samedi 16 mai 2026
DÉCRET ROYAL CONFIRMANT L'INTERDICTION AUX ESCLAVES WOLOFS DE PASSER AUX INDES
Ségovie, 28 septembre 1532
La Reine. À nos officiers résidant dans la ville de Séville, à la Casa de la Contratación de las Indias.
J'ai été informée que tous les dommages survenus dans l'île de Saint-Jean [Porto-Rico, ndlr] et dans d'autres îles, lors des soulèvements de Noirs et des meurtres de chrétiens qui s'y sont produits, ont été causés par les Noirs Wolofs qui s'y trouvent, car ils sont, dit-on, arrogants, désobéissants, agitateurs et incorrigibles, et peu d'entre eux reçoivent châtiment.
Ceux qui ont tenté de se soulever et commis de nombreux délits, tant lors dudit soulèvement que dans d'autres circonstances, entraînent à leur suite ceux qui sont pacifiques et issus d'autres terres et de bonnes mœurs, les corrompant par leurs mauvaises façons de vivre, ce qui offense Dieu Notre Seigneur et nuit à nos revenus.
Notre Conseil des Indes ayant estimé qu'il convient qu'aucun esclave Wolof ne s'y rende, je vous ordonne de veiller désormais avec la plus grande attention à ce que nulle personne ne fasse passer auxdites nos Indes, îles et Terre Ferme de l'océan, aucun esclave wolof sans notre licence expresse, et qu'en cas contraire lesdits esclaves soient confisqués au profit de notre Chambre.
Ce que nous ordonnons de proclamer sur les degrés de Séville. Fait à Ségovie, le vingt-huitième jour du mois de septembre de l'an mil cinq cent trente-deux.
Moi, la Reine. Par ordre de S.M., Juan de Sámano. Visé par le Conseil.
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DOC. NÚM. 66
1532 : General
R.C. CONFIRMANDO LA PROHIBICIÓN DE QUE LOS ESCLAVOS GELOFES PASEN A INDIAS
Segovia, 28 de septiembre de 1532
La Reina. Nuestros oficiales que residís en la ciudad de Sevilla, en la Casa de la Contratación de las Indias.
Yo he sido informada que todo el daño que en la isla de San Juan y otras islas han habido en el alzamiento de negros y muertes de cristianos que en ellas han sucedido, han sido la causa los negros Gelofes que en ellas están, por ser, como diz que son, soberbios e inobedientes y revolvedores e incorregibles, y que pocos dellos reciben castigo.
Y que siempre, los que han intentado, de alzarse y cometido muchos delitos, así en el dicho alzamiento, como en otras cosas han sido ellos, y que los que están pacíficos y son de otras tierras y de buenas costumbres los traen a si y a sus malas maneras de vivir, de que Dios Nuestro Señor es deservido y nuestras rentas reciben daño.
Lo cual visto por los de nuestro Consejo de las Indias conviene que no vayan a ellas ningún esclavo Gelofe, vos mando que de aquí adelante tengáis mucho cuidado que persona, ni personas algunas, no pasen a las dichas nuestras Indias, islas e Tierrafirme del mar Océano ningunos esclavos de la isla de Gelofe sin nuestra licencia expresa para ello, y de otra manera mandamos que sean perdidos y aplicados a nuestra Cámara.
Lo cual mandamos sea pregonado en las gradas de Sevilla. Fecha en Segovia, a veinte y ocho días del mes de septiembre de mil y quinientos y treinta y dos años.
Yo la Reina. Por mandado de S.M. Juan de Sámano. Señalada del Consejo.
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*Sources : Encinas, t. IV, p. 383 ; Zamora, t. 3, p. 111.
vendredi 5 décembre 2025
| Laetitia Ky, artiste ivoirienne |
Récemment, le président de Miss Universe a dit quelque chose qui a choqué beaucoup de gens. Il a déclaré qu’il est impossible pour la Côte d’Ivoire de gagner Miss Universe à cause de notre passeport qui est “mauvais.”
Selon lui, notre passeport demande des visas pour plus de 175 pays et Miss Universe doit voyager. Il a dit que si Miss Côte d’Ivoire gagnait, elle passerait son année enfermée dans un appartement parce qu’elle ne pourrait jamais voyager.
