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Occupation américaine d'Haiti

lundi 16 février 2026

Soulèvement en Haïti contre le régime d'assassinats américain

Grève générale des ouvriers noirs — L'Amérique envoie des navires de guerre

Newport, 8 décembre. D'après des dépêches en provenance de Washington, vendredi à Cayes en Haïti, un incident grave s'est produit. Des troupes de marines américaines ont ouvert le feu sur 1500 grévistes qui se rassemblaient près du port. On déplore 9 morts et 15 blessés. Le navire de guerre "Bright" appareille aujourd'hui avec 360 hommes de troupes de marines comme renfort pour Haïti. À son bord se trouvent de nombreux avions équipés de 18 mitrailleuses et d'un million de cartouches de munitions. En Haïti, l'état de siège a été proclamé.

Les méthodes terroristes de l'impérialisme américain, dirigées contre la grève déclenchée il y a quelques jours par les enseignants et d'autres corporations, ont reçu pour réponse une grève générale.

Police et armée sont intervenues brutalement contre les grévistes, ont procédé à de nombreuses arrestations et ont "rétabli le calme". Hoover a adressé un message spécial au Congrès dans lequel il annonce la création d'une commission d'enquête.

Les neuf dixièmes de la population haïtienne sont des Nègres, travaillant principalement dans les plantations de canne à sucre, de tabac et de bananes. La "République" d'Haïti est elle-même un "État protégé" des États-Unis.


Navires de guerre et soldats vers Haïti

Washington, 8 décembre (Reuters). Le croiseur "Galveston", transportant 300 soldats à son bord, est arrivé à Jacmel (sur la côte sud d'Haïti).

À Norfolk (Virginie), 500 soldats américains ont été embarqués à destination du même lieu.

On estime que la commission d'enquête chargée d'étudier les relations entre Haïti et les États-Unis, dont la constitution a été ordonnée par le président Hoover, recommandera le remplacement du régime militaire actuel en Haïti par un régime civil.


"La cruauté indescriptible du gouvernement"

Washington, 8 décembre (Reuters). Le sénateur Borah qualifie la situation actuelle en Haïti d'insupportable. Les incidents actuels ne sont qu'un signe de l'amertume et de l'agitation largement répandues. Les répressions et la cruauté du gouvernement haïtien sont si indescriptibles qu'on ne devrait pas les croire possibles à notre époque.

Le sénateur démocrate King, qui a étudié la situation en Haïti, fait savoir qu'il plaidera lui aussi en faveur d'une enquête.


Nota : Ce document date de décembre 1929 et relate le massacre de Cayes (également connu sous le nom de massacre de Marchaterre) survenu le 6 décembre 1929.

Contexte : Les États-Unis occupaient militairement Haïti depuis 1915. En 1929, une grève d'étudiants et d'enseignants s'est transformée en mouvement de protestation nationale contre l'occupation américaine. Les Marines américains ont tiré sur des manifestants pacifiques à Cayes, causant au moins 12-24 morts selon les sources (le journal allemand en mentionne 9).

Ce massacre a eu un impact international majeur et a contribué au retrait progressif des troupes américaines d'Haïti, qui s'est finalement achevé en 1934.

samedi 31 mai 2025


Le Secrétaire d'État au Ministre en Haïti (Bailly-Blanchard)
Washington, 29 mai 1918, 15 heures
10 mai, 18 heures

Vous demanderez une audience au Président d'Haïti et lui remettrez la déclaration suivante : "Le gouvernement des États-Unis ne peut pas comprendre le manque de coopération de la part du gouvernement d'Haïti en ce qui concerne la publication dans le Journal officiel du 8 mai de la date du plébiscite pour la Constitution, sans accord préalable avec la Légation, et a pris bonne note de la déclaration du président d'Haïti concernant un malentendu survenu à cause du ministre des Affaires étrangères par intérim.

Afin d'éviter de futurs malentendus de cette nature, le gouvernement des États-Unis est d'avis qu'il serait plus utile que les principales négociations entre les États-Unis et Haïti à Port-au-Prince soient, à l'avenir, menées directement entre le président d'Haïti et la légation américaine.

