-->

samedi 30 mars 2024



Londres, ce 27 Janvier 1804

Monsieur le Comte, 

L'indisposition goutteuse du Roi a tant diminué, que Sa Majesté a déjà fait annoncer un lever pour mercredi prochain. 

Nous sommes privés des malles du Continent, et les notions des rives opposées se bornent à confirmer l'activité, qui y règne dans les différents ports, ou les armements destinés contre l'Angleterre sont rassemblés.

L'Amiral Cornwallis a, par un ouragan récent, été obligé de quitter sa station devant Brest, mais on l'a depuis rencontré dans une direction propre pour la regagner.

II est enfin avéré que l'isle de Saint-Domingue est entièrement abandonnée à la domination des Nègres. Les forces françaises, sous les ordres du Général Rochambeau au Cap Français, réduites au nombre de 4 à 5 mille hommes entourées par les rebelles et bloquées par les Anglais se sont rendues aux derniers et ont été transportées à la Jamaïque.

Cette nouvelle ne laissera pas de causer une sensation douloureuse en France. Sous ce point de vue et comme une victoire militaire, elle est applaudie en Angleterre, mais l'évènement est certes au reste d'une nature à mériter la plus sérieuse attention du Gouvernement Britannique et à donner de l'inquiétude pour l'avenir au grand nombre d'intéressés aux possessions importantes de cette partie du monde. La Jamaïque, se trouvant la plus exposée à l'infection, nécessitera une surveillance particulière.

Le Gouvernement batave s'étant constamment refusé à la réciprocité de recevoir un Commissaire anglais pour l'échange des prisonniers, il a été enjoint à Mr. Aposteel qui résidait ici dans cette qualité, de quitter ce Royaume, et le Lord Hawkesbury lui a expédié un passeport pour cet effet. J'apprends qu'il est déjà parti de cette Capitale.

 J'ai l'honneur d'être avec la plus haute considération.

 Monsieur le Comte 

 de Votre Excellence

 Le très humble et très obéissant serviteur 

 Comte de Wedel Jarls


À Son Excellence 

Monsieur le Comte de Bernstorff 

Ministre d'État, Conseiller privé du Roi

vendredi 29 mars 2024

Port-au-Prince, le 19 Janvier 1804, l'an Iᵉʳ de l'Indépendance.

J'ai reçu, par la frégate de S.M.B. le Tartare trente-quatre prisonniers que Votre Excellence m'a envoyés. Cette marque de bienveillance m'a flatté bien agréablement, et ce serait mettre le comble à votre générosité que de me faire parvenir le reste des malheureux que vous m'avez promis.

Je prie Votre Excellence de permettre que des bâtiments soient affrétés pour les transporter ici aux frais de ce gouvernement qui n'apportera aucun retard à remplir un engagement sacré. Le capitaine Perkins s'est chargé du soin de rappeler cette promesse à votre souvenir. Mr. Corbet a reçu de moi l'accueil distingué et favorable auquel il devait nécessairement s'attendre, quoique je le crusse muni de pouvoirs assez amples pour conclure définitivement avec moi un traité réciproquement avantageux, il a pensé devoir l'apporter à la sanction de Votre Excellence.

L'amitié d'un gouvernement aussi puissant que le vôtre m'est trop précieuse pour que je ne saisisse pas toutes les occasions de la cimenter. Sensible aux désirs du Roi votre maître, de répondre à mes attentions par des considérations particulières, il ne dépendra de moi que notre amitié et notre bonne intelligence ne soient jamais interrompues.

Ayant ouï dire que le gouvernement espagnol est en guerre avec le vôtre, j'ai l'honneur de prévenir Votre Excellence que j'ai armé plusieurs corsaires contre les corsaires espagnols, notamment ceux de St.-Yago de Cuba.

DESSALINES



mercredi 27 mars 2024

mardi 26 mars 2024


Le Secrétaire général de l’Organisation des États Américains, Cesar Gaviria, a offert aujourd’hui l’appui continu de l’Organisation au nouveau gouvernement constitutionnel d’Haïti sous la direction du Juge Boniface Alexandre, Président de la Cour de Cassation, qui a prêté serment à la date de ce jour le 29 février en qualité de Président intérimaire suite à la démission du Président Jean Bertrand Aristide.