Ce qui m’a touchée le plus, c’est à quel point tout ça m’est familier.
En tant qu’artiste ivoirienne, je galère avec les visas depuis que j’ai commencé ma carrière. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai pleuré parce que je n’avais pas le temps de faire un visa.
Etre artiste demande de la spontanéité. Parfois on te dit “On a besoin de toi la semaine prochaine” alors que tu sais qu’il te faut au moins une semaine juste pour préparer tous les papiers pour l’ambassade.
Ensuite ton passeport reste là-bas des semaines. Et quand ils te donnent enfin le visa, parfois ils te donnent trois jours seulement.
C’est comme ça que ta propre nationalité devient la raison pour laquelle tu ne peux pas réussir.
J’ai l’impression que le monde entier est construit pour que nous, Africains, restions derrière.
Pour voyager en tant qu’Africain, même juste pour découvrir un autre pays, il faut être riche ou exceptionnel. Il faut prouver que tu ne vas pas “rester” dans leur pays.
Le simple droit humain de voir le monde ne nous est pas donné.
On doit être extraordinaires pour faire des choses que d’autres font sans réfléchir.
Et même quand tu es exceptionnel, même quand tu travailles dur, même quand on t’invite, ils peuvent encore refuser. Parce qu’au fond, tu restes une menace.
Ce sujet, c’est toute ma vie. La rage que je ressens quand j’en parle est énorme. C’est une injustice mondiale.
Pour montrer à quel point c’est profond : quand je dis à un autre artiste africain qui vit à l’étranger que j’ai seulement le passeport ivoirien, il me dit tout de suite “Oh mon Dieu, je suis désolé.” Tout de suite. Il sait. Il a vécu ça avant.
Mais quand je dis ça à un Européen ou un Américain, ils sont choqués. Ils disent “C’est vraiment si difficile pour vous de voyager ?” Ils ne réalisent pas. Ils pensent que c’est simple.
La différence est énorme.
Combien de scientifiques, d’étudiants, d’artistes africains ont dû refuser des opportunités incroyables à cause de leur passeport ? Parce qu’on ne les voit pas comme des talents mais comme des risques.
Et il y a autre chose que les gens ne comprennent pas.
Quand je dis que j’ai besoin d’un visa, certains amis européens me disent “Moi aussi j’ai besoin d’un visa pour venir dans ton pays”, comme si c’était pareil. Ce n’est jamais pareil.
Leur procédure est simple, rapide, acceptée. On ne les questionne pas. On ne les suspecte pas.
Ils sont libres partout.
Mais quand nous on applique, ça devient une guerre psychologique. On nous interroge. On nous juge. On nous humilie quelques fois… On doit justifier tous les details de notre vie.
Eux sont les bienvenus partout. Nous, on est la menace partout.
Je suis fière de mon pays, mais je ne vais pas mentir : beaucoup de fois j’ai pleuré et j’ai détesté être née avec un passeport qui me bloque.
Le sentiment de mendier, L’humiliation, Le stress à l’aéroport où on te regarde comme quelqu’un qui ne va jamais rentrer chez lui. Ça détruit mentalement.
Les gens aiment faire semblant de soutenir le développement africain, mais tout est fait pour qu’on reste pauvres.
Et en disant tout ça, n’oublions pas : je fais partie des chanceuses. J’ai construit un nom, j’ai une visibilité, j’ai des gens qui m’aident. Pour moi, c’est déjà plus facile.
Mais les autres ? Ceux qui ont du talent, des rêves, de l’intelligence, mais aucune plateforme ?
Qu’est-ce qu’ils deviennent ?
Avoir certaines nationalités, c’est comme avoir des chaînes invisibles. Je n’en parle pas souvent, parce que ça peut sonner comme si je n’aimais pas mon pays, mais un de mes plus grands rêves, c’est d’avoir une deuxième nationalité juste pour être libre de bouger. De travailler. D’exister.
Miss universe montre quelque chose de profond : même quand tu es excellente, même quand tu brilles plus que tout le monde, ta nationalité reste un problème. Le monde te voit toujours comme “moins”. Pire, on te fera croire que tu as les mêmes chances que tout le monde pour que tu t’investisses pour, au final, ne jamais avoir de retour.
