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dimanche 31 mai 2026


Aujourd'hui plus que jamais doit se justifier notre devise :

Le nom est à l'homme ce que le drapeau est aux nations ; l'un veut de la dignité, l'autre l'honneur !

Haïtiens, soyons dignes ; drapeau, sois respecté ! le jour va peut-être arriver, jour de gloire s'il en est, où l'union doit faire notre force afin de nous permettre de défendre héroïquement notre précieux patrimoine.

Si l'Allemagne osant mettre en pratique sa funeste pensée : « La force prime le droit », croit pouvoir, au mépris des lois internationales, en dépit de tout sentiment de justice et d'humanité, croire pouvoir nous traiter en esclaves ou en pays conquis, Dieu est témoin que nous préférons faire de nos belles montagnes notre tombeau à tous que de céder à l'injustice et à la brutalité.

Nos cœurs, palpitant encore de colère et d'indignation au souvenir de l'affaire Batch, cesseront plutôt de battre que d'en subir une nouvelle édition.

Haïtiens, serrons nos rangs. Entre la honte et la mort, nous n'avons point le droit d'hésiter.

Mourons. Oui, mourons jusqu'au dernier plutôt que de voir notre drapeau, jeune et fier, abritant non pas seulement une nation mais bien toute une race d'hommes nés pour jouir comme les blancs, du soleil inverse ; mourons tous jusqu'au dernier plutôt que de le voir consentir à violer notre noble devise :

Le nom est à l'homme ce que le drapeau est aux nations ; l'un veut de la dignité, l'autre l'honneur !

Et vous, ô braves soldats haïtiens. Vous êtes les grands défenseurs de la patrie. Vous portez un drapeau qui a étonné la plus belle et la plus grande armée du monde. Ce drapeau bicolore, après avoir été baptisé par la gloire aux champs de bataille de la guerre de notre indépendance, est resté pour l'armée haïtienne et pour notre pays tout entier, le symbole de ralliement, le relique de nos aïeux et notre orgueil national ! Ce drapeau est menacé en présence de l'hostilité du Chargé d'Affaires d'Allemagne, à propos d'un haïtien allemand.

Vous devez vous montrer fermes dans la circonstance et vous préparer à toute éventualité. Prouvez que vous êtes les dignes fils de nos aïeux.

Au premier coup de canon d'alarmes que nos villes disparaissent, nous dirait Dessalines et que, tous, nous soyons debout.

N'oubliez pas, braves soldats, que l'Allemagne, en 1875, par l'acte brutal de son capitaine Batch, avait déjà mis une main sacrilège sur notre pavillon et que cette fois nous lui résistions par tous les moyens en notre pouvoir pour la sauvegarde de nos droits et le respect de nos droits.

Vous avez des chefs dignes de vous commander, ils sauront faire leur devoir. Ayez confiance dans l'énergie et la bravoure de notre vénéré Président, le Gal Tirésias Simon Sam. Ce soldat sans peur. Que votre attitude soit un raffermissement à la liberté et à l'indépendance de la Race Noire en Haïti.

Que nos cris soient unanimes :

Vive Haïti libre et indépendante !

Vive le Gouvernement du Gal Sam !

Vive l'armée haïtienne !

Liberté ou la mort !


LE DRAPEAU


Source : Journal Le Drapeau — Journal politique, économique et littéraire, Deuxième Année, Numéro 11 — Port-au-Prince, samedi 23 octobre 1897

samedi 30 mai 2026

Discours du Président d'Haïti — 1er janvier 1863
La République — Journal politique, littéraire, commercial
4e Année, N° 47 — Jeudi 8 Janvier 1863
Discours du Président d'Haïti
Prononcé le 1er janvier 1863, sur l'autel de la Patrie,
à l'occasion du 60e anniversaire de l'indépendance d'Haïti

De toutes nos fêtes nationales, celle du 1er janvier est la plus ancienne et la plus glorieuse : elle est l'anniversaire du premier jour de notre existence politique et elle est aussi l'anniversaire de la position, affirmée devant Dieu et en face de l'Univers, de notre liberté et de notre indépendance.

