COMPLAINTES D'ESCLAVE

I

Pourquoi donc suis-je nègre ? Oh ! pourquoi suis-je noir ? 

Lorsque Dieu m'eut jeté dans le sein de ma mère,

Pourquoi la mort jalouse et si prompte au devoir

N'accourut-elle pas l'enlever de la terre ?

Je n'aurais pas connu tous ces tourments affreux ; 

Mon cœur n'aurait pas butant de fiel, goutte à goutte. 

Au fond de mon néant, oh ! je serais, sans doute, 

Moins plaintif, plus heureux. 

Mais Dieu m'a condamné, le sort doit me poursuivre ; 

De mon sang, de mes pleurs, il faut que tout s'enivre !...

II

Pourquoi donc suis-je nègre ? Oh ! pourquoi suis-je noir ? 

Lorsque Dieu m'eut jeté dans le sein de