Le président Jean-Pierre Boyer renonce à un an de salaire pour contribuer à payer la rançon de l'indépendance


LIBERTE                                                  EGALITE

REPUBLIQUE D'HAYTI

Au Port-au-Prince, le 5 avril 1826, an 23e de l'Indépendance


JEAN-PIERRE BOYER, 

Président d'Haïti 

A la Chambre des Représentants, 

En faisant faire dernièrement à la Chambre une communication relative aux mesures à adopter pour la libération des engagements contractés au nom de la République, à l'occasion de la reconnaissance de l'Indépendance d'Hayti, j'annonçai l'intention que j'avais déjà conçue de contribuer personnellement à la liquidation de cette dette. Une telle disposition est si naturelle de ma part, d'après les principes que j'ai constamment professés, que vous vous y êtes attendus sans doute, avant que vous en eûtes officiellement connaissance. 

Maintenant, je déclare que pour cet objet je fais don de la valeur d'une année de mes appointements (G. 40.000). J'aurais été heureux d'effectuer de suite ce payement, mais sans que j'aie besoin d'annoncer le motif qui s'y oppose, vous le concevrez certainement. Il se fera donc par cinquième, chaque année, au trésor national, de sorte qu'en 1830 il sera achevé. Cette obligation volontaire est sacrée, je déclare en conséquence que si le terme de ma vie arrivait avant son entier accomplissement, ma succession y satisfera. 

Je dois ajouter ici que des sacrifices pécuniaires sont peu de choses pour le citoyen vraiment patriote et que tout bon haytien doit être toujours prêt à périr s'il le faut, en défendant la liberté et l'indépendance de sa patrie. 

J'ai la faveur de vous saluer avec ma considération la plus distinguée. 

BOYER.

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