bien que dans des circonstances très différentes et à des moments différents, les deux avaient été à Londres, Paris, Madrid et Philadelphie. Maintenant, ils étaient rassemblés en Haïti, où leurs intentions libertaires pour l'Amérique espagnole coïncidaient. Il était seulement nécessaire de convenir de la possibilité d'une action commune.

Dans cette conversation et les conversations suivantes, Xavier a essayé de convaincre Bolivar de rejoindre la direction de son projet libertarien New Spain. Comme dans sa lettre à P. Y A. (Ignacio Pavón et Mariano Almanza), de septembre 1816, Xavier lui a probablement assuré qu'en séparant l'Amérique de la péninsule, ils mettraient fin au “Colosse du despotisme”. "Le Mexique est le cœur du Colosse", a-t-il écrit, " et c'est auprès de qui nous devons rechercher le plus vivement l'indépendance. J'ai juré de mourir ou de l'obtenir, je me rends compte dès qu'il est de mon côté le vote des bons Espagnols, ainsi que des Américains”.

Simon n'était pas loin de cette idée, parce que dans sa Lettre de Jamaïque, le 6 septembre 1815, avait écrit que je savais en Nouvelle-Espagne, le combat est maintenu à une force de sacrifices humains, “eh bien, rien sauf les espagnols avec telle qu'ils parviennent à se soumettre à ceux qui ont eu le malheur d'être né dans ce sol, qui semble destiné à être trempé avec le sang de leurs enfants. Malgré tout, les Mexicains seront libres, parce qu'ils ont embrassé le parti de la patrie, avec la résolution de venger leur passé ou de les suivre dans la tombe”.

Et bien qu'en réalité Bolivar ait prévu de se rendre en Angleterre à la recherche d'un soutien pour une nouvelle expédition au Venezuela, la proposition du Navarre l'a fait douter du chemin qu'il devrait emprunter.

"Je suis venu ici avec l'intention de faire encore quelque chose sur la côte ferme, qui a principalement besoin d'armes, de munitions et de navires, a-t-il écrit en français à l'amiral Luis Brión, en octobre 14 -. Je suis déterminé à exécuter un projet, mais je ne sais pas si l'arrivée du général Mina me fera changer de plan. Je l'ai vu hier et nous avons parlé très franchement; ce qu'il m'a communiqué me fait beaucoup attendre. Voici ce qui peut influencer ce que j'avais entrepris de faire. Cependant, je ne suis pas encore bien décidé."

Mina a écrit à son subordonné, Mariano Montilla de Caracas, au sujet de l'avancement de l'expédition et des entretiens avec son compatriote. "Voici Bolivar a-t-il a informé le 17 octobre -, nous nous voyons tous les jours". La situation a été soulevée, le Navarrais avait exposé ses raisons et ne restait plus qu'à attendre la décision du rebelle vénézuélien.

Source : https://relatosehistorias.mx/nuestras-historias/xavier-mina-se-reune-con-simon-bolivar-en-haiti (Traduit de l'espagnol par Haïtianaute)

Auteur : Gustavo Pérez Rodríguez

mercredi 21 avril 2021


Aux Cayes, le 4 mars 1816.

A Son Excellence Monsieur le Président d’Haïti.

Monsieur le Président:

J’envoie le lieutenant colonel Chipia, mon aide de camp, qui aura l’honneur de remettre cette dépêche à V. E. Je la prie d’agréer mes remerciements pour tout ce qu’elle a eu la bonté de faire pour seconder mes projets, ainsi que de ses résolutions relatives aux prétendus mexicains, qui n’avaient d’autres projets que de détourner les moyens applicables à mon expédition, pour la détruire. 

Je me vois encore dans la nécessité d’importuner V. E. pour de nouveaux secours; elle sentira de quelle urgence ils sont pour l’exécution de mes projets. Je compte sur sa générosité et sa bienveillance, et espère trouver dans l’intérêt qu’elle m’a témoigné, une excuse à mon importunité. 

Voici la note de mes besoins, que je prie V. E. de prendre en grande considération: 4.000 fusils, sans compter les 3.000 pour lesquels les ordres sont déjà délivrés; 100.000 cartouches (au moins); 30.000 livres de poudre; 30.000 livres de plomb. 

En ajoutant ce nouveau service à ceux que nous avons déjà reçus de votre bienfaisance, l’expédition qui serait retardée, et peut-être inexécutable, mettra de suite à la voile. 

Que V. E. daigne me continuer sa bienveillance, et à la cause de ma patrie, l’intérêt qu’elle lui porte; accompagné de ses vœux, et comblé de ses bienfaits, je suis assuré de vaincre.

L’Amérique pénétrée de reconnaissance lui conservera un souvenir éternel.

Agréez l’hommage de ma haute considération et croyez aux sentiments d’estime avec lesquels j’ai l’honneur d’être, Monsieur le Président, de V.E., le très humble et très obéissant serviteur.

BOLÍVAR.

Certifié conforme à l’original. Le Secrétaire General B. Inginac.

TRADUCCIÓN

Los Cayos, 4 de marzo de 1816.