C'est le 1er janvier 1804, que nos pères victorieux ont juré de mourir plutôt que de cesser d'être libres et indépendants.

Depuis ce jour, pendant 60 ans, chaque année, à pareil jour, mes prédécesseurs sont venus sur cet autel rappeler cette date mémorable et renouveler avec vous ce serment patriotique.

Cette tradition est pour ainsi dire un dépôt sacré, qu'il est de notre devoir de perpétuer et de transmettre à nos enfants.

Pour la quatrième fois, depuis que vous m'avez confié les destinées de la Patrie, je viens vous convier à remplir ce pieux devoir.

Si nous jurons encore, au premier jour de chaque année, comme nos pères en 1804, de mourir plutôt que de cesser d'être libres et indépendants, ce n'est pas que nous ayons encore à craindre pour notre liberté ou pour notre indépendance. Grâce à la protection de la divine Providence et à votre sagesse, désormais le rang que nous occupons parmi les nations ne nous est plus contesté. Toutes les nations de l'Europe avaient depuis longtemps reconnu notre indépendance ; l'Union américaine seule, parmi les grandes puissances, qui est notre plus proche voisine et malgré nos importantes relations commerciales, n'avait point suivi cet exemple. L'année qui vient de s'écouler, plus heureuse que ses devancières, a vu s'accomplir ce grand acte de justice, et peut-être 1863 verra-t-il se réaliser une de nos plus chères espérances : l'abolition de l'esclavage sur l'immense étendue de ce magnifique continent.

Cette année 1863, mes chers concitoyens, sera témoin, je vous en donne l'assurance, de grandes et heureuses améliorations dans l'administration intérieure du Pays.

Je suis heureux de vous annoncer, dès à présent, que les éléments de la comptabilité de la République pour 1862 sont à jour ; et qu'à l'avenir, à moins de raisons imprévues qui en retardent l'envoi, chaque mois, les comptes du mois précédent seront en la possession du secrétaire d'État des finances.

Les besoins du service courant sont assurés dans toutes les caisses de la République, désormais plus de retard dans les paiements.

Quant à la dette arriérée, je peux affirmer que l'État ne doit aujourd'hui rien à personne, grâce à mon arrêté du mois de novembre, qui a mis à la disposition du Gouvernement un crédit d'un million de gourdes, qui arrivera le huit de ce mois, sera également payée, sans que le Gouvernement ait eu besoin pour le faire d'avoir recours à aucun impôt ou de payer aucune commission. La somme nécessaire pour effectuer ce paiement est réalisée et prête à être versée.

Je suis encore heureux de vous apprendre que le crédit d'un million créé par mon arrêté de novembre pour opérer la liquidation de l'arriéré a déjà amorti en partie par les brûlements des billets détériorés.

Déjà une grande partie des billets du type de cent gourdes a été retirée de la circulation et le retrait de ces billets continue tous les jours au fur et à mesure qu'ils sont reçus en paiement par les différentes trésoreries.

Quant aux chiffres, ils sont exacts et justifiés dans un rapport du Secrétaire d'État des finances, qui sera prochainement publié dans le Moniteur.

Chacun sera mis à même, par ce rapport, de se rendre compte des récentes opérations financières du gouvernement.

Je tiens à mettre sous les yeux du peuple, en ce jour solennel, ces détails et ces chiffres éloquents, qui constatent d'une manière évidente la ferme détermination de mon Gouvernement de mettre de l'ordre dans nos finances.

Je tiens aussi, contre mon habitude, à constater ces détails et ces chiffres dans un discours écrit, parce que mes paroles d'aujourd'hui ne s'adressent pas seulement à ceux qui m'écoutent mais à tout le peuple haïtien.

Je veux que ceux qui ne les auront pas entendues puissent au moins les lire.

Des malveillants ont tenté de tromper le peuple et de lui donner le change sur la création des nouveaux billets en répandant des bruits mensongers.