Je suis tellement reconnaissante envers ceux qui travaillent avec moi malgré toutes les procédures que ça leur impose. Grâce à eux, je construis quelque chose dans ma vie.
Mais chaque jour, je pleure aussi pour les milliers de jeunes Africains qui ne peuvent pas bouger, pas rêver, pas saisir les opportunités simplement parce qu’ils sont nés avec le “mauvais” passeport.
Auteur : Laetitia Ky
lundi 9 septembre 2024
dimanche 21 juillet 2024
samedi 20 juillet 2024
Chemises noires de la révolution ! Hommes et femmes de toute l’Italie ! Italiens, habitant dans toutes les régions du monde, au-delà des montagnes et des océans ! Écoutez !
Une heure solennelle dans l’histoire de la patrie est sur le point de sonner. Vingt millions d’Italiens sont en ce moment même rassemblés sur les places d’Italie. C’est la plus gigantesque démonstration de toute l’histoire de genre humain. Vingt millions d’Italiens mais un seul cœur, une seule volonté, une seule décision. Cette manifestation démontre que l’identité entre l’Italie et le fascisme est parfaite, absolue, inaltérable. Il n’y a que des cerveaux ramollis dans les illusions puériles ou étourdis pas la plus profonde des ignorances pour penser le contraire, puisqu’ils ignorent ce qu’est cette Italie fasciste de 1935.Depuis de nombreux mois, la roue du destin tourne, sous l’impulsion de notre calme et de notre détermination, vers son but naturel. Au cours de ces dernières heures, son rythme est devenu plus rapide : il est désormais irrépressible.
Ce n’est pas seulement une armée qui marche vers ses objectifs, ce sont quarante-quatre millions d’Italiens qui marchent avec cette armée, tous unis, puisque l’on essaye de commettre contre eux la plus noire des injustices : celle de nous enlever un peu de place au soleil.
Quand, en 1915, l’Italie décida d’unir son sort à celui des Alliés, que de cris d’admiration et que de promesses ! Mais après la victoire commune, à laquelle l’Italie avait apporté sa contribution suprême de 600 000 morts, 400 000 mutilés, un million de blessés, quand l’on s’assit autour de la table d’une paix odieuse, il ne restera, pour nous, que les miettes du festin colonial des autres.
Pendant quinze années, nous avons patienté, tandis qu’autour de nous se serrait, toujours plus rigide, le cercle qui veut étouffer notre impétueuse vitalité.
Ô Éthiopie ! Nous patientons depuis quarante ans, maintenant ça suffit !
À la Ligue des Nations, plutôt que de reconnaître le juste droit de l’Italie, l’on ose parler de sanctions. Aujourd’hui (et je refuse de croire, jusqu’à preuve du contraire, que le vrai peuple de France puisse s’associer aux sanctions contre l’Italie) les 6 000 tués de Bligny, morts dans un si héroïque assaut qui arracha l’admiration au commandant ennemi lui-même, aujourd’hui, ces 6 000 morts sursauteraient, sous la terre qui les recouvre. Et, jusqu’à preuve du contraire, je me refuse à croire que le peuple de Grande-Bretagne, le vrai, veuille verser son sang et pousser l’Europe dans la voie de la catastrophe, pour défendre un pays africain, universellement reconnu comme barbare et indigne de figurer parmi les peuples civilisés.
Cependant, nous ne pouvons feindre d’ignorer les éventualités de demain. À des sanctions économiques, nous répondrons avec notre discipline, avec notre sobriété, avec notre esprit de sacrifice. A des mesures d’ordre militaire, nous répondrons par des mesures d’ordre militaire. À des actes de guerre, nous répondrons par des actes de guerre.
Que personne n’entretienne l’illusion de nous plier, sans avoir auparavant durement combattu. Un peuple jaloux de son honneur ne peut avoir et n’aura jamais d’autre attitude.