Le Secrétaire général Gaviria a lancé un appel à la population haïtienne pour « qu’elle travaille ensemble pour rétablir l’ordre public et renforcer les institutions de l’État. » Il a déclaré qu’un « règlement des problèmes socio-économiques qu’affronte Haïti depuis plus d’un siècle ne peut être atteint que dans le cadre démocratique du dialogue, de la négociation et d’un modus vivendi à la lumière duquel les intérêts et les droits humains de tous les Haïtiens seront pris en compte ». Dans cette perspective, il s’est engagé à poursuivre la coopération de l’OEA avec la Communauté des Caraïbes en relation avec la mise en œuvre de Plan d’action préalable de la CARICOM originellement adopté à Kingston (Jamaïque) le 31 janvier 2004, ainsi qu’avec les Nations Unies.

Il a ajouté en outre que « l’OEA appelle tous les Haïtiens et notamment les dirigeants, le Gouvernement, les partis politiques, la société civile et les églises à faire montre de modération et de calme et à rechercher le plus grand bien de tous, en l'occurrence le développement du pays et la satisfaction des besoins de la population. L’OEA et la Mission spéciale chargée du renforcement de la démocratie en Haïti continueront d’épauler le peuple et le Gouvernement d’Haïti dans cette quête. »

mercredi 20 mars 2024

Le Conseil de sécurité félicite René García Préval de son investiture à la présidence d’Haïti. Il félicite également tous les députés qui viennent d’être élus et leur demande de mesurer l’importance du mandat dont les Haïtiens les ont investis d’œuvrer utilement à bâtir un avenir meilleur pour leur pays. À cet égard, le Conseil invite instamment le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif à nouer de fructueuses relations de collaboration. Il insiste sur le fait que l’organisation en temps utile d’élections municipales et locales, et des élections législatives complémentaires est un aspect fondamental de la bonne gouvernance démocratique. 

Le Conseil souligne qu’il reste de nombreux défis auxquels Haïti doit faire face, dont la nécessité d’instaurer un climat de sécurité stable, de consolider les institutions démocratiques, de favoriser la réconciliation nationale, l’ouverture à tous et le dialogue politique, de promouvoir et de défendre les droits de l’homme et l’état de droit, et de renforcer les capacités des pouvoirs publics; il se félicite des engagements de M. Préval à cet égard. Il souligne également la nécessité de réformer et de renforcer la police et les institutions judiciaires et pénitentiaires haïtiennes; il attend avec intérêt les résultats des discussions entre la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et les nouvelles autorités sur la façon d’aborder ces problèmes et d’autres questions de sécurité. Reconnaissant que le développement reste une condition essentielle de la stabilité du pays, le Conseil lance un appel aux donateurs et aux parties prenantes intéressées pour qu’ils continuent d’analyser et de coordonner les priorités de leur aide en étroite collaboration avec le nouveau gouvernement et en tenant compte des mécanismes déjà en place, comme le Cadre de coopération intérimaire. Le Conseil réaffirme qu’il faut mettre rapidement en œuvre des projets à forte visibilité et à forte intensité de main-d’œuvre favorables à la création d’emplois et aux services sociaux de base. À cet égard, il attend avec intérêt la prochaine réunion qui doit se tenir à Brasilia le 23 mai.

Le Conseil se félicite que la Communauté des Caraïbes (CARICOM) soit disposée à réintégrer sans réserve Haïti dans ses activités. Il remercie également l’Organisation des États américains d’avoir prêté son concours au processus électoral. À cet égard, il appuie l’engagement qu’ont pris les autorités haïtiennes de renforcer leur coopération avec leurs partenaires régionaux pour régler les problèmes liés à la stabilité régionale. 

Le Conseil souscrit sans réserve au concours que la MINUSTAH et la communauté internationale continuent d’apporter à Haïti dans cette phase de transition et prie la MINUSTAH de collaborer étroitement avec les nouvelles autorités dans l’accomplissement de son mandat. Il attend avec intérêt le rapport du Secrétaire général qu’il a demandé dans sa résolution 1658 (2006) sur l’opportunité d’un réaménagement du mandat de la MINUSTAH; il redit sa volonté de coopérer avec les autorités nouvellement élues pour répondre aux défis auxquels Haïti fait face à long terme. Le Conseil tient également à remercier le Représentant spécial du Secrétaire général de son dévouement sans faille et de ses efforts inlassables en faveur du succès de la présence de l’ONU en Haïti.

mardi 19 mars 2024

J’ai l’honneur de vous faire part des profondes préoccupations du Gouvernement haïtien à l’approche de l’échéance du 30 juin 1996, date à laquelle le mandat de la Mission des Nations Unies en Haïti (MINUHA) arrive à son terme. 