La meilleure manière de répondre à des mensonges, c'est de mettre tout simplement à côté la vérité. Le bon sens du peuple lui fait alors bon marché de quel que soient ses amis et de quel côté sont ses ennemis. Je veux encore profiter de cette solennité pour dire un mot de cette malfaisante génie que les mêmes malveillants mettent en avant pour essayer d'exciter les citoyens à la haine contre le Gouvernement. C'est la loi sur la Police des campagnes dont je veux parler. Cette loi n'est pas l'œuvre du Gouvernement. Elle a été librement discutée et votée par les représentants du peuple. Elle a été dans son intérêt, dans l'intérêt au bien de l'agriculture. Si elle froisse momentanément quelques intérêts particuliers, est-ce une raison pour faire accroire qu'elle est mauvaise et qu'il faut se révolter contre son exécution ?

Haïtiens, défiez-vous de ces faux patriotes, qui se disent vos amis et qui prétendent que si le pouvoir était en leurs mains, ils vous rendraient si heureux. Depuis vingt ans, ce pouvoir tant ambitionné a passé dans plus d'une main ; je vous le demande, à quelle époque de cette longue période d'essais et de révolutions, avez-vous été plus heureux qu'aujourd'hui, à quelle époque la loi a-t-elle été plus respectée, les droits de chacun plus garantis, la représentation nationale plus indépendante et plus inviolable, la presse plus libre, l'instruction plus gratuitement et plus libéralement répandue, la justice plus assurée, le service militaire moins pénible, la tranquillité et la sécurité mieux établies, la dignité nationale plus respectée ?

Je vous le demande, Haïtiens, que peut-on vous promettre que vous ne puissiez obtenir sous le Gouvernement du 22 Décembre ?

Aujourd'hui l'ordre règne dans nos finances. Avec l'ordre et les économies, le crédit public est assuré. Avec le crédit et la tranquillité viendront successivement toutes les améliorations promises.

Si je ne vais parler ici que des réformes financières et de la loi sur la Police des campagnes, c'est que je ne veux point sortir des faits accomplis et que le moment n'est point encore venu de vous entretenir des autres améliorations, qui sont à l'étude dans les autres secrétaireries d'État et qui ne tarderont point à être mises à exécution.

Une ligne de bateaux à vapeur, destinée à desservir nos côtes, un nouveau régime douanier, l'établissement de phares sur plusieurs points de l'île, la réparation des rues et des routes publiques, des travaux d'utilité publiques, la construction de plusieurs fontaines publiques dans diverses localités, l'extension du service postal etc., telles sont les principales améliorations matérielles, qui ont fixé mon attention. Quand à celles morales, des rapports demandés aux Secrétaires d'État : l'instruction publique et la justice feront connaître celles obtenues déjà et celles que j'espère obtenir encore.

Comme les autres peuples, nous marchons et nous marcherons dans les voies du progrès : la prospérité de notre pays et notre bonheur à tous seront le prix de nos efforts.

Mais pour obtenir ce résultat, restons ou maintenons la paix et la tranquillité parmi nous ; n'oublions pas que c'est dans cette union et dans l'amour de l'indépendance, que nos pères ont puisé le secret de leur force et de leurs victoires.

Vive l'indépendance ! — Vive la liberté ! — Vive l'union ! — Vive la République !

vendredi 29 mai 2026

 


ABRAHAM LINCOLN

Proclamation d'Émancipation


Attendu que, le vingt-deuxième jour de septembre, en l'an de grâce mil huit cent soixante-deux, une Proclamation a été émise par le Président des États-Unis, contenant notamment ce qui suit :

Que le premier jour de janvier, en l'an de grâce mil huit cent soixante-trois, toutes les personnes tenues en esclavage dans tout État ou partie désignée d'un État dont la population serait alors en rébellion contre les États-Unis, seront alors, dès lors et à jamais libres ; et que le gouvernement exécutif des États-Unis, y compris les autorités militaires et navales, reconnaîtra et maintiendra la liberté de ces personnes, et n'entreprendra aucun acte ou action pour réprimer ces personnes, ou l'une quelconque d'entre elles, dans tout effort qu'elles pourraient faire pour leur liberté effective.