Mais que cela soit dit encore une fois de la manière la plus catégorique (comme un engagement sacré que je prends, en ce moment, devant tous les Italiens qui m’écoutent), nous ferons tout notre possible pour éviter qu’un conflit colonial devienne un conflit européen. Cela peut plaire aux esprits troubles, qui pensent, à travers une nouvelle catastrophe, trouver vengeance pour leurs temples écroulés. Mais nous ne sommes pas de ceux-là. Jamais, comme à cette époque historique, le peuple italien n’a autant montré toute la force de son esprit et la puissance de son caractère. Et c’est contre ce peuple, auquel l’humanité doit les plus importantes de ses conquêtes, et c’est contre ce peuple de héros, de saints, de poètes, d’artistes, de navigateurs, de colonisateurs, d’émigrants, que l’on ose parler de sanctions.
Italie ! Italie prolétaire et fasciste ! Italie de Vittorio Veneto et de la révolution : debout ! debout !
Fais en sorte que ton cri, fais en sorte que le cri de ta décision ferme et irréductible remplisse le ciel et arrive à nos soldats en Afrique orientale et qu’il soit de réconfort à ceux qui vont combattre et qu’il incite les amis et mette en garde les ennemis. C’est la parole de l’Italie qui va au-delà des monts et des mers, dans le monde entier.
Le cri de l’Italie d’aujourd’hui, c’est un cri de justice et c’est un cri de victoire !
2 octobre 1935
dimanche 21 avril 2024
vendredi 29 décembre 2023
L'ancien président Thabo MBeki d'Afrique du Sud s'exprime sur l'histoire d'Haïti à l'Université West Indies de la Jamaïque, le 30 juin 2003
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« (.) Le voisin le plus proche de la Jamaïque à l'est est Haïti. L'année prochaine, 2004, ce pays des Caraïbes célébrera le bicentenaire de sa naissance en tant que première république noire du monde. Nous, de notre coté, nous célébrerons le 10ème anniversaire de notre libération de la ségrégation.
Nous avons été d'accord avec le gouvernement d'Haïti que, dans la mesure du possible, nous devrions travailler ensemble pour célébrer d'une façon appropriée les deux anniversaires, étant conscient que la victoire des esclaves africains en Haïti en 1804 est directement liée à la victoire de l'Africain opprimé en Afrique du Sud en 1994.
En notre qualité de président en exercice de l'Union Africaine, nous avons également mis la question de la célébration du bicentenaire de la révolution haïtienne dans l'agenda de l'union africaine, dans l'espoir que toute l'Afrique peut s'associer à cette célébration.
Les historiens de l'université West Indies connaissent certainement mieux l'histoire des grandes luttes menées par les esclaves africains d'Haïti pour se libérer de l'esclavage et du colonialisme. À cet égard, je voudrais rendre hommage à l'exceptionnel historien caribéen, CLR. James, pour son ouvre fondamental "les Jacobins noir".
En particulier, les historiens de l'université connaissent bien les liens directs entre les révolutions américaine, française et haïtienne. Mais j'ose dire que nos populations en général, en Afrique ou dans la Diaspora africaine, sont mieux informés sur les révolutions américaine et française que sur la révolution haïtienne.
Et je sais, en fait, que très peu de personnes en Afrique du Sud connaissent l'histoire vivifiante des luttes des esclaves africains d'Haïti, qui ont abouti à la défaite de la puissante France et de son empereur, Napoléon Bonaparte.
Nous sommes fermement convaincus que nous devrions saisir l'occasion du bicentenaire de la révolution haïtienne pour inspirer particulièrement notre jeunesse, afin qu'ils prennent conscience de la capacité des masses africaines en Afrique et la Diaspora à changer leurs conditions sociales.
L'histoire de la révolution haïtienne devrait faire comprendre à tous nos peuples que, quoi qu'il en soit, les Africains, aussi bien en Afrique que dans la Diaspora africaine, sont capables de remporter de grandes victoires.
Elle doit susciter la confiance parmi les masses africaines et modeler leur conduite, de manière à être nos propres libérateurs de la pauvreté, du sous-développement, de la marginalisation et du paradigme qui nous fait passer pour des populations vivant de la charité des autres.
Quand nous disons l'histoire de la révolution haïtienne, nous ne devrions pas nous arrêter à la glorieuse victoire de 1804. Nous devrions également parler de ce qui s'est produit après, de ce qui s'est produit après que la Diaspora africaine a donné aux Africains de partout le grand cadeau de la première république noire d'Haïti.
