Le général Simon Bolivar remercie le président Alexandre Pétion pour sa philanthropie envers la cause latino-américaine


Aux Cayes, le 8 février, 1816.

À son Excellence Monsieur le Président d’Haïti.

Monsieur le Président :

Je suis accablé du poids de vos bienfaits. M. Villeret est de retour et Votre Excellence s'est parfaitement occupée de lui. En tout, vous avez montré que vous êtes magnanime et indulgent.

Nos affaires sont presque réglées et, sans doute, dans une quinzaine de jours, nous serons en état de partir. Je n'attends rien d'autre que vos dernières faveurs et, si je le peux, j'irai moi-même vous exprimer toute l'étendue de ma gratitude.

Par M. Inginac, votre digne secrétaire, j'ose encore vous adresser de nouvelles supplications.

Dans ma proclamation aux habitants du Venezuela, et dans les décrets que je vais rendre pour la liberté des esclaves, je ne sais s'il me sera permis d'exprimer les sentiments de mon cœur à l'égard de votre Excellence, et de léguer à la postérité un monument irrécusable de votre philanthropie.

Je ne sais pas, dis-je, si je dois vous désigner comme l'auteur de notre liberté. Je prie Votre Excellence de bien vouloir me faire connaître ses souhaits à cet égard.

Le lieutenant-colonel Valdés vous adresse une requête que je me permets de recommander à votre générosité.

Veuillez accepter, Monsieur le Président, les hommages respectueux de la haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être le très humble et obéissant serviteur de Votre Excellence.


BOLÍVAR.

TRADUCCIÓN

Los Cayos, 8 de febrero de 1816.

A Su Excelencia el Señor Presidente de Haití.

Señor Presidente:

Estoy agobiado bajo el peso de sus beneficios. El señor Villeret ha regresado, atendido de un modo inmejorable por V. E. En todo se muestra V. E. magnánimo e indulgente.

Nuestros asuntos están casi arreglados; y sin duda dentro de unos quince días estaremos en condiciones de partir. No aguardo sino sus últimos favores; y si me es posible, iré yo mismo a expresarle toda la extensión de mi gratitud.

Por el señor Injinac, su digno Secretario, me atrevo aún a hacerle nuevas súplicas a V. E.

En mi proclama a los habitantes de Venezuela y en los decretos que debo expedir para la libertad de los esclavos, no sé si me será permitido expresar los sentimientos de mi corazón hacia V. E., y legar a la posteridad un monumento irrecusable de su filantropía.

No sé, digo, si debería nombrar a V. E. como el autor de nuestra libertad. Yo suplico a V. E. que se sirva manifestarme su voluntad al respecto.

El Teniente Coronel Valdés le dirige una petición que me permito recomendar a la generosidad de V. E.

Sírvase aceptar, Señor Presidente, los respetuosos homenajes de la alta consideración con la cual tengo la honra de ser de V. E., el muy humilde y obediente servidor.


BOLÍVAR.



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