Que le pouvoir exécutif désignera, le premier jour de janvier susmentionné, par proclamation, les États et parties d'États dont la population sera respectivement ce jour-là en rébellion contre les États-Unis ; et le fait que tout État ou la population de celui-ci sera, ce jour-là, de bonne foi représenté au Congrès des États-Unis par des membres choisis lors d'élections auxquelles une majorité des électeurs qualifiés de cet État auront participé, sera, en l'absence de témoignages fortement contraires, considéré comme preuve concluante que cet État et sa population ne sont pas alors en rébellion contre les États-Unis.

Maintenant donc, moi, ABRAHAM LINCOLN, Président des États-Unis, en vertu du pouvoir en moi investi en tant que Commandant en chef de l'Armée et de la Marine des États-Unis, en temps de rébellion armée effective contre l'autorité et le gouvernement des États-Unis, et comme mesure de guerre appropriée et nécessaire pour réprimer ladite rébellion, ordonne et proclame solennellement pour la pleine durée de cent jours à compter du jour de la première mention susmentionnée, que tous les États et parties d'États désignés ci-après sont ce jour en rébellion contre les États-Unis, à savoir :

ARKANSAS, TEXAS, LOUISIANE (à l'exception des paroisses de Saint-Bernard, Plaquemines, Jefferson, Saint-Jean, Saint-Charles, Saint-Jacques, Ascension, Assomption, Terrebonne, Lafourche, Saint-Mary, Saint-Martin et Orléans, y compris la ville de La Nouvelle-Orléans), MISSISSIPPI, ALABAMA, FLORIDE, GÉORGIE, CAROLINE DU SUD, CAROLINE DU NORD et VIRGINIE (à l'exception des quarante-huit comtés désignés comme Virginie-Occidentale, et aussi des comtés d'Accomac, Northampton, Elizabeth City, York, Princess Ann et Norfolk, y compris les villes de Norfolk et Portsmouth), et les parties exceptées sont, pour le moment, laissées précisément comme si cette Proclamation n'avait pas été émise.

Et en vertu du pouvoir et dans le but susmentionnés, j'ordonne et déclare que toutes les personnes tenues comme esclaves dans lesdits États et parties d'États désignés sont et seront désormais libres ; et que le gouvernement exécutif des États-Unis, y compris les autorités militaires et navales, reconnaîtra et maintiendra la liberté de ces personnes.

Et je recommande par les présentes à ces personnes que, dans tous les cas où cela leur est permis, elles s'abstiennent de toute violence, sauf en cas de nécessaire légitime défense ; et je leur recommande de travailler fidèlement pour des salaires raisonnables.

Et je déclare et fais savoir que ces personnes de condition convenable seront reçues dans le service armé des États-Unis pour garnir des forts, positions, stations et autres lieux, et pour servir à bord de vaisseaux de toutes sortes dans ledit service.

Et sur cet acte, sincèrement cru être un acte de justice, autorisé par la Constitution, fondé sur la nécessité militaire, j'invoque le jugement éclairé de l'humanité et la grâce favorable de Dieu Tout-Puissant.

En foi de quoi, j'ai apposé mon nom et fait apposer le sceau des États-Unis.


Fait à la ville de Washington, ce premier jour de janvier, en l'an de grâce mil huit cent soixante-trois, et de l'Indépendance des États-Unis la quatre-vingt-septième.

Par le Président : ABRAHAM LINCOLN
WILLIAM H. SEWARD, Secrétaire d'État.

NOTE — Le reste des esclaves fut affranchi ultérieurement par la Législation et les Amendements constitutionnels.