A S. E. el señor Presidente de Haití.

Señor Presidente:

Envío al teniente coronel Chipia, mi edecán, quien tendrá el honor de entregar este despacho a V. E. Sírvase V. E. aceptar mi agradecimiento por todo lo que ha tenido la bondad de hacer para secundar mis proyectos, así como por las resoluciones de V. E. relativas a los pretendidos mejicanos, cuyas miras no eran otras que distraer los recursos aplicables a mi expedición para destruirla.

Me veo obligado a importunar una vez más a V. E. pidiéndole nuevos socorros; V. E. comprenderá de cuánta urgencia son para la ejecución de mis proyectos. Cuento con la generosidad y benevolencia de V. E. y espero que el interés que V. E. ha mostrado hacia mí sirva de excusa a mi importunidad.

He aquí la nota de lo que necesito, que suplico considere V. E. con la mayor atención:

4.000 fusiles, sin contar los 3.000 para los cuales se han librado ya las órdenes;

100.000 cartuchos (por lo menos); 30.000 libras de pólvora; 30.000 libras de plomo.

Añadiendo este nuevo servicio a los que ya hemos recibido de la benevolencia de V. E., la expedición, que sin esto se retrasaría y tal vez sería irrealizable, se hará a la vela de inmediato.

Dígnese V. E. continuar dispensándome su benevolencia, y a la causa de mi patria el interés que por ella siente. Llevando conmigo los votos de V. E. y colmado de sus favores, estoy seguro de vencer.

La América, llena de reconocimiento, conservará eternamente el recuerdo de V. E.

Acepte el homenaje de mi mayor consideración y crea en los sentimientos de estima con que tengo el honor de ser, señor Presidente, de V. E. muy humilde y obediente servidor.

BOLÍVAR.


Source : Les archives du Libertador

mardi 20 avril 2021


Aux Cayes, le 8 février, 1816.

À son Excellence Monsieur le Président d’Haïti.

Monsieur le Président :

Je suis accablé du poids de vos bienfaits. M. Villeret est de retour et Votre Excellence s'est parfaitement occupée de lui. En tout, vous avez montré que vous êtes magnanime et indulgent.

Nos affaires sont presque réglées et, sans doute, dans une quinzaine de jours, nous serons en état de partir. Je n'attends rien d'autre que vos dernières faveurs et, si je le peux, j'irai moi-même vous exprimer toute l'étendue de ma gratitude.

Par M. Inginac, votre digne secrétaire, j'ose encore vous adresser de nouvelles supplications.

Dans ma proclamation aux habitants du Venezuela, et dans les décrets que je vais rendre pour la liberté des esclaves, je ne sais s'il me sera permis d'exprimer les sentiments de mon cœur à l'égard de votre Excellence, et de léguer à la postérité un monument irrécusable de votre philanthropie.

Je ne sais pas, dis-je, si je dois vous désigner comme l'auteur de notre liberté. Je prie Votre Excellence de bien vouloir me faire connaître ses souhaits à cet égard.

Le lieutenant-colonel Valdés vous adresse une requête que je me permets de recommander à votre générosité.

Veuillez accepter, Monsieur le Président, les hommages respectueux de la haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être le très humble et obéissant serviteur de Votre Excellence.


BOLÍVAR.

TRADUCCIÓN

Los Cayos, 8 de febrero de 1816.

A Su Excelencia el Señor Presidente de Haití.

Señor Presidente:

Estoy agobiado bajo el peso de sus beneficios. El señor Villeret ha regresado, atendido de un modo inmejorable por V. E. En todo se muestra V. E. magnánimo e indulgente.

Nuestros asuntos están casi arreglados; y sin duda dentro de unos quince días estaremos en condiciones de partir. No aguardo sino sus últimos favores; y si me es posible, iré yo mismo a expresarle toda la extensión de mi gratitud.

Por el señor Injinac, su digno Secretario, me atrevo aún a hacerle nuevas súplicas a V. E.

En mi proclama a los habitantes de Venezuela y en los decretos que debo expedir para la libertad de los esclavos, no sé si me será permitido expresar los sentimientos de mi corazón hacia V. E., y legar a la posteridad un monumento irrecusable de su filantropía.

No sé, digo, si debería nombrar a V. E. como el autor de nuestra libertad. Yo suplico a V. E. que se sirva manifestarme su voluntad al respecto.

El Teniente Coronel Valdés le dirige una petición que me permito recomendar a la generosidad de V. E.

Sírvase aceptar, Señor Presidente, los respetuosos homenajes de la alta consideración con la cual tengo la honra de ser de V. E., el muy humilde y obediente servidor.


