dimanche 5 mai 2024
FORCES ARMÉES D'HAÏTI
QUARTIER GÉNÉRAL DU DÉPARTEMENT MILITAIRE
DE LA ZONE MÉTROPOLITAINE
PORT-AU-PRINCE, RÉPUBLIQUE D'HAÏTI
Le 14 Octobre 1993
NOTE DE PRESSE
Le Département Militaire de la Zone Métropolitaine informe la population que, selon les premiers renseignements obtenus par le Service d'Investigation et Anti-Gang, le 14 octobre 1993, aux environs de 13 heures, le véhicule de fonction du Ministre de la Justice, Me. Guy MALARY, a été pris en chasse dans la zone de Turgeau à Port-au-Prince par un autre véhicule jusqu'à présent non identifiées ayant à son bord des hommes ARMÉES.
Le véhicule du Ministre a été retrouvé immobilisé aux abords de l'Église du Sacré Cœur. Le Ministre de la Justice, Me. Guy MALARY, son chauffeur et un agent de sécurité y gisaient dans leur sang, mortellement atteints par les projectiles des assassins.
Le Département militaire de la Zone Métropolitaine condamne énergiquement cet acte de provocation et profite de l'occasion pour présenter ses sympathies à Son Excellence le Premier Ministre Robert MALVAL, à son Gouvernement et aux familles des défunts.
Ce Département, tout en exhortant témoins oculaires ou autres détenteurs d'informations à faire preuve de civisme, offre protection absolue et une prime de CINQ MILLE GOURDES (G. 5,000.00) à toute personne qui lui fournira des informations lui permettant de mettre la main aux collets des assassins. À cet égard, les intéressés sont priés de contacter le Capitaine Pierre EDWIGE, FAD'H., aux numéros de téléphone suivants : 22-4167 et 23-1017.
JOSEPH MICHEL FRANÇOIS
Lt.-Colonel, Forces Armées d'Haïti
Commandant du Département
vendredi 3 mai 2024
François Guy Malary, ancien Ministre de la Justice - Crédit : AFP
Robert Malval
Premier Ministre
Port-au-Prince, le 14 octobre 1993
MESSAGE A LA NATION
Le Gouvernement de la République annonce avec douleur et indignation que le Ministre de la Justice, Maître François Guy Malary a été lâchement assassiné au cours d'un attentat dont furent victimes son chauffeur et ses gardes du corps ce 14 octobre 1993.
Le Gouvernement est convaincu que ce crime crapuleux a été commis par ceux-là même qui troublent la paix sociale depuis des jours sous la protection des plus hautes autorités responsables du maintien de l'ordre public.
La détermination du Gouvernement Constitutionnel de la République d'aller jusqu'au bout de la mission est à la mesure de sa colère et de son indignation. Maître François Guy Malary répétait souvent : "Cette société meurt d'injustice". En mémoire de notre camarade tombé pour que triomphe la Justice, nous invitons tous les citoyens haïtiens à lutter avec nous pour mettre fin à toutes les injustices et à toutes les terreurs dont nul n'est à l'abri.
Pour saluer notre ami, notre collègue, notre compatriote, pour nous associer à l'immense chagrin des familles, le Gouvernement demande à la population de témoigner dans le recueillement de son attachement à la cause pour laquelle le citoyen François Guy Malary et les membres de son escorte combattaient.
Le Premier Ministre Robert Malval
Ministre de l'Economie Marie Michel Rey
Ministre de l'Intérieur Colonel René Prosper
Ministre de la Défense Général Jean Béliotte
Ministre de la Santé Publique Dr. Jean Joseph Molière
Ministre des Affaires Sociales Berthony Berry
Ministre des Travaux Publics Rosemond Pradel
Ministre de l'Agriculture François Séverin
Ministre du Commerce Louis Déjoie II
Ministre du Plan Jean-Marie Chérestal
Ministre de l'Information Hervé Y Denis
Ministre de l'Éducation Victor Benoît
jeudi 2 mai 2024
GRAND QUARTIER GÉNÉRAL
FORCES ARMÉES D'HAÏTI
PORT-AU-PRINCE
Le 14 octobre 1993
Son Excellence
Jean Bertrand ARISTIDE
Président de la République
Palais National
Monsieur le Président,
Je vous saurais gré de bien vouloir passer les instructions nécessaires aux instances compétentes du Gouvernement afin d'entamer la procédure de ma mise à la retraite anticipée prévue au point 8 de l'Accord politique de Governors Island que j'ai signé de bonne foi le 3 juillet 1993 pour le déblocage du Pays et la préservation de l'institution Militaire.
Je veux croire que, comme moi, vous voyez l'obligation, parallèlement à cette démarche, que toutes les dispositions soient prises pour :
- l'octroi de l'amnistie par une loi parlementaire, comme indiqué à l'article 5 de l'Accord de Governors Island et l'article 4 (paragraphe II) du Pacte de New-York.
Cette préoccupation est partagée par le Premier Ministre et l'Envoyé Spécial qui ont convenu, au cours d'une réunion tripartite tenue chez Monsieur Malval, le jeudi 7 octobre 1993, de vous dépêcher le ministre de l'Intérieur à cette fin.
- le choix du Commandant en Chef, selon le vœu de la Constitution et des Règlements généraux des Forces Armées et par lettre personnelle de désignation.
- la ratification de ce Commandant en Chef par le Sénat.
Je remettrai, alors, officiellement charge des Forces Armées d'Haïti à mon remplaçant.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma haute considération.
Raoul CEDRAS
Lieutenant-Général, FAd'H
Commandant en Chef
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