RÉPUBLIQUE D'HAÏTI
Liberté — Égalité — Fraternité

ARRÊTÉ

Jean-Bertrand Aristide
Président de la République

Vu les articles 136, 143, 263, 264, 264-1, 265, 269, 269-1, 270, 272, 273 et 274 de la Constitution ;
Vu le Décret du 10 octobre 1980, modifiant la Loi du 22 septembre 1922 sur les armes et munitions ;
Vu les articles 1 et 2 du Décret du 1er juillet 1987 portant Règlements Généraux des Forces Armées d'Haïti ;
Vu la loi du 28 octobre 1994 portant Création, Organisation et Fonctionnement de la Police Nationale ;

Considérant la nécessaire restructuration et la professionnalisation des FAD'H ;
Considérant qu'il importe de concrétiser, dès l'entrée en vigueur de la Loi du 28 octobre 1994, le vœu de la Constitution en séparant au sein de la Force Publique la fonction militaire de la fonction policière ;
Considérant qu'il est de la responsabilité de l'État d'assurer, en tout temps et dans toutes circonstances, la défense des droits et des libertés, le maintien de l'ordre, la paix et la tranquillité, la sécurité des vies et des biens et la sûreté des institutions ;
Considérant qu'il importe dans l'immédiat d'exprimer à la Nation toute entière la volonté d'un engagement irréversible dans la voie de la Réconciliation et de la mise en place d'un État de Droit ;

Sur le rapport des Ministres de la Justice, de l'Intérieur, de la Défense Nationale, et après délibération en Conseil des Ministres.

ARRÊTE

Article 1

Est créée une Commission de Restructuration des FAD'H.

Son mandat consiste à établir et à arrêter l'Organisation Générale et les Règlements Intérieurs d'une Armée de 1 500 membres. Cette Commission, travaillant sous tutelle du Ministère de la Défense Nationale, est composée comme suit :

  • Général de Brigade retraité Wilthan Lhérisson, Ministre de la Défense : Président
  • Général de Brigade Bernardin Poisson : Membre
  • Général de Brigade Martial Romulus : Membre
  • Général de Brigade Mondésir Beaubrun : Membre
  • Colonel Néocles Arné : Membre

Cette Commission fera appel à d'autres membres des FAD'H pour l'accomplissement de sa tâche. Elle siégera au Ministère de la Défense Nationale.

Article 2

Est créée une Commission de Structuration de la Force de Police Nationale.

Son mandat consiste à établir et à arrêter l'Organisation Générale et les Règlements Intérieurs de la Police Nationale. Cette Commission, travaillant sous tutelle du Ministère de la Justice, est composée comme suit :

  • Monsieur Léon Jeune, Secrétaire d'État à la Justice : Président
  • Colonel Jean José : Membre
  • Colonel Jean Lamy : Membre
  • Lieutenant-Colonel Pierre E. Neptune : Membre
  • Major Pierre Hemerick Charles : Membre

Cette Commission fera appel à d'autres membres des FAD'H pour l'accomplissement de sa tâche. Elle siégera au Ministère de la Justice.

Article 3

Tous les membres de la Force Publique intègrent la Force Intérimaire de Police sous tutelle du Ministère de la Justice.

Le Commandement de la Force Intérimaire de Police est assuré par une Commission ainsi composée :

  • Major Dany Toussaint : Président
  • Major James Jean-Baptiste : Membre
  • Major Anthony Charlier : Membre

Cette Commission siégera au Quartier Général de la Police de la Zone Métropolitaine de Port-au-Prince.

Article 4

Le local logeant actuellement le Haut État-Major est mis à la disposition du Ministère de la Condition Féminine et des Droits de la Femme.

Article 5

Le présent Arrêté sera imprimé, publié et exécuté à la diligence des Ministres de l'Intérieur, de la Défense Nationale, chacun en ce qui le concerne.

Donné au Palais National, à Port-au-Prince, le 6 janvier 1995, An 192ème de l'Indépendance.