À cet égard, nous devons reconnaître que, les révolutions américaines et françaises ont réussi à créer les conditions du développement des américains et français, tandis que tel n'a pas été le cas d'Haïti. En effet, ce pays a pris une voie diamétralement opposée à celle du développement.
En tant qu'Africains, en Afrique et dans la Diaspora africaine, nous devons répondre à la question de savoir pourquoi il y a eu cette divergence d'expérience au lendemain des révolutions américaines, françaises et haïtiennes, qui sont liées. En répondant à cette question, nous pourrons également dire pourquoi, à bien des égards, la condition africaine, certainement en Afrique sub-saharienne, a été catastrophique durant de nombreuses années, en dépit de notre existence comme républiques noires, tel le cas d'Haïti pendant deux cents ans.
Puisqu'ils ne pourraient avoir connu rien de mieux, étant donné l'époque durant laquelle ils ont vécu, certains des grands chefs militaires de la révolution haïtienne, tels Henry Christophe et Jean-Jacques Dessalines, se sont attribués des titres de rois et empereurs. C'était compréhensible.
Mais presque à la fin du 20ème siècle, nous voyions encore l'apparition de nouveaux seigneurs féodaux africains, tels que Jean-Bedel Bokassa de la République centrafricaine, qui s'est proclamée empereur et a rebaptisé la République en Empire. Peut-être au lieu de traiter cet épisode comme un sujet dérisoire qu'on se réserve de commenter, nous devrions nous demander si Bokassa, en fait, ne donnait pas une forme plus précise et plus honnête au contenu de sa conception de chef de la République centrafricaine.
Il se peut bien que bon nombre d'entre nous se projettent comme présidents et premiers ministres, avec des prétentions démocratiques qu'ils attachent à ces postes, tandis que, dans la pratique, nous ne sommes rien de plus que des seigneurs féodaux qui règnent à coups de décret sur nos royaumes ou principautés.
Je propose que pendant que nous encourageons les masses africaines en Afrique et la Diaspora africaine, particulièrement la jeunesse, à étudier la révolution d'Haïti après la victoire de 1804, nous leur permettions de mieux comprendre leurs propres conditions nationales. Ceci les aiderait à relever plus efficacement les défis de la Renaissance africaine.
À travers l'histoire d'Haïti se retrouvent beaucoup de sujets qui concernent les défis que nous devons relever. Ceux-ci incluent des problèmes de race, classe, genre, culture et conscience sociale, gouvernance, globalisation et déséquilibres globaux en économie et autres domaines, l'effet de la prépondérance des grandes puissances principales, les possibilités de coopération Sud-Sud et ainsi de suite.
En conséquence, je demanderais à l'université West Indies ainsi que ses partenaires en Haïti, de prendre des mesures afin d'assurer que l'histoire de la révolution haïtienne et de ses conséquences soient communiquées à autant de masses africaines possibles, en Afrique et la Diaspora.
Ceci exigera du matériel imprimé, en format radio, télévision et l'Internet. Cela exigera du matériel qui peut être mis en scène ou présenté sous forme de film ou toute autre présentation dramatique.
Ce que je défends est que nous devrions dresser le tableau du bicentenaire de la révolution haïtienne de telle manière qu'elle capte l'attention des masses de nos populations, les amenant à chercher à comprendre ce que d'autres amis Africains sont parvenus à réaliser en Haïti, il y a deux cents ans.
Je demande que nous nous servions de cette occasion unique du bicentenaire de la révolution haïtienne pour nous adresser à nous-mêmes Africains, partout où nous pouvons être, traitant cette grande victoire obtenue par la Diaspora africaine comme vraiment un acquis de tous les Africains, y compris ceux qui sont en Afrique.
Ce pour lequel je plaide encore plus est que nous, en tant que chefs politiques, ainsi que l'intelligentsia africaine en Afrique et la Diaspora africaine, utilisions l'occasion de ce bicentenaire pour interroger nos propres expériences, suite à la révolution haïtienne, pour comprendre les complexités de cette histoire et, sur la base de notre étude, nous engager à faire face aux défis du futur.
Je plaide en faveur de l'utilisation de ce bicentenaire pour élever le niveau de la conscience des masses africaines au sujet des tâches de la Renaissance africaine, et les mobiliser pour agir en vue du changement pour le progrès de leurs causes. (...) »

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