Comme le Gouvernement des États-Unis est entièrement convaincu du désir du Président d'Haïti d'une coopération plus étroite au vu des dispositions du Traité de 1915 et qu'il est certain qu'il est très désireux d'éviter toute difficulté supplémentaire en rapport avec des négociations très importantes, il a chargé le Ministre américain d'agir de la manière décrite ci-dessus".

LANSING

Nota : Il s'agit d'une traduction non officielle du télégramme du secrétaire d'État américain.


VERSION ORIGINALE


The Secretary of State to the Minister in Haiti (Bailly-Blanchard)
Washington, May 29, 1918, 3 p.m.
Your May 10, 6 p.m.2

You will ask an audience with the President of Haiti and hand him the following statement: “the Government of the United States cannot understand the lack of cooperation on the part of the Government of Haiti in relation to the publication in the Official Gazette of May 8th, of the date of the plebiscite for the Constitution, without previous agreement with the Legation, and has taken careful note of the statement of the President of Haiti in regard to a misunderstanding having arisen due to the Acting Minister for Foreign Affairs.

In order to avoid future misunderstandings of this nature, the Government of the United States is of the opinion that a more useful purpose will be served if major negotiations between the United States and Haiti at Port au Prince shall, in the future, be transacted directly between the President of Haiti and the American Legation.

As the Government of the United States is entirely convinced of the desire of the President of Haiti for closer cooperation in view of the provisions of the Treaty of 1915 and feels certain that he is most desirous of obviating any further difficulty in connection with very important negotiations, it has instructed the American Minister to act in the manner outlined above.”

LANSING


mardi 29 octobre 2024

Accord entre la République d'Haïti et les États-Unis d'Amérique mettant fin à l'occupation américaine d'Haïti

lundi 26 décembre 2022


Dieu et notre Patrie
Liberté, Égalité, Fraternité
République d'Haïti

Les Ministres, Conseillers et Délégués de la révolution actuelle dans le Nord.

Proclamons, ce qui concerne la révolution et les propagandes mensongères, Haïti notre chère Patrie, dont notre première indépendance date de 116 ans, que nous jouissons depuis lors à titre de maitre, troublée un moment par une occupation.

Mais nous conservons toujours le grand nom de Charlemagne pour le récit et pour l'histoire, mourant pour la seconde indépendance, trahi par Jean Conzé [...]

Louverture avait été trahi par Leclerc par son imprudence. Mort au Fort-de-Joux en France, avant d'expirer, il répétait ces paroles :"Je meurs pour mon pays, ma Patrie, Bonaparte, rends-moi ma femme, mes enfants". [...] Mais sa mort n'avait point mis fin à cette guerre. Trois ans de combat, et Haïti vainqueur, proclame son indépendance par J. J. Dessalines, successeur de Louverture.

Il en est de même pour Charlemagne mourant, remplacé par d'autres généraux. La révolution continue.

Il faut tout dire, que les Américains, surtout ceux qui font partie de l'occupation, ne sont que des hommes nuls, puisque les quatre points de la République sont en armes [...] ; que la majeure partie des Haïtiens qui font partie de la Gendarmerie ne sont que des hommes qui ne sont pas à la portée de leur mission [...] ; que les généraux qui avaient fait partie de la révolution et qui sont allés se rendre aux officiers américains, n'étaient que des pillageurs, qui ne faisaient que piller, spolier les maisons et les familles, et que leur présence n'était rien dans les combats [...]

Nos lois sont foulées aux pieds, les meilleurs citoyens sont méprisés, jetés en prison sans cause ni actions [...]; même des dames et des filles sont condamnées sans jugement [...]. Pourquoi nous combattons ? Pour voir le départ de l'occupation américaine dans le pays ! [...]

Les parlementaires* haïtiens, qui sont toujours en avant des officiers américains pour les enseigner les routes, seront détruits un à un.

Nous crions : Vive Cacos ! Vive les généraux Cacos! Vive la Révolution !

À bas les Américains !


*Parlementaires : collabos, aiguilleurs haïtiens qui aident les militaires américains à capturer ou assassiner des résistants à l'occupation.

Source : Gaillard Roger, les Blancs débarquent 1919-1934 : la guérilla de Batraville


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