Le Président :Jean-Bertrand ARISTIDE
Le Premier Ministre :Smarck MICHEL
Le Ministre de la Justice :Ernst MALEBRANCHE
Le Ministre de la Défense Nationale :Wilthan LHÉRISSON
Le Ministre de l'Intérieur :René PROSPER

Source : Le Moniteur, Journal Officiel de la République d'Haïti, N° 21, lundi 13 mars 1995, pp. 290–292.

lundi 25 mai 2026


1️⃣ 𝗟𝗲𝘀 𝗧é𝗺𝗼𝗶𝗻𝘀 𝗱𝗲 𝗝é𝗵𝗼𝘃𝗮𝗵

Leur fondateur Charles Taze Russell publie en 1900 un article intitulé The Negro and the Bible, soutenant que les Noirs sont sous la malédiction de Cham et racialement inférieurs. Pendant des décennies, les congrégations sont séparées par race aux États-Unis.

La Watch Tower publie jusqu'dans les années 1950 des illustrations ne représentant que des Blancs dans le paradis promis.

Le mouvement se distancie progressivement de ces positions sans jamais procéder à une reconnaissance historique formelle, ni présenter d'excuses explicites aux communautés noires affectées.

2️⃣ 𝗟'é𝗴𝗹𝗶𝘀𝗲 𝗺𝗼𝗿𝗺𝗼𝗻𝗲 

Fondée en 1830, elle codifie le racisme directement dans ses textes canoniques. Le Livre de Mormon associe la peau noire à une malédiction divine héritée des Lamanites.

En 1845, l'apôtre Orson Hyde enseigne que les Noirs auraient été moins fidèles au Christ dans la préexistence.

En 1954, le président Joseph Fielding Smith confirme cette doctrine, l'année même où la Cour suprême condamne la ségrégation. Les Noirs sont exclus du sacerdoce, ouvert à tout homme blanc dès 12 ans.

En 1978, une « révélation » opportunément reçue sous pression sociale lève l'interdiction.

3️⃣ 𝗟'é𝗴𝗹𝗶𝘀𝗲 𝗯𝗮𝗽𝘁𝗶𝘀𝘁𝗲 𝗱𝘂 𝗦𝘂𝗱 (𝗦𝗕𝗖)

Fondée en 1845 𝘱𝘳é𝘤𝘪𝘴é𝘮𝘦𝘯𝘵 pour défendre l'esclavage : les baptistes du Sud se séparent de leurs coreligionnaires du Nord qui refusaient d'ordonner des missionnaires esclavagistes.

Pendant la guerre civile, leurs pasteurs prêchaient que l'esclavage était un ordre divin. Après la guerre, beaucoup soutenaient le Ku Klux Klan. Ce n'est qu'en 𝟭𝟵𝟵𝟱, 150 ans après sa fondation, que la SBC présente des excuses officielles.

4️⃣ 𝗟'é𝗴𝗹𝗶𝘀𝗲 𝗽𝗿𝗲𝘀𝗯𝘆𝘁é𝗿𝗶𝗲𝗻𝗻𝗲 𝗱𝘂 𝗦𝘂𝗱

Scission en 1861 pour défendre théologiquement l'esclavage. Son principal théologien, Robert Lewis Dabney, rédige des textes affirmant que l'esclavage est voulu par Dieu et que l'égalité raciale est une hérésie. L'église sert de caution intellectuelle et spirituelle à l'ordre ségrégationniste sudiste, jusqu'à la réunification tardive avec les presbytériens du Nord au XXe siècle.

5️⃣ 𝗟'é𝗴𝗹𝗶𝘀𝗲 𝗺é𝘁𝗵𝗼𝗱𝗶𝘀𝘁𝗲 é𝗽𝗶𝘀𝗰𝗼𝗽𝗮𝗹𝗲 𝗱𝘂 𝗦𝘂𝗱

Scission en 1844 sur la question de l'esclavage. Les méthodistes du Sud considèrent que la Bible sanctionne l'institution esclavagiste. La réconciliation avec les méthodistes du Nord n'intervient qu'en 𝟭𝟵𝟯𝟵, et dans des conditions qui maintiennent la ségrégation 𝗮𝘂 𝘀𝗲𝗶𝗻 𝗺ê𝗺𝗲 de l'église réunifiée. 