En effet, le contexte actuel du climat social en Haïti requiert que le Gouvernement dispose d’une force publique adéquate pour maintenir l’ordre et la sécurité. Notre jeune police nationale n’est malheureusement pas tout à fait en mesure d’assumer une telle responsabilité. 

Je m’adresse donc à vous pour solliciter que le Conseil de sécurité veuille bien autoriser la présence d’une force multinationale en Haïti pour une période supplémentaire de six (6) mois. Cette prolongation aurait une double vertu : l’appui au maintien de l’ordre public ainsi que le renforcement de la police nationale.

(Signé) René PRÉVAL

dimanche 17 mars 2024


Le Venezuela exprime sa préoccupation face aux risques pour Haïti de recourir à des formules d'ingérence dans sa souveraineté

La République bolivarienne du Venezuela exprime sa profonde inquiétude face aux événements qui se déroulent dans la République sœur d'Haïti et aux risques que fait peser sur cette nation le recours à des formules d'ingérence dans sa souveraineté, notamment une nouvelle détérioration de ses institutions et l'utilisation, une fois de plus, de forces étrangères sans un accompagnement global qui garantisse une paix durable et stable, ouvrant la voie au développement économique et social dont le peuple haïtien a besoin.

L'histoire récente d'Haïti a été marquée par des coups d'État, des interventions militaires et des violations de l'ordre politique national et international, qui ont abouti à la situation actuelle d'instabilité et de violence, sur laquelle se sont appuyés des groupes armés liés au trafic de drogue vers les États-Unis pour déstabiliser le pays. Il ne fait aucun doute que derrière cette situation se cache la main perverse de l'impérialisme et ses méthodes atroces de domination.

Le Venezuela affirme la nécessité de prendre des initiatives par le biais d'un dialogue inclusif et de la participation de toutes les forces politiques et sociales d'Haïti, pour travailler à une solution alternative vers un plan de nature politique, en vue de la formation d'un gouvernement, de la réinstitutionnalisation des pouvoirs publics, de la réinsertion dans l'économie internationale et de la formation de forces de sécurité efficaces et d'une armée propre, qui puisse assurer la stabilité politique, économique et sociale du peuple haïtien.

La République bolivarienne du Venezuela réaffirme sa volonté et sa disponibilité à contribuer à une solution à la crise que traverse le peuple haïtien, à travers la construction conjointe d'une réponse solidaire selon les principes de bon voisinage et de solidarité internationale, rappelant des initiatives telles que Petrocaribe qui a offert des conditions favorables pour l'accès à l'énergie, des bénéfices concrets et directs pour le bien-être, le développement et la prospérité de son peuple, libre d'influences extérieures qui pourraient compromettre sa souveraineté.

Caracas, 13 mars 2024


VERSIÓN ORIGINAL EN ESPAÑOL

Venezuela manifiesta preocupación por riesgos para Haití de recurrir a fórmulas de injerencia en su soberanía

La República Bolivariana de Venezuela manifiesta su profunda preocupación por los acontecimientos que han venido desarrollándose en la hermana República de Haití, y los riesgos que se ciernen sobre esta nación al recurrir a fórmulas de injerencia en su soberanía, que incluyen un deterioro mayor de su institucionalidad y el uso, nuevamente, de fuerzas extranjeras sin un acompañamiento integral que garantice una paz duradera y estable, que abra el camino al desarrollo económico y social que requiere el pueblo haitiano.

La historia reciente en Haití ha sido testigo de golpes de Estado, intervenciones militares y violaciones del orden político nacional e internacional, que han dado como resultado el actual estado de inestabilidad y violencia, que ha sido la base para que grupos armados, vinculados al tráfico de drogas hacia los Estados Unidos, desestabilicen el país. No hay dudas que detrás de esta situación, se encuentra la mano perversa del imperialismo y sus métodos atroces de dominación.