BOLÍVAR.



dimanche 16 février 2020

République d'Haïti


Au Port-au-Prince, le 26 janvier 1816, an 13 de l'Indépendance

ALEXANDRE PÉTION, Président d'Haïti au Général Marion, commandant de l'Arrondissement des Cayes

Des raisons que je ne dois pas confier au papier mon cher général, mais qui tendent grandement à consolider la République, me commandent de vous inviter, par la pré­sente, à mettre à la disposition du général Bolívar, deux mille fusils et leurs baïonnettes de ceux déposés à l'arse­nal des Cayes par M. Brion ; vous mettrez aussi à sa dis­position le plus de cartouches et de pierres à fusil que vous pourrez, en ne gardant surtout des cartouches, qu'une pe­tite quantité. Vous ferez sortir ces objets comme envoi fait à la Grand-Anse, en les chargeant à bord d'un bâtiment dont le capitaine que vous placerez à bord et l'équi­page seront dignes de votre confiance, et ce bâtiment une fois dehors et d'une manière à ne point être aperçu, allongera celui que le général Bolívar destinera pour recevoir ces ob­jets, et les transmettra à son bord. Il est à propos que cela ne transpire pas, et je repose sur les précautions que vous prendrez à cet égard. 

Je vous salue d'amitié. 


Signé : PÉTION



République d'Haïti


Au Port-au-Prince, le 26 janvier 1816, an 13 de l'Indépendance


ALEXANDRE PÉTION, Président d'Haïti au Général Marion, commandant de l'Arrondissement des Cayes

Je vous recommande mon cher général, de faire délivrer par l'administration des Cayes, aux malheureux réfugiés de Carthagène et dépendances, une ration en pain et salaisons. C'est un acte d'humanité digne du gouvernement de la République. Vous présenterez la présente lettre à l'administrateur ADAM.

Je vous salue d'amitié.


Signé : PÉTION

mercredi 25 décembre 2019

Alexandre Pétion, Président d'Haïti



Simon Bolivar, libérateur d'Amérique du Sud



Lettre de Simon Bolivar au Président haïtien Alexandre Pétion l'annonçant sa volonté de visiter Haïti à la recherche d'appuis financiers et militaires pour libérer le Venezuela et la Nouvelle Grenade (la Colombie et l'Equateur).


Kingston, le 19 décembre 1815.

À Mr. le Président Pétion,

Chef Suprême de la République d’Haïti.

Monsieur le Président:

Depuis bien longtemps j’ambitionne l’honneur d’être en communication avec Votre Excellence, et de lui témoigner les profonds sentiments d’estime et de reconnaissance, que m’ont inspiré ses talents distingués, et ses bienfaits sans nombre envers mes trop malheureux compatriotes ; mais j’ai toujours craint d’importuner Votre Excellence en détournant un seul instant son attention des soins importants qui l’occupent.

Les circonstances, Mr. le Président, me forcent, heureusement pour moi, à me rendre dans l’asile de tous les républicains de cette partie du monde : je dois visiter le pays que Votre Excellence rend heureux par sa sagesse. II faut que je retourne dans ma patrie en passant par celle de Votre Excellence ; et puisque la fortune me présente l’inappréciable occasion de la connaitre et de l’admirer de prés (si elle veut bien me le permettre) je me rendrai auprès d’elle dans le moment même où j’arriverai aux Cayes, où quelques-uns de mes amis m’attendent pour traiter avec moi sur les affaires de l’Amérique du Sud.

Je me flatte, Mr. le Président, que l’affinité de nos sentiments pour défendre les droits de notre patrie commune, m’attireront auprès de Votre Excellence les effets de son inépuisable bienveillance envers tous ceux qui n’y ont jamais vainement recouru.

J’ai l’honneur d’être avec la plus haute considération, Monsieur le Président, de Votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur.

SIMÓN BOLÍVAR.

Certifié conforme á l’original. Le Secrétaire Général B. Inginac.

TRADUCCIÓN

Kingston, 19 de Diciembre de 1815.

Al Señor Presidente Petión,

Jefe Supremo de la República de Haití.

Señor Presidente:

Hace mucho tiempo que ambiciono el honor de ponerme en comunicación con V. E. y de manifestarle los profundos sentimientos de estima y reconocimiento que me han inspirado sus distinguidas dotes y sus innumerables bondades hacia mis muy desdichados compatriotas; pero siempre he temido importunar a V. E. distrayendo su atención por un solo instante de los importantes cuidados que la ocupan.

Las circunstancias, señor presidente, me obligan, afortunadamente para mí, a dirigirme al asilo de todos los republicanos de esta parte del mundo: debo visitar el país que V. E. hace feliz con su sabi­duría. Para regresar a mi patria debo pasar por la de V. E.; y ya que la fortuna me ofrece la inapreciable ocasión de conocer y ad­mirar de cerca a V. E. (si V. E. tiene a bien permitírmelo) iré a presentarme a V. E. en el momento mismo en que llegue a los Cayos, donde algunos de mis amigos me aguardan para tratar con­migo los asuntos de la América del Sur.

Tengo la esperanza, señor presidente, de que nuestra afinidad de sentimientos en defensa de los derechos de nuestra patria común me granjeará por parte de V. E. los efectos de su inagotable bene­volencia hacia todos aquellos que nunca recurrieron a ella en vano.

Tengo el honor de ser de V. E. con la mayor consideración, señor presidente, su muy humilde y obediente servidor.

SIMÓN BOLÍVAR.

Certificado conforme al original.

El Secretario General B. Inginac.


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