6️⃣ 𝗟𝗲𝘀 𝗔𝘀𝘀𝗲𝗺𝗯𝗹é𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗗𝗶𝗲𝘂

Fondées en 1914 comme mouvement pentecôtiste, elles s'organisent d'emblée sur une base racialement ségrégée, en excluant les Noirs qui avaient pourtant été parmi les fondateurs du mouvement, notamment via le Azusa Street Revival de 1906, mené par le pasteur noir William J. Seymour. Les congrégations noires sont poussées vers des structures séparées. Une trahison à l'origine même du pentecôtisme.

7️⃣ 𝗖𝗵𝗿𝗶𝘀𝘁𝗶𝗮𝗻 𝗜𝗱𝗲𝗻𝘁𝗶𝘁𝘆

Mouvement toujours actif, lié aux milieux suprémacistes blancs. Sa doctrine : les Anglo-Saxons seraient les véritables Israélites de la Bible, les Juifs seraient des descendants de Satan, et les Africains des sous-humains sans âme.

Des petites églises opèrent encore dans le nord-ouest des États-Unis, via publications et internet. Plusieurs de ses membres ont commis des actes terroristes.

lundi 18 mai 2026


Cap, 26 octobre 1820, à 10 heures du matin.
Depuis environ deux heures, je suis en possession de cette ville, et mon premier moment de loisir est consacré à m’entretenir avec toi. Mon âme est émue à un tel point que les expressions me manquent pour te donner une idée de ce qui s’est passé à mon entrée ici. Les larmes veulent couler de mes yeux en t’écrivant ces lignes. J’ai trop de sensibilité pour tout ce que je vois dans cette mémorable époque. La Providence, en me réservant pour diriger des événements si extraordinaires et si heureux, semble n’avoir pas proportionné mes forces au courage dont elle m’a doué ; car je brûle d’ardeur pour servir la patrie, tandis qu’elles semblent s’affaiblir. Toute ma gloire est d’avoir surmonté des difficultés infinies pour la pacification du Nord, sans avoir à déplorer qu’une goutte de sang ait été versée. Ah ! ma chère Joutte, je croirais avoir déjà assez vécu, si je n’avais ma famille que j’aime et qui a besoin de mes soins. Azéma, Fine, Antoinette, Célie, Coquièrine (1), trouveront ici l’expression de l’attachement que j’ai pour elles. J’ai reçu leurs lettres, dis-leur de continuer de m’écrire, elles me feront le plus grand plaisir. Je leur écrirai la prochaine fois dès que j’aurai un moment à moi. Embrasse-les du plus profond de mon cœur sans oublier tout le reste de la famille. Quant à ma bien chère Hersilie qui est toujours présente à mon esprit, couvre-la de baisers pour moi, parle-lui de son cher papa et prends-en le plus grand soin. Sois heureuse, ma chère et bien-aimée compagne, je t’aime et t’embrasse de toute mon âme. BOYER P. S. Cette lettre étant restée ici jusqu’à ce jour, je t’envoie ma proclamation d’hier qui vient d’être publiée. B.

samedi 16 mai 2026



DÉCRET ROYAL CONFIRMANT L'INTERDICTION AUX ESCLAVES WOLOFS DE PASSER AUX INDES


Ségovie, 28 septembre 1532

La Reine. À nos officiers résidant dans la ville de Séville, à la Casa de la Contratación de las Indias.

J'ai été informée que tous les dommages survenus dans l'île de Saint-Jean [Porto-Rico, ndlr] et dans d'autres îles, lors des soulèvements de Noirs et des meurtres de chrétiens qui s'y sont produits, ont été causés par les Noirs Wolofs qui s'y trouvent, car ils sont, dit-on, arrogants, désobéissants, agitateurs et incorrigibles, et peu d'entre eux reçoivent châtiment.

Ceux qui ont tenté de se soulever et commis de nombreux délits, tant lors dudit soulèvement que dans d'autres circonstances, entraînent à leur suite ceux qui sont pacifiques et issus d'autres terres et de bonnes mœurs, les corrompant par leurs mauvaises façons de vivre, ce qui offense Dieu Notre Seigneur et nuit à nos revenus.