Desde Venezuela se reivindica la necesidad de contar con iniciativas a través de diálogo inclusivo y la participación de todas las fuerzas políticas y sociales de Haití, para trabajar en una solución alternativa hacia un plan de naturaleza política, con miras a la conformación de un gobierno, la reinstitucionalización de los poderes públicos, la reinserción en la economía internacional y la formación de fuerzas de seguridad efectivas y de un ejército propio, que pueda brindar estabilidad tanto política como económica y social para el pueblo haitiano.

La República Bolivariana de Venezuela reafirma su disposición y voluntad a contribuir en una solución para la crisis que atraviesa el pueblo haitiano, a través de la construcción conjunta de una respuesta solidaria bajo los principios de buena vecindad y solidaridad internacional, recordando iniciativas como Petrocaribe que ofrecían condiciones favorables para el acceso a energía, beneficios concretos y directos hacia el bienestar, desarrollo y prosperidad de su pueblo, libre de influencias externas que puedan comprometer su soberanía.

Caracas, 13 de marzo de 2024

Source : Ministère du pouvoir populaire chargé des relations extérieures du Venezuela



Déclaration du ministère cubain des Relations extérieures : Haïti pourra toujours compter sur l’appui solidaire de Cuba

La république d’Haïti souffre une grave crise multidimensionnelle qui aggrave son instabilité sociale, sa pauvreté et son sous-développement structurel, fruit de siècles de pillage colonial et néocolonial et d’interventions étrangères.

La communauté internationale a une grande dette envers Haïti, cette nation caribéenne qui a fait la première révolution indépendantiste, antiesclavagiste et sociale du continent américain, mais qui, durant plus de deux siècles, a été en butte aux représailles égoïstes des puissances impérialistes.

Afin de se reconstruire et de progresser, Haïti a besoin de bénéficier d’une aide et d’une coopération véritables, sans ingérences extérieures, car celles-ci ont été, non la solution, mais la cause de ses problèmes.

Cuba a apporté sa coopération solidaire et désintéressée au peuple haïtien dans des domaines à fortes retombées sociales, tels que la santé publique, l’éducation, l’agriculture, le sport, l’énergie, les ressources hydrauliques et d’autres secteurs clefs pour la stabilité sociale et économique du pays. Les programmes cubains ont permis d’alphabétiser 448 355 Haïtiens, tandis que 1 606 jeunes ont fait des études universitaires à Cuba.

Depuis 1998, une brigade de médecins et techniciens de la santé mène une action humaniste et altruiste auprès du peuple haïtien : elle a réalisé 38 580 215 consultations, 774 236 opérations chirurgicales, 73 331 interventions ophtalmologiques (dans le cadre de l’Opération Miracle), est intervenue dans 204 accouchements, a appliqué 1 014 806 doses de vaccins et sauvé 252 433 vies. Cette coopération, qui s’est poursuivie sans interruption, même aux moments les plus difficiles, dont l’intervention étrangère de 2004, les séismes de 2010 et 2021, les épidémies de choléra et la pandémie du Covid-19, se maintient dans la conjoncture actuelle.

Le peuple haïtien apprécie et reconnaît le service humanitaire, désintéressé et altruiste que prêtent les coopérants cubains dans les circonstances difficiles où ceux-ci ont toujours dû travailler.

Le gouvernement cubain maintient une communication souple et permanente avec les 53 coopérants de santé qui restent toujours dans le sud du pays, où la situation est plus calme, et avec les sept autres qui, aux côtés du personnel de l’ambassade, vont bien et jouissent des mesures de sécurité et de protection nécessaires.

Notre ambassade à Port-au-Prince et notre ministère des Relations extérieures restent en communication avec les Cubains et leurs familles qui résident en Haïti ou qui y sont de passage, garantissant constamment le suivi de cette situation.

Cuba, qui maintient des contacts avec des acteurs régionaux au sujet de la situation en Haïti, réaffirme que le peuple haïtien a le droit de trouver un règlement pacifique, viable et durable à ses problèmes, dans le plein respect de son autodétermination, de sa souveraineté et de son indépendance.

Le peuple frère haïtien pourra toujours compter sur l’appui solidaire de Cuba.

Source : MINREX

Instagram

Haïtianaute . Designed by Oddthemes