mercredi 18 février 2026
La tactique Yo-Yo d'Haïti
L'entraîneur haïtien Tassy appelle sa tactique le "yo-yo", qui repose sur la maxime : "tous en défense - tous en attaque".
Cette tactique a donné des résultats positifs pendant la première mi-temps du match contre l'Italie, lorsque les "Azzurri" jouaient, selon les journalistes, de façon catastrophique. Mais quand ils ont élargi leur jeu sur les deux ailes, les Haïtiens ont capitulé, malgré leur excellent gardien.
La presse ouest-allemande rapporte quelques curiosités sur l'équipe haïtienne. Chaque jour, le président et dictateur de cette île des Caraïbes, Duvalier, téléphone à l'équipe (chaque conversation coûte des milliers de marks) pour donner des instructions sur la manière de jouer. L'équipe est traitée par Duvalier comme un jouet ou un instrument destiné à rehausser le prestige de son régime.
Il a même promis à l'équipe 300 000 dollars de prime (environ 750 000 marks allemands) en cas de victoire contre l'Italie, et 500 000 marks pour un match nul. Et cela sur le Trésor public, écrit la presse, d'un pays dont le revenu par habitant figure parmi les plus bas au monde.
Certains joueurs haïtiens souhaitent rester en Europe après le championnat pour jouer dans des clubs professionnels. On parle notamment du gardien Francillon et de l'attaquant Sanon.
DANIEL LULIŃSKI
Nota : L'article a été publié initialment en langue polonaise dans le journal Trybuna Ludu (Tribune du Peuple) le 19 juin 1974. Il a été traduit en langue française par nos soins.
mardi 17 février 2026
DÉCLARATION DE SOLIDARITÉ AVEC LES COMMUNISTES ET DÉMOCRATES D'HAÏTI
Les représentants de 75 partis communistes et ouvriers réunis à Moscou ont appris avec colère et indignation la nouvelle des nouvelles arrestations massives ainsi que des assassinats bestiaux perpétrés contre les communistes, les démocrates et autres patriotes haïtiens.
Il y a quelques jours ont été assassinés les camarades Gerard Brisson, Daniel Sansaric, Gerard Wadestrandt, Jacques Jeaneau ainsi que d'autres dirigeants communistes connus. La vie du secrétaire général du Comité Central du Parti Communiste Unifié Haïtien, le camarade Joseph Rhonet, qui a été capturé par les bourreaux de Duvalier, est en danger.
Pendant 12 ans, le régime tyrannique de Duvalier, qui ne se maintient au pouvoir que grâce au soutien des monopoles américains, a transformé le pays en camp de concentration.
Les persécutions sanglantes, les tortures, les condamnations à mort, la législation anti-populaire, en particulier l'abolition de la loi sur le droit d'asile — tout cela vise à briser la résistance des patriotes haïtiens. L'offensive principale du régime de Duvalier est dirigée contre les membres du Parti Communiste Unifié Haïtien — ces héroïques combattants pour la liberté et l'indépendance ainsi que pour l'avenir radieux de leur patrie.
La Conférence des Partis Communistes et Ouvriers exprime sa solidarité fraternelle avec les communistes et démocrates d'Haïti qui, dans des conditions de clandestinité profonde, risquant leur vie quotidiennement, poursuivent leur lutte sacrificielle contre la tyrannie.
La Conférence appelle les masses laborieuses, les forces démocratiques et progressistes de tous les pays à exiger résolument la fin de la terreur, des assassinats et des persécutions dirigés contre les communistes haïtiens et autres patriotes.
Mémoire éternelle aux héros qui ont donné leur vie dans la lutte contre la tyrannie, pour la liberté et l'indépendance de la patrie, pour le socialisme !
Liberté pour le camarade Joseph Rhonet !
Liberté pour tous les prisonniers politiques d'Haïti !
Nota : Le texte est tiré du journal polonais Nowe Drogi (Nouvelles Voies - revue du Parti Ouvrier Unifié Polonais). Il a été traduit en langue française par nos soins.
lundi 16 février 2026
Soulèvement en Haïti contre le régime d'assassinats américain
Grève générale des ouvriers noirs — L'Amérique envoie des navires de guerre
Newport, 8 décembre. D'après des dépêches en provenance de Washington, vendredi à Cayes en Haïti, un incident grave s'est produit. Des troupes de marines américaines ont ouvert le feu sur 1500 grévistes qui se rassemblaient près du port. On déplore 9 morts et 15 blessés. Le navire de guerre "Bright" appareille aujourd'hui avec 360 hommes de troupes de marines comme renfort pour Haïti. À son bord se trouvent de nombreux avions équipés de 18 mitrailleuses et d'un million de cartouches de munitions. En Haïti, l'état de siège a été proclamé.
Les méthodes terroristes de l'impérialisme américain, dirigées contre la grève déclenchée il y a quelques jours par les enseignants et d'autres corporations, ont reçu pour réponse une grève générale.
Police et armée sont intervenues brutalement contre les grévistes, ont procédé à de nombreuses arrestations et ont "rétabli le calme". Hoover a adressé un message spécial au Congrès dans lequel il annonce la création d'une commission d'enquête.
Les neuf dixièmes de la population haïtienne sont des Nègres, travaillant principalement dans les plantations de canne à sucre, de tabac et de bananes. La "République" d'Haïti est elle-même un "État protégé" des États-Unis.
Navires de guerre et soldats vers Haïti
Washington, 8 décembre (Reuters). Le croiseur "Galveston", transportant 300 soldats à son bord, est arrivé à Jacmel (sur la côte sud d'Haïti).
À Norfolk (Virginie), 500 soldats américains ont été embarqués à destination du même lieu.
On estime que la commission d'enquête chargée d'étudier les relations entre Haïti et les États-Unis, dont la constitution a été ordonnée par le président Hoover, recommandera le remplacement du régime militaire actuel en Haïti par un régime civil.
"La cruauté indescriptible du gouvernement"
Washington, 8 décembre (Reuters). Le sénateur Borah qualifie la situation actuelle en Haïti d'insupportable. Les incidents actuels ne sont qu'un signe de l'amertume et de l'agitation largement répandues. Les répressions et la cruauté du gouvernement haïtien sont si indescriptibles qu'on ne devrait pas les croire possibles à notre époque.
Le sénateur démocrate King, qui a étudié la situation en Haïti, fait savoir qu'il plaidera lui aussi en faveur d'une enquête.
Nota : Ce document date de décembre 1929 et relate le massacre de Cayes (également connu sous le nom de massacre de Marchaterre) survenu le 6 décembre 1929.
Contexte : Les États-Unis occupaient militairement Haïti depuis 1915. En 1929, une grève d'étudiants et d'enseignants s'est transformée en mouvement de protestation nationale contre l'occupation américaine. Les Marines américains ont tiré sur des manifestants pacifiques à Cayes, causant au moins 12-24 morts selon les sources (le journal allemand en mentionne 9).
Ce massacre a eu un impact international majeur et a contribué au retrait progressif des troupes américaines d'Haïti, qui s'est finalement achevé en 1934.


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