Notre Conseil des Indes ayant estimé qu'il convient qu'aucun esclave Wolof ne s'y rende, je vous ordonne de veiller désormais avec la plus grande attention à ce que nulle personne ne fasse passer auxdites nos Indes, îles et Terre Ferme de l'océan, aucun esclave wolof sans notre licence expresse, et qu'en cas contraire lesdits esclaves soient confisqués au profit de notre Chambre.

Ce que nous ordonnons de proclamer sur les degrés de Séville. Fait à Ségovie, le vingt-huitième jour du mois de septembre de l'an mil cinq cent trente-deux.

Moi, la Reine. Par ordre de S.M., Juan de Sámano. Visé par le Conseil.


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DOC. NÚM. 66

1532 : General

R.C. CONFIRMANDO LA PROHIBICIÓN DE QUE LOS ESCLAVOS GELOFES PASEN A INDIAS

Segovia, 28 de septiembre de 1532

La Reina. Nuestros oficiales que residís en la ciudad de Sevilla, en la Casa de la Contratación de las Indias.

Yo he sido informada que todo el daño que en la isla de San Juan y otras islas han habido en el alzamiento de negros y muertes de cristianos que en ellas han sucedido, han sido la causa los negros Gelofes que en ellas están, por ser, como diz que son, soberbios e inobedientes y revolvedores e incorregibles, y que pocos dellos reciben castigo.

Y que siempre, los que han intentado, de alzarse y cometido muchos delitos, así en el dicho alzamiento, como en otras cosas han sido ellos, y que los que están pacíficos y son de otras tierras y de buenas costumbres los traen a si y a sus malas maneras de vivir, de que Dios Nuestro Señor es deservido y nuestras rentas reciben daño.

Lo cual visto por los de nuestro Consejo de las Indias conviene que no vayan a ellas ningún esclavo Gelofe, vos mando que de aquí adelante tengáis mucho cuidado que persona, ni personas algunas, no pasen a las dichas nuestras Indias, islas e Tierrafirme del mar Océano ningunos esclavos de la isla de Gelofe sin nuestra licencia expresa para ello, y de otra manera mandamos que sean perdidos y aplicados a nuestra Cámara.

Lo cual mandamos sea pregonado en las gradas de Sevilla. Fecha en Segovia, a veinte y ocho días del mes de septiembre de mil y quinientos y treinta y dos años.

Yo la Reina. Por mandado de S.M. Juan de Sámano. Señalada del Consejo.


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*Sources : Encinas, t. IV, p. 383 ; Zamora, t. 3, p. 111.

vendredi 15 mai 2026





Gardiens

Josué Duverger (Cosmos Koblenz)
Alexandre Pierre (Sochaux)
Johny Placide (Bastia)

Défenseurs

Ricardo Adé (LDU Quito)
Carlens Arcus (Angers SCO)
Hannes Delcroix (Lugano)
Jean-Kévin Duverne (Gent)
Martin Expérience (Nancy)
Duke Lacroix (Colorado Springs Switchbacks)
Wilguens Paugain (Zulte Waregem)
Keeto Thermoncy (Young Boys II)

Milieux de terrain

Carl Fred Sainte (El Paso Locomotive)
Jean-Ricner Bellegarde (Wolverhampton Wanderers)
Leverton Pierre (Vizela)
Danley Jean Jacques (Philadelphia Union)
Woodensky Pierre (Violette)
Dominique Simon (Tatran Prešov)

Attaquants

Josué Casimir (Auxerre)
Louicius Deedson (Dallas)
Derrick Etienne Jr. (Toronto)
Yassin Fortuné (Vizela)
Wilson Isidor (Sunderland)
Lenny Joseph (Ferencváros)
Duckens Nazon (Esteghlal)
Frantzdy Pierrot (Rizespor)
Ruben Providence (Almere City)

Source : Fédération Haïtienne de Football (FHF) 

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